‹ Traité de la véritable oraisonChapitre 23 sur 129 · VII · texte numérisé non relu

VII

m. — i.A ruviiQUE

hcaiiooiip drliulc, ot à qui rcnlcndcment ne peut fournir tant de pensées.

Enlin, on se trouve en rerlains temps dans une si élraufie froideur, l'esprit est si ilissipé. l'inuifiinalion si déréglée, qu'on ne |)eut se recueillir ; alors il est utile de se servir de cette orai>ion, de laisser les raisonnements, et de remctlre son esprit en la présence de Dieu, excitant la volonté conformément à la disposition où l'on se rencontre.

Celte oraison est même très parfaite, ^ous en avons un exemple en Jésus-Christ dans l'oraison f[u'il fit au jardin des Oliviers. Elle fut si ardente qu'il en sua le sang ; et l'Evangile nous apprend, qu'il ne dit que ces paroles : « Mon Père, s'il est possible, faites que ce calice s'éloigne de moi ; mais néanmoins que votre volonté soil faite et non la mienne '. » Quelques heures auparavant il avait fait im long discours à ses disciples, oii il avait répandu tout son cœur, pour leur montrer son amour et ses tendresses ; en se séparant deux il avait fait aussi une longue prière à son Père, iHe forme un chapitre entier de saint Jean ; mais

I. l'alcr mi, si posslbitc est, transcal a mo calix isle ; vonimlanion non sicut ego volo, sod siciit tu. ^lattli. \\\i, 3i).

de l'oraison du Jardin l'Evangile ne dit que ce que nous avons rapporté. Et ce qui est remarquable, c'est qu'ayant quitté son oraison pour reA'eilIer ses disciples et les avertir de prier avec lui, il ne lit que répéter les mêmes paroles. Cette Sagesse éternelle pouvait bien trouver d'autres expressions pour étendre son oraison : mais il nous a voulu faire entendre qu'une oraison pouvait être très parfaite sans une multitude d'actes, de pensées et de paroles.

Quand on ne ferait dans une oraison entière que ce seul acte de conformité à la volonté de Dieu en ce petit nombre de paroles, excitant la volonté à les proférer avec ardeur, il ne faut pas douter qu'une pareille oraison ne fût très utile et très sainte.

Nous gâtons quelquefois notre oraison pour trop raisonner, et pour trop parler. « C'est mon cœur, ô mon Dieu, qui vous parle ', » disait autrefois David ; il vaut mieux gémir, il vaut mieux soupirer.

Nous devons nous regarder alors avec le même Prophète, comme des mendiants à la porte de la divine miséricorde -. La pauvreté qui nous presse

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