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tient et intraitable, et elle cause beaucoup de tentations et de chutes. C'est pourquoi l'Ecriture sainte dit que la tristesse en a fait mourir plusieurs ' . Au milieu de votre mortificalion, conservez donc une sainte joie ; car elle fait honneur à Dieu, elle édifie le prochain, elle fait estimer la vertu, elle donne des forces et du courage, et elle est une marque qu'on sert Dieu d'aflection et de bonne grâce.
A Dieu ne plaise pourtant, mon cher frère, que je prétende pour cela vous inspirer une joie vaine et frivole, qui fait qu'on se répand inconsidérément à s'entretenir inutilement avec toutes sortes de personnes, à éclater de rire, à dire de bons mots, et à faire des railleries et des bouffonneries. Cette joie est opposée à la véritable mortification et modestie ; et elle est une marque d'une grande dissipation d'esprit. Je vous parle d'une joie sage et modeste, qui vient du cœur, et fjui rend témoignage au dehors et sur le' visage de la paix et de la tranquillité qui règne au dedans. L'expérience fait voir que lorsqu'on mortifie en quelque chose sa propre volonté, ses passions et ses sens, on goule une grande joie et une grande paix intérieure ; et lorsqu'on veut se