I. Affirmationc, ablationc, cmincntia. D. Th. i p. q. i
l. LES EKHECUS 1 29
Dieu, lorsque ràmc, s'élolgnant des créatures, et puis se laissant elle-même, s'unit à ces rayons très éclalanls.
Cette connaissance n'est autre chose que l'expérience : quand, parmi les ardeurs de la volonté, on {^^oùlc combien le Seigneur est doux; Dieu imprimant lui-même au cœur et à i'espril cette suavilé. qui est un avanl-goùl de la i'élicité éternelle. Alors, l'àme connaîl plus que les plus grands Docteurs ne pourraient connaître par les seules lumières de la nature. Car, pour connaître les objets proportionnés à notre entendement, il suffit d'appliquer les lumières de l'esprit ; mais pour les ^ érités qui sont au-dessus de la raison, il est impossible de les connaître autrement que par l'union que nous avons avec elles. En voici la raison. Les vérités naturelles, nous les attirons au dedans de nous-mêmes, et ainsi nous les abaissons, et elles perdent leur grandeur en entrant dans notre esprit. Mais le propre de la xolonté étant de sortir hors d'ellemême pour s'unir à son objet, lorsque l'àme s'unit à Dieu par amour, elle sort hors d'ellemême, elle entre dans la divinité, et là elle apprend les choses d'une manière divine et audessus de la portée de son esprit ; et sortis ainsi hors de nous-mêmes pour être unis à Dieu, nous
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lOO DE LA VERITABLE ORAISOA
sommes, en quelque sorte, déifiés, selon le langage de saint Denys : plus heureux d'être à Dieu par cette union intime, que d'être à nous-mêmes " . Quand le Sauveur du inonde enseignait à ses disciples les secrets de son Père, c'est, leur disaitil, parce que vous êtes mes amis : la communication des secrets étant l'elTet et la marque d'une véritable amitié.
Ce n'est donc pas tant de la connaissance qu'on a besoin que de l'amour, pour apprendre les choses divines. Après tous les raisonnements et toutes les spéculations, la plus importante partie de l'oraison sont les ardeurs de la volonté ; c'est là que tout se doit rapporter, et sans les afiections de la volonté, tout le reste est inutile. C'est pourquoi toutes les dispositions que nous avons indiquées, l'éloignement des choses de la terre, la solitude, le recueillement habituel, la contemplation même, et le repos de l'entendement qui se réduit au simple regard dune vérité : toutes ces choses ensemble, pour être utiles à la perfection, ne se doivent rapporter qu'à l'amour, se terminer et se consommer par l'amour.
Saint Denys dit, que la paix se trouve en