‹ Traité de la véritable oraisonChapitre 71 sur 129 · I . E\oil · texte numérisé non relu

I . E\oil

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cause l'c rcciicillcniciil, (juc ce soil (ni('l(|ii(' rliose (lo particiiruM', ou (|uol(|ue cIjoso en f^vucral. l^rc- 110/. garde pourlaiil à deux clinscs, pour connaître si cesl illusion.

Nous connailfe/. que ce rccueilleinenl vient de Dieu, si à la lin de votre oraison nous vous Iroir- \ey. |)lus luunhic, plus doux, plus patient, plus fervent, plus 'cliaritahie, |)lus soumis à la volonté de Dieu, plus porl(''à soullVirvos inlirmités, plus coiupalissaut aux ai'lliciions de votre procliain, plus mortilié, etc. Pour avoir cette disposition, il n'est pas absolument nécessaire de la sentir alors : il sulllt que cela se connaisse dans l'occasion, comme lorsqu'on vous dira quelque parole [)iquante, ou qu'il vous arrivera quelque accident imprévu.

Une autre marque pour connaître si ce recueillement vient de Dieu, ou du démon transformé en ange de paix. C'est de considérer si vous pratiquez sévèrement la mortification, non seulement extérieure, mais l'intérieure. Car la véritable oraison est inséparable de la mortification. Et quoique Dieu permette que ceux qui commencent à faire oraison, et qui sont encore imniortifiés, aient quelquefois de certains petits recueillements intériems ; ces recueillements ne sont pas d'une grande durée, si on ne s'applique

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à se mortifier en tgut. Une petite sensualité, une parole indiscrète, un regard par curiosité, une légère complaisance en soi-même, un secret mépris du prochain, un petit mouvement d'impatience quon n'aura pas réprimé aussitôt, une négligence volontaire à taire ce qui est de son devoir, ou à rejeter de certaines pensées : toutes ces choses, dis-je, sont capables de former un nuage, et de mettre un voile entre l'àme et Dieu ; et d'empêcher par ce moyen cette grande union et ce recueillement intérieur durant l'oraison.

Pour ce qui est de l'oisiveté, vous ne devez pas la craindre durant cette oraison d'union ; pourvu que vous soyez bien humble, et que vous vous mortifiiez continuellement en tout, particulièrement en vos passions et en vos sens. Les puissances ne sont jamais mieux occupées que lorsque Dieu les occupe lui-même en silence. Dans ce recueillement, elles opèrent toujours, mais d'une manière si simple, qu'on a beaucoup de peine à le connaître.

Je vous conseille pourtant, mon cher frère, de jeter de temps en temps quelques vues simples et amoureuses sur Dieu présent en vousmême ; et de faire quelques aspirations intérieures, mais courtes : alin de soutenir voire esprit, et d"empêclier que Aotre cœur ne demeure sec. Par

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exemple, dites iiUérieurcmcnt de temps en temps t|iu'lques-iines de ces comtes alleclions, et ensuite restez quekpie temps en silence, à proportion du recueillement oii vous vous trouvère/. :

0 amour! o mon Dieu! je vous aimerai, Sei^Micur, qui êtes mu force. Vous êtes. Seigneur, mon partajifc : j'ai résolu de .garder votre loi. Seigneur mon Dieu, c'est en vous que j'ai espéré. Purilic/-moi, mon Dieu, de mes fautes cachées, et préserve/ votre serviteur des fautes étrangères. Mon cœur est préj)aré. mon Dieu 1 mon cœur est préparé : je chanterai et je ferai retentir votre grandeur. Conserve/.-moi , Seigneur, parce que j'ai espéré en vous. Sau\e/moi, mon Dieu, parce que les eaux sont entrées dans mon àme. Que tous les peuples, ô Dieu, publient vos louanges. Conduisez-moi dans le sentier de vos commandements. Considérez les humiliations oii je suis, et daignez m'en retirer. 0 mon Jésus ! que je souhaite que mes voies soient réglées, afin de garder la justice de vos ordonnances. Créez en moi, ô mon Dieu ! un cœur pur : ne me rejetez pas de votre face, etc. O mon Jésus ! donnc/.-moi votre humilité, votre patience, 'sotre charité.

Durant votre oraison de recueillement , poussez ainsi du fond du cœur quelques douces

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aspirations, et quelques paroles intérieures, mais courtes, et rarement, de peur de troubler la vue simple et amoureuse de la contemplation. Je

suis...

Lettre XII

Ce qu'il faut faire lorsqu'on ressent dans l'oraison des peines intérieures.

Mon très cher irère.

Consolez-vous en Notre-Seigneur ; il n'y a (|ue lui seul qui puisse vous soulager dans l'état de peines intérieures oii vous êtes Ayez pourtant bon courage, il n'y a rien de perdu ; au contraire, c'est à présent que Dieu prend soin de Aous comme dun de ses véritables serviteurs. Jusqu'ici, il vous avait regardé comme im enfant, en vous donnant souvent le lait des consolations sensibles : il se proportionnait en cela à voire faiblesse, qui avait besoin de cet appui grossier. Mais à présent, il vous nourrit du pain des forts, en vous donnant des croix et des afflictions.

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