‹ Traité de la véritable oraison (volume 2)Chapitre 98 sur 164 · D. Th. i.-î, q. 3, art. ull · texte numérisé non relu

D. Th. i.-î, q. 3, art. ull

clination d'intérêt : elle est toute pour Dieu, et elle s'oppose de sa nature à toutes les inclinations particulières, qui se portent à un bien particulier, aux plaisirs, aux richesses, et à tout ce qui peut ètie contraire à l'obéissance que nous devons à Dieu.

Toute la nature nous apprend que les parties aiment plus le tout qu'elles ne s'aiment ellesmêmes. Ainsi la main s'expose à recevoir le coup qui menace la tête. Et parce que la raison imite la nature, nous voyons quelque chose de semblable dans les vertus politiques et civiles : un citoyen expose sa vie pour le salut de la République. Or, Dieu est vm bien universel ; toutes les créatures, l'ange et l'homme ne sont que comme de petites portions de ce bien, n'ayant l'être que par la participation de cet être souverain, qui a en soi toute la plénitude de l'être. 11 faut donc que l'ange et l'homme par cet amour naturel, aiment Dieu plus qu'ils ne s'aiment euxmêmes. Il n'est donc pas vrai que l'amour qui nous porte à Dieu comme à notre dernière fm soit un amour d'intérêt qu'on doive rejeter. Si l'homme par cet amour et par cette inclination s'aimait plus lui-même qu'il n'aime Dieu, cette inclination serait mauvaise, et la nature et la grâce seraient opposées ensemble, quoiqu'elles

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