I. LU). XII in Gencs
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3" On ne doit pas croire cpie son oraison el sa contemplation auront été parfaites, lorsqu'on aura éprouvé, ou qu'on se sera imaginé avoir éprouvé toutes les impressions surnaturelles que je viens d'expliquer. Car les commençants ressentent souvent quelque chose de semlîlable, et qui a du rapport à ce que ressentent les plus parfaits : comme ime oraison de quiétude, tie simple présence, de silence, de suspension, etc. jNlais il y a presque autant de différence entre ce que goûtent les commençants et les parfaits, qu'il y en a entre un homme vivant et son portrait. Les uns et les autres doivent pourtant se tenir dans une grande humilité et une grande défiance d'eux-mêmes ; de jDeur d'abuser de ces grâces, en s'y complaisant , en les désirant et en les recherchant avec trop d'empressement.
L'on connaît la véritable oraison soit ordinaire, soit extraordinaire, lorsqu'on en sort avec le désir d'être plus humble, plus doux et plus parfait ; de se mortifier dans ses passions, de se corriger de ses imperfections, de faire pénitence, d'imiter Notre-Seigneur Jésus-Christ, de garder le silence, de pratiquer les vertus, d'exercer les œuvres de miséricorde, de chercher en tout à aimer Dieu et à lui plaire, etc. Mais si on sort de l'oraison sans aAoIr ce désir ; qu'on soit tou-
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jours si |i(Mi (lis|)os('- à la |)('Miil»'ricc, ati iiic|tiis Ac soi-iiUMiic. à la liiilc du monde, à la sulilude, à la |)iali([ii(' de la vcrlu cl à l'imitation do Jésns- (ihrisl, surloul de ses liumiliations cl do ses soiilTrances ; et qu'on se senlc aussi altaclié à ses inijierfections et à mill(> |)otiles bagatelles, et aussi iiKiiiirl. inipalicnt et cliagiin à soi-même et aux aulnes, etc. : c'est une marque qu'on n'a pas une» véritahle oraison passi\c.
Plusieurs personnes, qui sont semblables à des statues inanimées et n'osent pas s'exciter à de saintes asjiiralions, se Iromponl donc lorsqu'elles croient avoir demeuré en oraison passive plusieurs heures, et se trouvent à la (in aussi lâches, aussi froides et aussi imparfaites r|u'auparavant. Elles auraient bien mieux fait de s'exciter à de saints désirs et à de saintes afTections, Elles ont passé ordinairement tout ce temps dans une véritable oisiveté, et au lieu de se tenir en la présence de Dieu, elle s'occupent seulement de ce C|ue leur représente leur imagination '. Car durant l'oraison passive le Saint-Esprit n'éclaire pas seulement l'entendement ; mais il embrase aussi le cœur de l'amour de Dieu, et il imprime
I. L'auteur, en tout ceci, vise directement Terreur du quiétismc, condamnée quelques années auparavant.
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loiijours de grands sentiments pour la perfection. Je ne parle pas ici du temps des sécheresses et des épreuves, où tout se passe autrement.
5" La perfection chrétienne ne consiste pas dans les grâces extraordinaires ; mais dans la charité parfaite qui en est le lien, comme dit saint Paul \
Il n'est point possible dans ce monde d'arriver au comble de la perfection é-sangéliquejquoi qu'en disent quelques faux spirituels et prétendus parfaits ; parce que la charité, quelque parfaite qu'elle soit sur cette terre, peut toujours augmenter jusqu'à temps qu'elle soit consommée par la gloire dans le Paradis.
La charité qu'on appelle parfaite dans ce monde, par rapport à celle qui est moins parfaite, a trois effets : i" Elle fait éviter tous les péchés, jusqu'aux véniels les plus légers de leur espèce, comme les paroles oiseuses et les pensées inutiles, autant que la fragilité humaine peut le permettre, i" Elle fait pratiquer toutes les vertus jusque clans leurs degrés les plus héroïques. 3" Elle unit l'âme à Dieu, la tenant toujours attentive à penser à lui, à l'aimer, à lui plaire, et à