III. — I. \ l'UATIOriK II
Qui'llt> conliaiirr jiiissi ne tluil pas concevoir une ànic qui sait (|U(' Dieu est son Père!' Que il(»il-elle craindre, soit des hommes, soit de renier. |)ui^(|ue celui qui la chérit avec la ten- (lri>>^i' (Tuii prie, est loiil-jHiissaiil jxuir la ])r(''server et pour la secourir? au contraire, l'amour ([ui en Dieu él,^alc sa puissance, n'oblige-t-il pas sa créature à tout espérer ?
Voilà comment une àmc fidèle peut solidement raisonner sur les })rincipcs de la religion, ([ui ne sont pas même ignorés des enfants. Et que sera-ce si nous parcourons toute la vie de .lésus-Clirist, qu'on doit appeler le Livre des iidèles. et le tableau sensible de toutes les vertus les plus parfaites u 0 Galates insensés ! disait l'Apolre, qui vous a ensorcelés pour ne pas obéir à la vérité, vous, qui avez vu depuis peu de temps Jésus-Christ dépeint devant vos yeux, et crucifié pour vous ' ? )) C'est sur la croix qu'il vous représente toutes ses divines vertus que vous devez copier en vous-mêmes.
Ce n'est donc pas d'une grande étude qu'on a besoin pour soutenir une bonne méditation ; il ne faut que former quelques réflexions sur nos mystères, que Ion a appris depuis l'enfance. Et
i. Gai. III, I.
12 BE LA YKRITAP.LE ORATSON
c'est Kl un grand sujet de consolation pour les personnes à qui Dieu n'a pas accordé une vaste étendue d'esprit, ou à qui leur sexe et leur condition n'ont pas permis d'apprendre les sciences. Pour faire une excellente oraison, la foi leur suffît il ne leur manque que de s'enflammer de beaucoup d'amour, à la vue de ces saints et terribles mystères.
CIIAPITUE III
lUOISIlOME AVIS : QUV)N >E l'EL'T PAS ÉGALEMENT APl'LIQUEU l'eNTENDEMEM- ET LA VOLONTÉ.
C'est encore un avis ju-cessaire qui tloil êlic supposé, qu'il n'est j)as possible d"ap[)li(piera\ec nue égale force les deux facultés laisoniialiles, et que l'on donne d'autant moins à la ^olonlé, ([uc l'on donne [)lus à l'entendeuient. C'est |)ourquoi après avoir un peu raisonne sur le sujet de son oraison, il fout arrêter l'activité de l'esprit, et laisser à la volonté la liberté de produire des actes, de pousser ses mouvements et d'enllammer sa ferveur. Ce n'est pas que pendant l'action de la volonté, l'entendement ne conserve toujours quelcpie connaissance, continuant de montrer à la Nolonté l'objet qu'elle doit aimer. Mais il suffit que cette connaissance soit simple et sans nul effort, afin que dans cette modération n'étant pas capable d'affaiblir et d'épuiser les forces de l'àmc, elle n'empêche point par conséquent l'exercice de la volonté. Il ne s'agit pas ici de celte espèce
l4 DE LA VERITAlîLE OIUISO^
de connaissances, ni de ces raisonnemenls, qui sont par eux-mêmes tellement liés avec les affections de la volonté, qu'il paraît impossible de les séparer, comme ceux dont nous avons traité au chapitre précédent. Il est question seulement d'éviter ces grandes contentions d'esprit avec lesquelles on fait quelquefois la méditation, et qui la convertissent en une étude.
Plus l'entendement fait d'effort à raisonner sur un objet ou sur une vérité, plus la volonté devient faible à produire ses actes, et elle demciu'e dans la langueur et dans l'abattement. Car toutes les puissances ont leur racine dans la substance de l'âme, et quand toutes les forces de l'àme sont extrêmement appliquées aux opérations d'une puissance, elles ne peuvent suffire aux opérations dune autre ' .
C'est par ce même principe que saint Thomas prouve généralement que toutes les passions empêchent les opérations de l'esprit. Nous sentons nous-mêmes par expérience, que quand nous sommes agités de quelque mouvement violent, de colère, de crainte ou de tristesse, nous avons beaucoup de peine à détourner notre imagination pour appliquer l'esprit ; parce que lorsqu'une