D. Th. 1.2, q. 67, art
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86 DE LA VÉUITABLL OliAlSON
tranquilles et soumises à la raison. Ce qui lui laissait toute la liberté d'appliquer son esprit à la première \érité, et sa volouté goûtait sans trouble tout le plaisir qu'on éprouve dans la possession d'une bonté infinie. Aussi plus on a d'innocence, plus on s'établit dans ce bienheureux repos, ce qu'on obtient par une sévère mortification des passions, et par les rigueurs de la pénitence. La grâce seule, dans l'état de la nature corrompue, n'aurait pas assez de force pour faire ce que faisait la grâce d'Adam : il la faut aider en domptant lespassions, et par ce moyen la grâce et la mortification produiront une image de l'homme dans l'état d'innocence.
11 faut donc que la mortification fasse entrer dans une parfaite concorde l'esprit et le corps. Il faut que la chair s'éloignant des plaisirs sensuels, se soumette à l'esprit, et que, délivrée de la loi du péché par la loi de la raison et l'Esprit de vie, elle suive les mouvements de l'àme ; qu'elle ne soit plus une source de vices, mais qu'elle entre dans une sorte d'émulation avec l'esprit pour travailler au progrès de la vertu '. Il faut enfin
1 . Animai caro fiât appcndix, non jam Icna vitioruin socl icmula c]uar;dam el quasi jicdisscqua \irtiilis. Amljros. in Luc. cap. \ii.