‹ Traité de la véritable oraisonChapitre 13 sur 129 · I. D. Tli. de veritate, cf. 12, art · texte numérisé non relu

I. D. Tli. de veritate, cf. 12, art

m. — i,.v l'uviKu 10 :ii

|)ioii niènic ; ils- oui de Dion une si grande [);uticipalion. que c'est Dieu qui agit et qui vil en eux, j)lus qu'ils ne vivent et qu'ils n'agissent eux-mêmes '. Alors les choses divines font sur l'homme une si vive inqiression, f|u'il semhle être transformé en elles. C'est de ces hommes divins que l'Apôtre dit : « Celui qui s'unit au Seigneur, devient \\n même esprit avec lui ; » cl encore: «L'homme spirituel juge de tout. » 11 en juge par l'expérience de ce qu'il sent et éprouve en lui-même. Kn observant sa ]iropre disposition, il règle sans erreur tout ce qu'il connaît, tout ce qu'il fait et tout ce qu'il souffre. A des àmcs arrivées à cet état, il est facile d'avoir de grands sentiments de Dieu, et de concevoir un amour très ardent ; c'est pourquoi elles n'ont pas besoin de beaucoup de préparation, puisque déjà elles sont transformées en la grâce. Tout ce qu'il y a de plus héroïque clans les vertus chrétiennes leur est familier ; et elles entreprennent avec une merveilleuse promptitude, et une extrême facilité tout ce qu'il y a de plus rude à

1. Donornin operationcs iiiensiirantur ex altéra régula, quam sit régula humanœ virlutis, quœ est ipsa diviiiitas ai) hoaiino participata suo modo ; ut jam non hunianitus, sctl quasi Dcus factus participative, opcratur. D. Tli. in 3 l>cnl. dist. 3'i, q. i, art. 3.

•J2 DE LA VEIUTAULK OUAISON

kl nature, les peines, les fatigues et les mortifications, qui feraient horreur aux personnes imparfaites, si elles étaient obligées de les souffrir.

Dans cet état, luie seule parole de Dieu les enflamme, un trait de sainteté qu'ils liront et tout ce qui porte à Dieu, entre aussi avant dans leur esprit, que si c'étaient des premiers principes. >(i la nature, ni la raison n'ont point de part à de pareilles opérations ; ces àrnes sont élevées au-dessus de la raison et de la nature. Elles n'agissent plus, en toutes les occasions, que par le mouvement de leur amour, de môme que toutes les causes agissent selon l'exigence de leur nature \

Elles semblent alors avoir été transportées dans ime région bienheureuse, où elles voient toutes les choses spirituelles en elles-mêmes, par le don d'intelligence qui les éclaire, et qui les persuade des desseins, œuvres et ^olontés de Dieu si inrailllblenient, c|u'il leur parait impossible d'en douter -.

I . L numquodcjue agit secundum cxigculiam sua» forma% qua' est priiicipium agendi et rcgula opcris... ita amans, cujus aflcctus est informatus ipso bono, incliiiatur pcr amorem ad oiieranduin secundum exigentiam amati. D. Tli. in 3. dist. ^7, q. i, arl. i.

•2. L). Tii. in o, Sent. disl. 35, q. '2, arl. 'j.

Page 1