‹ Traité de la véritable oraisonChapitre 48 sur 129 · Dan. \ii · texte numérisé non relu

Dan. \ii

110 DE LA VEP.ITAP.I.E OP, VISON

pendant l'oraison. Les vertus et l'oraison s'entr'aident mutuellement.

3° La pureté de cœur et d'esprit : détachant le cœur des choses de la terre, pour l'attacher à Dieu seul ; et bannissant de l'esprit la multitude des pensées vaines et inutiles, pour l'occuper des vérités éternelles et de la présence de Dieu, qu'il faut regarder en tout.

[\° L'éloignement du monde, le silence, la solitude, le recueillement et la retraite: ne fréquentant le monde que par un devoir indispensable, et autant que le demande une juste nécessité ou une pieuse utilité pour nous ou pour notre prochain.

5" La lecture des bons livres : on y trouve des sujets propres pour s'occuper durant l'oraison, et capables d'éclairer et de remplir l'esprit de saintes pensées, et d'embraser le cœui- par de saintes alTections.

Enfin 6" avoir un confesseur sage, prudent, éclairé et expérimenté, à qui on découvre le fond de sa conscience, son progrès dans la mortification et dans la pratique de la vertu ; et la manière dont on s'entretient dans l'oraison : afin que connaissant l'attrait que Dieu donne, il puisse conduire selon la voie oîi Dieu veut qu'on marche pour anivor à la perfection.

Î.F.S KTATS D On \1S0N III

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CONTEMPLV I ION

Lorsqu'on osl litlMc à |)ialifjii(n' l'oraison nuMilale. on passo quelquefois tl(> la niéditalion à la conlcMuplalion.

De In iitrdilalion. — l^a niôdilation signilie souvent la même chose que l'oraison. Toutefois, à proprenienl parler, la méditation marque la première partie de l'oraison, celle qui se nomme la considération. Car la méditation consiste dans les discours et les raisonnements de l'entendement, qui considère avec réflexion quelque vérité afin de s'en convaincre.

De la conlemplation. — La contemplation est un regard simple, uniforme et amoureux de l'esprit, qui est dc^jà convaincu de la vérité. C'est-à-dire, qu'elle est une vue fixe de l'esprit, sans discours et sans raisonnements ; et qu'elle est accompagnée de saintes alTections de la volonté, surtout d'un parfait amour de Dieu, lorsqu'elle est parfaite.

Dans l'oraison mentale des comnKMiçants, il .se trouve quel(|uefois des moments de contemplation, mais qui sont fort courts, et qu'on a

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peine à apercevoir. Comme lorsqu'en méditanl sm* quelque mystère de la foi, ou sur la Passion de Jésus-Christ, ou sur les dernières fins de l'homme, leurs discours s'arrêlant tout d'ini coup, ils sont saisis d'admii'ation. accompagnée de crainte et de frayeur, pu de joie et de complaisance, ou d'élonnement, d'amour, etc. Cette suspension du discours de l'entendement accompagnée de ces actes, est une véritable contemplation qui les dispose à une plus sublime.

Dans ceux qui sont plus avancés, la contemplation est plus longue, plus uniforme, plus continuelle et moins interrompue.

Ses dijjcrcntes .sortes. — On distingue deux sortes de contemplation. Lune est acquise ou active et ordinaire, qu'on peut acquérir par son travail, avec la giàce de Dieu, et qui est le terme et la fin de la méditation. L'autre est infuse ou passive et extraordinaire. Dieu la donne à qui bon lui semble ; mais particulièrement à ceux qui sont bien mortifiés, et qui pratiquent véritablement l'oraison mentale ordinaire. On distingue aussi plusieurs degrés de la contemplation, dont les uns sont plus sublimes que les autres.

Les objets de la contemplation sont : l'essence divine, les trois |)ersonnes de la très sainte Tri-

LKS I;T\ I S I) <»li MS()\

nitr. lo>- alliihiils de Dieu, les myslères de la loi ol de la religion, loiilcs le^ choses sensibles; el siirtoul riiiiinaiiilé sacrée de Nolrc-Seigneur Jcsiis C-luisl. (jiii. selon saillie Thérèse '. est la Noic la plus sure pour arri\er bientôt à la [)liis sulilinio conteinplalioii de la Divinité.

Il lie faut pas vouloir s'élever d'abord à la plus haute conlcniplalion et à l'oraison d'union aiVcctive. Ce serait vouloir courir avaid (jue de sa\oir marcher, et vouloir voler avant que d'avoir des ailes ; de là tant de chutes et tant d'illusions dans les faux dévots. De là aussi il arrive cpi'après plusieurs années d'oraison et de contemplation, on sera à la moindre occasion impatient, colère, orgueilleux, curieux, vain, sensuel, iuunorliiié, sensible aux paroles piquantes, attaché à son propre jugement, à sa propre ^olonté, à cent bagatelles, etc. Mais il Tant s'exercer longtemps à la vie [mrgativc et illuminative, avant que de passer à la vie vmili\(\

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