‹ Traité de la véritable oraisonChapitre 50 sur 129 · DE LA MÉDITATION · texte numérisé non relu

DE LA MÉDITATION

Lettre I Comment on doit commencer l'oraison.

^lon très cher frère.

Vous m'avez fait un très sensible plaisir, en mapprenant que Dieu vous avait inspiré le dessein de vous " adonner entièrement à l'oraison mentale. C'est une grande grâce que le Seigneur vous ait donné ce désir, et fait connaître en même temps que vous ne serez jamais intérieur, sans l'exercice de l'oraison.

Ce qui vous embarrasse, dites-vous, c'est d'être si nouveau dans ce saint exercice, que vous ignorez même connuent il faut s'y prendre pour commencer l'oraison ; vous me demandez à ce sujet quelques avis. Je souliaiterais que vous vous fussiez adressé à quelqu'autre plus éclairé que moi. Mais puisque vous me marquez que vous

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s(Mil(V. iiNoir CM iimi ([iiolquc conliimce, je lAclicr.ii (levons aider en (oui ce (jnc jr |»<iiMrai. .I(^ prie le SeifTiieur cl(> m'éclairer.

^ oici donc, mon cher frère, la manière dont \(tiis devez procéder poiii' bien roivinieiuei- voire oraison nienlalc.

Faites d'abord un acte de toi sur la présence de Dien : croyant fermement que Dieu est devant vous, et en vous. OnVez ensuite à Dieu votre oraison par son Fils Notre-Seigneur Jésus- (Ihrist. Invoquez le secours du Saint-Esprit, afin ([u'il éclaire votre esprit, et qu'il endîrase votre (fiMir durant cet exercice. Faites un acte de contrition : pour détester en vous tout ce qui déplaît à Dieu, et tout ce qui peut être un obstacle avons imir à lui dans l'oraison. Ajoutez un acte d'humilité : reconnaissant que vous n'êtes rien que néant et péché, et indigne de vous occuper de sa divine Alajesté.

Vprès avoir fait tous ces actes (autant c[ue |)ossil)le à genoux), considérez durant quelque leuq)s le sujet que vous avez préparé pour votre oraison ; entretenez-vous sur ce sujet autant que vous pourrez, et en même temps excitez en votre cœur de saintes affections. Occupez-vous ainsi, durant votre oraison, que vous devez faire |Kir méditation ; c'est-à-dire, par raisonnement.

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réflexion, discours, et considérations de l'esprit.

Voilà, mon très cher frère, la manière dont vous devez vous préparer à l'oraison, et vous v entretenir pendant tout le temps que vous y avez destiné. Finissez-la toujours en demandant à Dieu, par Jésus-Christ, notre Médiateur, quelque grâce, et surtout celle de vous corriger de quelc|ues-uns de vos défauts en particulier. Demandez ensuite pardon à Dieu de toutes les fautes que vous avez commises durant votre oraison. Et enfin, tenez-vous intérieurement ])lus recueilli dans toutes vos autres occupations de la journée.

Ecrivez-moi avec heaucoup de candeur et de simplicité ce qui se sera passé durant le premier mois que vous vous serez occupé à cet exercice ; et je vous donnerai quelques petits avis, j)our >ous soutenir dans les difficultés, et dans les écueils qui s'y rencontrent.

Mais, le jn-emier conseil que je puisse vous donner par avance, pour vous apprendre à bien commencer de faire oraison, et pour ) réaliser de grands progrès, c'est de bien praticpier la mortification ; car l'oraison et la mortification vont de pair. A proportion qu'on s'adonne à la mortification. Dieu élève à l'oraison; et à mesure qu'on néglige de se mortifier, on cesse d'être une personne d'oraison. (l'est pnniquoi je

i.r.s i;i\is I) ou vis()\ 121

vous conscillt*. l'i nioii clicr lii'cc cl je noms cdnjiiro par les oiilrailles Ac Jésus (ilirisl, de bien mortilicr volto coi])s, aulanl ([ue la discirlion ou rol)t'issance aous le permettra ; et siirlout de nuutilier entièrement vos passions, lous vos sens, tant intérieurs (|u"e\lérieurs, et toutes les puissances de \otrc Ame. Demandez chaque jour à Dieu, le don d'oraison et de niortilicalion. Je prie le Seigneur de vous accorder l'un et l'autre. Je suis...

La manière de faire oraison par la méditation de l'esprit, et par les affections du cœur.

Mon très cher frèie,

\e craignez poiiil de m'écrire toutes les fois que vous aurez ((uelque chose à me communiquer touchant votre intérieur. Je vous avais bien marqué, dans ma réponse à votre lettre, de m'écrire dans un mois, pour me dire comment vous auriez l'ait votre oraison: mais je n'ai pas prclcMidu par là vous empêcher de le l'aire plus

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