‹ Traité de la véritable oraisonChapitre 59 sur 129 · I.KS KTVTS POIWISON l'iÇ · texte numérisé non relu

I.KS KTVTS POIWISON l'iÇ

savani, saj^o cl piiidciil. (lar, selon l'iù-riliuc sainte. Dieu veut que les lioinmcs soient conduits par les liommcs; qu'ils ne se fient ])as trop à leurs pro[)res lumières; qu'ils interrogent les autres, cl qu'ils sui\cnt leurs conseils '. A plus forte raison, les scrupuleux doivent se conduire de cette sorte dans leurs peines : eux, semblables à des aveugles qui ne pcu\enl pas juger des couleurs, ou à des malades incapables de juger du goût des Aiandes. S'ils voulaient suivre leur propre jugement, ils s'exposeraient à tomber dans de grands accidents, soit pour le corps, soit pour l'esprit, comme le fait \oir l'expérience.

Au contraire, ceux qui s'en rapportent au jugement des autres, guérissent peu à peu de leurs scrupules, et recouvrent le calme de leur conscience ; comme il arri\a à celui qui, sur la parole de saint Bernard, alla dire la messe, non»)bstant toutes ses peines. En vain, un scrupuleux dirail-il que s'il avait un supérieur tel que saint Bernard, il lui obéirait volontiers ; mais qu'il n'ose se confier au peu de sagesse du sien. Outre que c'est l'effet d'un grand orgueil, de

I. Prov. \u, 2 ; Eccli. \i, 35 ; viii, 9 ; Tob. iv, 19 ; Jol). VIII, 8 ; Dcut. xwii, 'j.

juger de la sagesse de son supérieur, il faut obéir à son supérieur, non pas parce qu'il est saint et sa\ant, mais parce qu'il tient la place de Dieu, dès lors qu'il est légitime supérieur, et que celui qui l'écoute, écoute Dieu lui-même *.

Je dis encore quelque chose de plus pour votre consolation. Quand même il arriverait que le supérieur ou le confesseur se tromperaient en donnant conseil à un scrupuleux, celui-ci ne pécherait point en suivant leur conseil ; soit à cause de la bonne foi avec laquelle il agirait ; soit à cause de son obéissance, que Dieu a pour agréable ; soit parce qu'il agirait prudemment. Car il est de la prudence de suivre les sentiments des supérieurs, des confesseurs, et des gens de bien, lorsqu'ils donnent conseil touchant les matières dont ils sont instruits ; à moins que leur conseil ne fût évidemment contraire au commandement de Dieu.

Du reste, \otre docilité à l'égard de votre confesseur, en ce qui regarde vos scrupules, doit être si grande, que s'il vous vient des pensées contre son conseil, et contre sa décision, vous les rejetiez immédiatement sans les examiner, comme étant de nouveaux scrupules, ou des

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