I. Vie, cil. XVII
LES ÉTATS D*OnAISON Sog
sil)lc (|iii r('m[)lil de délices loiilns Ips puissances (le l'ànie cl du corps. Dieu l'accorde soinentaii.v comiiieiKjants pour les cncoura^'-er à la nidrlificalion. aux soulTranccs, à la prarK{iie des \ertus, cl au nu'[)ris des choses du monde. (]clle onction u plusieurs espèces.
1" La jubilation spirituelle. — C'est une très grande joie et une très grande douceur spirituelle cl intérieure, que l'àme ne peut ni cacher ni exprimer.
2° L'ivresse spirituelle. — Elle consiste dans une joie et une douceur si sensible, qu'elle se fait connaître au dehors par des gestes, des cris et des paroles, l'àme ne sachant dans ce transjiort d'amour, ni que dire, ni que demander à Dieu, ni que faire, ni que vouloir.
o" L'écoulement spirituel et la liquéfaction de l'àme. — C'est lorsque l'amour est si ardent, qu'il cause une grande tendresse à l'àme, qui semble s'épancher, s'écouler, et se perdre en Dieu pour s'y unir parfaitement.
Blessure ou plaie d'amour. — C'est une peine très délicieuse que l'àme ressent de n'être point encore enlièremcnl luiic à Dieu.
Réveil de l'àme et éclair spirituel. — C'est une lumière passagère ou illustration divine, qui réveille l'àme tout d'un coup, la lait rentrer en
soi-même, la met en la présence de Dievi ; lui l'ait connaître quelque mérité di\ine, et excite quelque sainte atlcction, ou pendant l'oraison, ou hors de l'oraison, ou en faisant la lecture, ou en regardant quelqu'image ou quelqu'autre chose, et souvent même dans le temps qu'on y pense le moins. Mais quoique cette lumière laisse plusieurs elTots dans l'Ame, elle disparaît pourtant tout aussitôt comme un éclair.
Vision et révclalion. — La vision est lorsque Dieu fait voir ou connaître clairement quelque chose. La révélation est lorsque Dieu fait comprendre ce que signifie la chose qu'on voit clairement. 11 y a des visions intellectuelles ; c'est lorsque Dieu par une lumière surnalurelle, et par des espèces infuses, ou par des espèces acquises, mais arrangées surnaturellemcnt, fait connaître à l'esprit clairement quelque chose ou divine ou spirituelle ou corporelle. Il y a aussi des visions imaginatives ou représentai ivcs ; elles sont formées dans l'imagination, par le moyen des espèces acquises et arrangées surnaturellement , ou infuses de nouveau. Et enfin il y a des visions corporelles ; comme lorsque Dieu permet que les yeux du corps voient quelquefois des anges, des saints, Jésus-Christ, etc. ; soit que cela se fasse par le moyen d'un air condensé, ou parle moyen
(le t|iii-l(|iir espèce |tni(ltiile >oiileilieiil dans les \eti.\.
L'apixtriliDn esl. loixindii ne ciinnail |ias tlislincleincul el clairenienl la cliose on la |)Cmsoiine qui apparaît .
Locution et voir inlcricurcs cl crlcricurcs. — C'ost lorsque Dieu manifeslo quoique secret à l'àine, cl lui lait enleiuire qu(>lqucs ()arolcs, et (|uclqucssons mélodieux. 11 ya des /oc«//o/kv et des roij- intellectuelles, qiù se fout dans ros|)ril et dans l'intérieur de làuic ; il v eu a d'iniatjinulices. ([ui se font dans liuiagiuation ; et il y eu a de corporelles, (jui frappent les oreilles cxtéiieures du corps.
Lorsfpie Moïse étant sur la uiontaj^no de Sina ' connut clairement et distinctement le plan (.lu rabernacle que Dieu lui présentait, ce fut une vision ; et lorsqu'il coiuiut f[ue ce Tabernacle signifiait l'Humanité sacrée de Jésus- Christ, ce fut une révélation; mais lorsqu'une roi.r qui lui tlit : (( Regarde et exécute fidèlement le jtlan (pii ta été montré », ce fut ime locution. Il y a dans la sainte Ecriture et dans l'Histoire ecclésiastique, im trJ's grand nombre de semblables exemples.