III. TA PRATIQUE O
Celle sorlc d'oraison pcul èUc encore lurl ulile, particulièrement quand on a beaucoup de peine à appli<pier son esprit ; l'expérience fait voir qu'il esl plus aisé de le retenir à la vue d'un seul objet, et en la présence de Dieu, tpie de régler ses [)ensées.
La plus grande peine qu'on souIVrc dans l'oraison, vient de la légèreté et de l'inconstance de l'imagination, dont on ne peut jamais être entièrement le maître. Il arrive bien quelquefois que l'àmc s'abandonne si absolument à Dieu, qu'elle en oublie toutes les créatures, et alors l'imagination est arrêtée, et n'empêche pas l'application de l'esprit. Mais cette forte attention ne saurait être de longue durée ; car l'esprit humain ne [)cut demeurer longtemps élevé^ ni se tenir suspendu par une espèce de violence dans la considération de quelque vérité ; |a ftiiblesse de la nature le fait bientôt descendre, et tout d'un coup il se porte à d'autres objets ^ Les saints euxmêmes souifrent des dissipations dans leur orai-
r . Mens humaiia proplcr infinnilatem natuia? diu stare in alto non potpst ; pondère enini infirniifatis luimana? deprimitiir anima ad inferiora, et ideo conlingit quod quando mens orantis ascendit ad Dcum pcr contcmplationeni, subito evagetur ex quadam infirniitate. D. Th. 2.2, q. 83, art. i3.
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son. Ce qui contraignait David de dire, que « son cœur l'avait abandonné ', » puis il ajoute, « qu'il l'avait trouvé, et qu'il l'obligeait de retourner à la prière » comme un serviteur l'ugitif -.
Mais encore qu'il soit impossible sans une grâce particulière, d'être exempt de distractions, on y est beaucoup plus exposé dans une oraison de raisonnement, parce que l'imagination de\ ant fournir à l'cnlcndemenl les idées qui lui sont nécessaires pour connaître les objets, il s'y mêle facilement des idées étrangères, qui arrêtent l'entendement par quelque noTivel objet.
De plus, il est difficile d'avoir raie application assez forte pour continuer longtemps dans l'oraison un raisonnement sans interruption. On n'a jamais un grand attrait pour les sujets de piété : on se fait violence pour les considérer ; et l'application serait-elle assez grande pour poursuivre sans distraction un raisonnement, lorsqu'il est achevé, et que l'entendement en cbercbe quelqu'autré pour s'entretenir, il n'est presque pas possible d'empêcher l'esprit de s'échapper, particulièrement dans les personnes qui n'ont pas