I. T.ES ERREURS J.'i'y
connaissance tic leur grandeur accompagnée tic louange ', » c'est inie vérilr ceiiainc. Tl élail donc nécessaire (|uc Dieu fil voir à découvert à l'honiuie et à l'ange toutes ses tlivines perfections, et qu'il se fît connaîlre. non pas soulonienl par les ouvrages tle ses mains, cette connaissance ne pouvant être que très obscure ; mais aussi immédiatement en lui-même, et tpi'il manifestât cet océan de grantleurs ; et que celte manifestation fût accompagnée des louanges de l'ange et de l'homme, qui, dans la vue tle cette majesté infinie, lui rendront dos hommages et lui chanteront des cantiques pendani toute l'éternité.
Voilà des principes cpi'on ne peut révoquer en doute et f|ui condamnent évidemment celle indilîérence criminelle, puisqu'elle s'oppose directement au premier dessein de Dieu, en nous mettant tlans l'impuissance de donner à Dieu la gloire qu'il veut recevoir de nous. Dieu cherche sa gloire, mais il ne la cherche que dans la manifestation de ses perfections et dans les louanges qu'il reçoit des créatures capables de les admirer.
(Test donc une erreur d'avancer t|ue parce qu'on doit chercher imiquement la gloire de Dieu, il faut se rendre indillérenl pour la béati-
T. D. Tli. T.'.>. ([. iT., art. o.
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tncle qui consiste en la vue de Dieu et de toutes ses perfections. Voici comme nous sommes obligés de raisonner. Nous devons chercher uniquement la gloire de Dieu. Or, cette gloire ne se peut trouver que dans la connaissance de ses perfections et dans les louanges qui accompagnent cette connaissance. Donc le désir que nous devons concevoir de donner à Dieu toute la gloire dont nous sommes capables, nous oblige nécessairement de désirer de le voir et de le posséder, et en le voyant de l'aimer, et en l'aimant de le louer.
On s'est faussement imaginé qu'en désirant la béatitude qui est dans le ciel, on ne cherchait qae son propre intérêt. Il est bien vrai, si l'on n'aimait Dieu que par rapport à soi-même, ce serait un très grand dérèglement : ce serait vouloir mettre Dieu au rang des choses créées, que nous aimons, ou pour le plaisir que nous en tirons, ou pour notre seule utilité. Mais bien différent est l'ordre que garde le véritable amour. Il nous porte à désirer la béatitude, non pas comme la fm dans laquelle nous reposons, mais comme la fm par laquelle nous reposons en Dieu. C'esl le raisonnement de saint Thomas. Ce n'est pas dans la béatitude que l'homme repose, comme en sa dernière fm, mais Dieu seul est la dernière
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[fin (Ml liUjiu'llo riiommo roposc '. La braliliah^ est la lin de Ions les movens que nous prenons |)our [aller à Dieu, pour nous unir à lui cl pour mc-
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possession. Mais si nous comparons la béaliluile avec la gloire de Dieu, c'est la gloire de Dieu qui est la dernière fin, et la béatitude n'est que le moyen ordonne pour y parvenir, (iar lorsque l'àme désire de voir Dieu, de le posséder lui-même, de l'aimer en le possédant, elle ne s'arrête pas en ce qui la louclie, mais portant sa vue plus loin, elle considère qu'en voyant Dieu, et en le possédant, elle l'aimera, elle le louera pendant toute l'éternité ; et que dans cet amour, dans cette adoration, dans ces louanges. Dieu trouvera toute la gloire pour laquelle il l'a créée et qu'il lui commande de lui donner.
I. liealiludo est Unis, quo anima in Deo quicscit, non in qua quiescit : quia non in ipsa, sed per ipsam in Dco quiescimus. Opusc. lxi, cap. m.