‹ Traité de la véritable oraisonChapitre 15 sur 129 · ii)iirc(Jiar in xcrilalL'. 1'^. l\v\\, ii · texte numérisé non relu

ii)iirc(Jiar in xcrilalL'. 1'^. l\v\\, ii

m. — i.v l'HMKjLi; 27

amuur-|)ro[)rc caclii' iioiiiril de très grands délauls, el gàlc tout le l)icn que nous laiî^ons.

La seconde [)arlio de l'oraison est celle que sailli Thomas appelle, dans la force de son e\- [)ression, niédilation cl coiisidéralion, où l'on enq)loie le raisonnement, deduclioucm ce principiis ; lorsqu'on regarde de tous les côtés l'objet (pion médite, et que Ion reclierclic ses eflcts et ses propriétés, qui nous en l'ont l'onnaitre la nature '.

La troisième partie est la conclusion. Adirés avoir sutlisamment raisonné il faut enlin conclure ; et c'est dans celle conclusion que se trouve ce siuq)le regard, qui est la cou tcmjDlalion de la vérité, cvnlcinplalio cerilatis. laquelle se passe dans le repos ; cai- c'est par le repos que se terminent tous les mouvements, qui ne sauraient être perpétuels.

Ce repos de l'entendement, qui contemple doucement et ù loisir son objet tout entier, sur letpiel il a assez médité, est accompagné d'admiration, d'adoration, d'amour, et de toutes les autres ail'ections de la volonté. Surtout c'est à l'amour que doit se rapporter tout l'exercice de la

j. l'er circuiiiposila, quasi j>er qua-dam ostia ad Intima |)L'i\L'uitur. D. Tli. in 3, dist. 35, q. 'j, art. 2.

2 s DE LA VÉRITABLE ORAISON

vie contemplati^e. et c'est par l'amour qu'il doit finir. L'amour étant une fois allumé, il le faut abandonner à lui-même, il est assez ingénieux, assez éclairé, assez éloquent : son ardeur le conduira de reste, le transportera, et lui fera réveiller toutes les autres aflections. Il formera encore toutes les résolutions nécessaires : l'amour n'est jamais oisif, et il opère toujours conformément à l'ardeur dont il est animé : il saura bien connaître tous les moyens dont il a besoin pour se conserver.

Et pour venir à un exemple particulier de cette oraison composée de toutes ses parties, supposons qu'on veut méditer sur l'incomparable bonté que Jésus-Christ nous a témoignée dans le saint Sacrement de l'autel, où il a répandu toutes les richesses de son amour.

Il faut commencer par la préparation : se mettre R\ec respect et avec amour en la présence de Dieu, devant qui les anges tremblent ; lui demander humblement la grâce de connaître la grandeur de ce mystère, et d'en être pénétré ; purifier et diriger son intention, ne demandant et ne souhaitant de lumières qu'autant qu'il est nécessaire pour senflammer d'amour envers ce mystère.

La préparation ainsi faite, il faut passer à la

m. F. \ l'KAlIQl'E 29

(•(>iisi(l(''iali(in du myslrto. Ndiis ivsuincions ce qii (Ml (lit saint Tluuiiiis. on I aiilcui' de ccl ( )|)us cille '.

On |)OuL |)cscr qii(>, clans ccl admirable sacremont, Jésns-Glnisl nous donne tout ce (ju'il a, lont ce qu'il s'est acquis, et tout ce qu'il est luinicnic avec le Pore et le Saint-Esprit dans l'adorahle Trinilc. Il nous donne tout ce qu'il peul y avoir, et tout ce qu'on })cut jamais imaginer de plus grand, et il le donne dans loiilc la pcrfoclion (|n'on peut le donner. Ce trésor comprend : la natuiH^ corporelle, la nalure spirituelle, et la nature divine. C'est tout ce qu'on peut posséder dans le monde.

Il n'y a rien dans la nature corporelle de plus grand que l'homme : c'est l'abrégé de toutes les créatures. Mais parmi fous les hommes, et dans la nalure corporelle, pent-il y avoir rien de si parfait, que l'humanité sacrée de Jésus-Christ ? Elle a été formée, dit un saint docteur, de la ileur de tous les siècles. C'est l'ouvrage du Saint- Esprit : le monde n'a jamais vu. et il ne verra jamais un corps aussi achevé. Quand donc Jésus- Christ dans le Saint-Sacrement, nous donne son corps, il nous donne tout ce qu'il y a, et tout ce

Page 1