‹ Traité de la véritable oraisonChapitre 14 sur 129 · III. — I. \ l'ii \ 1 1( M i · texte numérisé non relu

III. — I. \ l'ii \ 1 1( M i

Sainte Hiigitlc ayanl vu une fois Jcsus-(jlirlsl, qui sp luonlrail à rllc loiil coiivcrl do |)laios, on resta si loucliôo, (in'ollc ne se souvenait jamais tlo la Passion du Sauveur, sans fondre en larmes, l MO saillie roliyiouso de l'Ordre de Sainl-Doniini(|iioà (idlinar, on Alsace, se sentait le ccrur [»éiu''lr('' d'un si iiiaiid aiiionr. et d'une si\i\o douleur en regardant le crucilix, qu'elle était obligée d'en déidurnor les yeux. l']t un jour le sn[)érieur lui axaiil ordonné de regarder rixenieiit le Christ (|n"il tenait en sa main, elle n'y eut pas jtlns tôt arrêté son regard, que, percée de douleur et tlauiour, elle londja morte aux pieds du supérieur.

Il faut le l'oconnaîli'o copondanl, toutes les âmes n'ont pas les mêmes dispositions ni les mêmes laveurs, et celles-là même, qui sont très avancées dans la perfection, en sont quelquefois privées. Dieu est un Soleil, qui par sa présence porte un grand jour dans les âmes, et qui leur laisse aussi, quand il lui plait, une obscure nuit, et d'épaisses mais salutaires ténèbres, par son absence. Il se montre et il se cache, selon qu'il est plus convenable à ses desseins, parce qu'il est le maître de ses grâces. Parmi ces obscurités, les âmes ressentent d'extrêmes froideurs, et elles ont besoin de toute leur application et de toute

leur industrie })Our allumer un peu de feu dans leur cœur. Il faut louer Dieu de ses abandons et de ses faveurs, consulter ses directeurs ; s'observer soi-même, et suivre Dieu pas à pas, autant qu'il nous donne de connaissance de ses voies ; enfui se préparer à l'oraison, s'exciter, s'enflammer pendant l'oraison, tantôt plus, tantôt moins, selon que l'âme approche plus ou moins de l'état que nous avons décrit.

CilAlMTHK \

TOUTKS LES MITIIOnES DONT ON PEUT USER POUR PRATIQUER l/oR.VISON, SE RAPPORTENT A CELLE {)Vl A ÉTÉ ENSEIGNÉE PAR SAINT TIKOIAS. EXEM- PLE DE l'oHAISOX on SE FAIT PAR LE RAISON- NEMENT.

Je n'ai pas dessein de dresser ici une méthode particulière d'oraison : les livres en sont remplis, et les personnes de piété ne les ignorent pas. Mais comme je me suis proposé dans ce Traité de donner des règles certaines, pour s'éloigner des erreurs qu'on avait voulu mêler dans ce saint exercice, il est nécessaire de montrer d'une manière générale les méthodes dont on peut se servir sans crainte d'être trompé.

Toutes les méthodes d'une oraison ordinaire se réduisent aux trois parties que nous avons remarquées dans saint Thomas.

La première partie est l'étahlissement des principes, acci'plioncm jn'iucipiorum, qui renferme tout ce qui a[)particnt à la préparation. On choi-

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sit le sujet de la méditation. On se représente avec une foi vive que l'on est en la présence de Dieu ; afin de s'exciter à un profond respect, à un grand recueillement, et à une sérieuse attention devant la divine Majesté, qui a la bonté de nous souffrir, et qui nous offre sa grâce et son secours pour la prier efficacement. On lui demande force et lumière pour l'exercice que l'on va faire ; afin que non seulement les vérités que l'on veut considérer entrent dans l'esprit, mais aussi que l'esprit entre dans ces vérités. (( J'entrerai dans la vérité ', » dit lePsalmiste. Les vérités peuvent entrer dans tous les esprits ; elles sont entrées dans l'esprit des philosophes et des hérétiques, et ils les ont retenues captives, couvertes de lén('l:)res^ mêlées avec leurs erreurs. Mais tous les esprits n'enirent pas dans la vérité, pour en recevoir les impressions, en goûter les douceurs, et en tirer toute la force qu'elle peut donner. 11 faut donc demander à Dieu avec saint Augustin, de nous faiie connaître, non pas une Aérité qui brille, et dont la lumière ne sert qu'à nous éblouir et à flatter notre vanité ; mais une vérité qui nous corrige, qui nous redresse, qui nous découvre les replis de notre conscience, oii un

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