‹ Traité de la véritable oraisonChapitre 84 sur 129 · I. D. Th. '2.:>. i.[. i8(), a. i · texte numérisé non relu

I. D. Th. '2.:>. i.[. i8(), a. i

LES ÉTAIS l> OKAISON

cuporavoc conlenlion cruii inriiic objol, non pas nuMue dans l'oraison : il ris(iiierail de s'cinnscidans pou ilo temps, et de s'en rendre incapable pour toujours. C'est pourcpioi il a besoin de queUpie diversité pour le soulager. Mais parnu louies les diversités, une des plus propres pour se disposer à l'oraison, c'est l'étude nnodérce. Dînant l'étude, l'esprit puise des lumières pour occuper le cœur dans l'oraison ; et durant l'oraison, le cœur se remplit de saintes affections, pour soutenir l'esprit pendant l'étude, (-'est cette heureuse alternative de l'oraison à l'étude, et de l'élude à l'oraison, que saint Jérôme conseillait ; qui a formé de grands saints, savants et grands conlemplalil's en mémo temps, comme saint Augustin, saint Thomas, saint Bonaventure, saint Alberl-le-Grand, saint Antoine de Padoue, et tant d'autres.

Remarque/, montrés cher frère, que je parle de l'étude qui est réglée par une grande pureté ilintention.

Ainsi pour bien l'animer, ayant soin dès le commencement de l'offrir à Dieu par ?s'otre-Seigneur Jésus-Christ : pour faire sa sainte volonté ; pour contribuer à sa gloire autant qu'il dépentlra de vous ; [)our faire pénitence de vos péchés ; et pour vous rendre capable d'instruire

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votre prochain, et de lui faire connaître et aimer Dieu.

Ensuite, tandis que vous étudiez, lorsque l'horloge sonne, et de temps en temps, suspendez pour quelques moments votre application, pour renouveler cette pureté d'intention ; ou pour dire à Dieu, au fond du cœur, que c'est pour lui que vous étudiez ; ou pour élever votre cœur et votre esprit vers Dieu, par de courtes aspirations, et par de saintes et amoureuses aiîections ; ou pour jeter quelques tendres regards sur votre crucifix, que vous de>ez avoir toujours près de vos livres, ou sur quelqu'autre dévote image, surtout de votre Mère, la sainte Vierge.

Enfin, lorsque vous finissez d'étudier, en quittant vos livres, quittez aussi votre étude, vous occupant d'ahord de la présence de Dieu, ou de quelqu'autre sainte pensée ; de peur de traîner l'élude jusqu'à la prière.

Lnc étude qui se rapporte ainsi à Dieu, qui se commence, qui se continue, et qui se termine en Dieu, dispose à une oraison presque continuelle.

^lais l'étude qui est mal réglée distrait de l'oraison. Comme, lorsqu'on étudie par curiosité, par amour-propre, par Nanilé, par hahitude,

par intcrèl ; lorsque sous prétexte d'étudier on ((iiiltc l'oraison, les exercices de pieté, et les actions qni sont de son devoir et de son état, sans une dispense légitime ; et lorsqu'on néglige do rapporter son étutle à Dieu ; ou qu'on s'y a[)[»liqucaYec trop d'empressement, roulant continuellement nuit et jour dans sa tête des questions abstraites et insipides, sans avoir soin d'élever de temps en temps son esprit vers Dieu. Car l'esprit qui est ainsi à la gène et à la torture, dessèche le c(L'ur, le rend froid, insensible et incapable de s'amollir durant l'oraison. C'est pourquoi saint Thomas avait toujours avec lui quelque livre de dévolion, surtout les Conférences de Cassien, qu'il avait soin de lire de temps en temps, pour entretenir dans son cœur de saintes afi'ections, tandis que son esprit s'occupait aux matières les plus épineuses, et se remplissait des lumières de la science la plus sublime.

Etudiez, donc, mon cher frère, avec autant d'assiduité que si vous deviez toujours vivre ; mais vivez avec autant de piété, et faites vos oraisons avec autant de ferveur que si vous deviez mourir à tout moment. Que votre occupation journalière soit un cercle continuel d'oraison et d'étude, autant qu'il dépendra de vous.

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Une |)iclé éclairée et soutenue par la science, est noble, généreuse, capable d'entreprendre de grandes choses pour la gloire de Dieu et pour le bien du prochain ; et elle a assez de fermeté pour se soutenir contre les oppositions du monde corrompu et du démon. Au contraire, une piété aveugle est incapable de l'un et de l'autre. Elle est basse, limide , rampante ; cl si elle vent qiiclfpicrois se hasarder, elle tombe bientôt en de lourdes laules. et en de grandes illusions. Ce qui a fait dire à saint Jérôme, qu'une sainte rusticité (cest-à-dire une sainteté sans science) n'est bonne que pour soi même : Sancta rmlicltos suhim sihi prodcsl '. Saint Bernard ajoute que la vertu seule est peu de chose ; que la science seule enfle ; mais (jue la vertu jointe à la science est une chose parfaite : Lucere, vanain ; ardcrc, parimi : lucere el arrière, jierfectwn -. Sainte Térèse se plaint souvent d'être tombée en Ire les mains des ignorants et des demisavants ; mais elle avoue que les véritables savants ne l'ont jamais trompée. 0 mon Dieu, qui êtes le Maître des sciences ", donnez-nous

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