‹ Traité de la véritable oraisonChapitre 70 sur 129 · Canl. 1, iii · texte numérisé non relu

Canl. 1, iii

i-Liii[) à l)i(Mi ; daulios Ibis co sera nu élan- (Oiuent du lœiir \ers Dieu, ([ui occupera subitcuienl l'ej^pril et la volonté. (^)uelquerois un rej^ard jelé sur le cruci(ix,ou sur quelque dévoie image, ou \crs le ciel, est capable de recueillir pour longtemps ; et d'autres ibis une simple pensée des personnes divines, de Jésus-Christ, de quelcpiiuie lie ses perfeclions, de ses pra'oles, ou de ([uchpiautre chose, produira une grande paix intérieure. Tantôt une sentence^ ou une parole diui psaume, ou d'un autre livre de l'Ecriture sainte, occupera intérieurement pendant longlem[)s ; et tantôt une sainte conversation, ou un mol d'édification, mettra l'âme dans une grande union avec Dieu.

Il y a cent autres manières dont Dieu se sert pour s'unir les âmes qui s'adonnent à l'exercice de l'oraison. Aime/ bien Dieu, mon cher frère, et \ous serez souvent et très tacilcment uni à lui de cœur et desprit.

Otte union est quelquefois fort sensiblç ; et durant ce saint recueillement on goûte une grande [)aix et une grande quiétude : toutes les puissances de l'àme, et toutes les passions étant calmes et en silence. D'autres fois cette union est moins sensible ; la seule volonté est unie à Dieu, mais l'esprit, la mémoire et l'imagination

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s'égarant. et tournant deçà et delà, empêchent qu'on ne goûte entièrement cette union : semblables à certains petits papillons, qui tournant souvent autour de la chandelle, détournent ceux qui Aoudraient lire avec une entière application. Enfin cette union se fait quelquefois d'une manière si spirituelle, qu'on ne la sent point du tout ; et on craint que ce ne soit ou illusion, ou oisiveté.

Car quelquefois on n'a qu'une vue simple et générale de Dieu, qui est présent partout, ou qui est Celui qui est * ; ou de quelqu'autre objet en général, sans pouvoir dire en particulier à quoi l'on pense, et sans pouvoir considérer en détail aucunes perfections de Dieu, ou de Jésus-Christ, ou de quelqu'autre objet particulier. Et en même temps on se sent attiré à rester ainsi en silence et avec respect en la présence de Dieu, sans savoir pourquoi on reste là, et sans avoir aucun appui sensible, sur lequel on puisse se reposer intérieurement.

Mon cher frère, quand vous vous trouverez dans quelques-uns de ces recueillements, ne vous troublez point ; mais demeurez ainsi durant tout le temps de votre oraison, occupé de ce qui vous

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