‹ Traité de la véritable oraisonChapitre 41 sur 129 · DE LA NECESSITE DE L ORAISON · texte numérisé non relu

DE LA NECESSITE DE L ORAISON

Ce saint exercice de l'oraison mentale est d'une très grande importance, soit jîour éviter

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\o |iéch('\ cl pratiquer losvcrlus; soit pour arlivcr à la plus liaule |)orreclion.

Pour rritcr le prclic. — Kn oITol, (|ni oserait pécher, s'il méditait atlenli\onieiit : (|u"un seul pérlié luorlel est puni |)ar des pciiios ('Icnielles ; (pi'il oll'ense un Dieu inliiiiuiciil hou, et inliniuienl juste. (|ui peut à tout uiomcnt l'aire mourir le |)écheur, et le précipiter dans les llaniiues dévorantes ; qu'il esl si énorme, qu'un Dieu s'est lait homme, est mort, a répandu tout son sangsur la croix: pour l'expier ; et qu'il crucifie de nouveau Jésus-Christ ' ?

Qui oserait commettre volontairement des péchés véniels, s'il considérait avec réllexion : qu'un seul péché véniel fait injure à Dieu, arrête l'avancement de l'homme dans la perfection, empêche l'accroissement des mérites, retarde l'entrée du paradis, dispose au péché mortel, et est puni par les peines terribles du purgatoire, s'il n'est expié en ce monde par les rigueurs de la pénitence ?

C'est pourquoi le prophète Jérémie a dit, que si la terre est entièrement désolée (par la multitude des péchés), c'est parce qu'il n'y a personne qui fasse réflexion sur soi-même -.

r. Ilehr. \ i, fi, a. .Téréni.x ii, 1 1 .

lOO nE L\ VKHITAHLE ORATSOX

Pour pratiquer les vertus. — Si on méditait sérieusement : que de soi-même on n'est que néant, qu'on ne peut que pécher, que pour ses péchés on ne mérite que les enfers ; qu'on ne sait si Dieu nous a pardonné nos péchés ; que Dieu est terrible dans ses jugements, et qu'il jugera jusqu'aux paroles oiseuses \ et les actions qui nous paraissent justes ^ ; que notre salut est incertain, et que nous ne savons d'une manière certaine si nous serons damnés, ou sauvés ^ ; qu'on peut moiu'ir à tout moment ; que les plus grands saints ont tremblé, et ont fait de très rudes pénitences ; que plusieurs qui, par la sainteté de leur vie, paraissaient être des anges, n'ont point persévéré, et sont tombés aux derniers moments de leur vie ; enfin que Dieu, qui s'est fait homme pour nous apprendre le chemin du ciel, est né, a vécu, est mort au milieu des humiliations, des souffrances et de la pauvreté : si, dis-je, on méditait toutes ces choses, on serait aisément excité à l'humilité, à la pauvreté, au mépris et à la défiance de soi-même, à la crainte de Dieu, à la douleur de ses péchés, à la

T. Maitli. XII, 30.

li. Ps. Lxxn , iî.

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