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\c paradis, sur la miséricordo do Dieu cl siii- SCS bionlails, sur .)csus-(^lirist incinc ol sur ses l)crro('ti(His. ]'j)lin vous dilcs que durant vos oraisons vous clcs sou vont dans de ijrandes sécheresses el dans de grands dégoùls, cl lians un(^ espèce d ennui.
Ne soyez point surpris de tout cela, mon clier frère. La vie intérieure n'est pas toujours égale ; il s'y rencontre des jours et des chemins hicn dilTérents. Quelquefois il fait beau et serein, et d autres fois il fait mauvais, à cause des orages qui s'y élè\ent. Quelquefois les chemins sont unis, et d'autres fois ils sont fort scabreux ; tantôt il faut monter, et tantôt il faut descendre. Je m'explique. Dans l'oraison on expérimente quelquefois des distractions et des tentations ; et d'autres fois on y goûte des douceurs et des consolations sensibles. Tantôt on est dans de grandes sécheresses et dans de grands délaissements intérieurs ; et tantôt on se trouve dans une grande union avec Dieu, qui cause une grande joie intérieure.
Ces sortes de sécheresses peuvent venir ou de Dieu, qui veut humilier une àme, en la laissant en quelque manière à elle-même, et en lui faisant connaître ses misères ; ou du démon, qui se plait à faire soulVrir les personnes de piété, pour
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les détourner de la véritable dévotion ; ou enfin de nous-mêmes : soit qu'il y ait de notre faute, à cause de nos immortifications, négligences, et sensualités volontaires ; st)it que cela arrive sans que nous y ayons donné occasion, la nature étant d'elle-même languissante, accablée et fort pesante en de certains jours.
Mais de quelque côté que vous viennent ces grandes sécheresses durant vos oraisons, et hors de l'oraison, ne vous troublez point. La stiqîidilé où vous vous trouvez, sans pouvoir ni raisonner, ni considérer aucun sujet, ni goûter Dieu, ni avoir de bonnes pensées et de bons mou\ements, n'est pas un mal. Vous pouvez même changer tout cela en un bien, et en faire un sujet d'une très bonne oraison.
iNe quittez donc point pour tout cela votre oraison mentale, afin de ne vaquer qu'à la prière vocale. Je vous conseille pour lors, apjès avoir détesté toutes les occasions que aous pourriez avoir données à cet état de sécheresses et de délaissements intérieurs, de aous humilier et de vous anéantir en la présence de Dieu, vous regardant comme indigne de penser à lui, et de lui paider ; et de vous abandonner à Dieu, acceptant en esprit de sacrifice, et de conformité à sa sainte volonté, toutes les peines que vous causent ces
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LTiMiulos st'cliorcssos, cl ces tl(''l;iiss('iii('iils iiilô rieurs.
(Vost ainsi (|iio faisail l)a\i(l. (le llui Pio- |iliôl(\ (|U(' Dif'ii avait élevé à la contemplation la plus suMimc, se trouvant dans un état de séciiciosse, sV'crie : (( 0 mon Dieu ! je suis devenu semblable à une bète de somme, lorsque j'ai M»ulu m'entretenir avec nous; mais toute nion occupation j)our lors est de rester aijisi en votre présence, humilié et anéanti, et abandonné à votre sainte volonté '.»
Lorsque Jésus-Christ fut saisi d'une Iristesse mortelle durant son oraison, il se conlenta de rester en la présence de son Père, et de s'abandonner à son adorable volonté, lui disant de temps en temps ; « O mon père, que votre volonté soit faite, et non la mienne - I »
Imitez ces grands exemples, quand vous serez dans quelque état approchant.
Ne croyez pas. mon cher frère, que le temps de votre oraison soit perdu, lorsque vous serez resté ainsi les heures entières en la présence de Dieu, sans pouvoir lui parler, et sans ressentir de tendres affections dans le cœur. On peut faire