‹ Traité de la véritable oraisonChapitre 89 sur 129 · I . Act. W U, li · texte numérisé non relu

I . Act. W U, li

•2 0[\ DE LA YKIUTAIILE OUAISOA

même, et vous unir à lui par de ferventes aspirations.

C'est pourquoi, d'autres fois aous devez vous servir de votre volonté, en faisant souvent des élévations de cœur a ers Dieu, et en aous répandant en plusieurs saintes et courtes aflections. La lecture de l'Ecriture sainte, et surtout des psaumes de David, vous fournira plusieurs passages pour vous entretenir aisément dans ces sortes d'affection.

Votre imagination peut aussi quelquefois contribuer à Aous remettre en la présence de Dieu, Vous vous le représentez comme un Océan immense, dans lequel Aousêtes plongé et abîmé, qui \ous environne de tout côté et vous pénètre entièrement. Ou bien vous vous considérez vousmême comme un temple oii Dieu habite, et où il veut être adoré comme dans un sanctuaire qu'il a sanctifié ; comme un royaume où il veut régner; comme une ville qu'il a eut gouverner ; comme une maison, une vigne, un jardin, etc., qu'il s'est réservé pour y prendre ses délices. L'Ecriture se sert souvent de toutes ces figures.

Par le secours de votre imagination, vous pouvez aussi vous représenter l'Humanité sacrée de Notre-Seigneur Jésus-Christ, unie à sa Divinité, comme si ellexous était présente; qu'elle

I,I-,S MAIS l> (MtAlSoS

Aoiis accomjiagnàt partout dans quelques-uns de CCS niyslcres, et qu'elle vous sanrliliàt par son exemple, eu tout ce que vous faites, De grands saints se sont servis de celte manière très utilement. Vous de\ ez pourtant prendre garde, lorsque \ous \ous ser\irezde votre imagination pour \ous entretenir en la présence de Dieu, de ne point faire de grands efforts pour vous représenter quelque chose de sensible ; parce qu'une trop grande contention de tète pourrait altérer votre santé, et diminuer votre dévotion.

Enfin vous pourrez aussi vous ser\ir de vos sens extérieurs pour vous rappeler la présence de Dieu, comme, en regardant de temps en temps le crucifix, ou quelque dévote image qui v^ous fasse ressouvenir de Dieu ; ou en vous accoutumant à vous élever à Dieu en tout ce que vous \oyez, entendez et goûtez : louant Dieu, le bénissant, l'adorant et le remerciant de tout ce qui NOUS paraît beau et agréable ; et lui demandant pardon intérieurement de tout ce qui peut lui déplaire en ce qui frappe vos sens.

C'est encore une manière très excellente pour se mettre en la présence de Dieu, de lui offrir toutes les actions que vous faites, quelques petites (|u"elles soient. (( Soit que aous mangiez, dit « saintPaul. soit que A0usbu\iez, etquelqu'autrc

(( chose que a ous fassiez, faites tout dans la a ue de <( la gloire de Dieu ^. » Ainsi accoutumez-^ ous à commencer toutes vos actions : pour contribuer à la gloire et à l'honneur de Dieu, pour faire son bon plaisir, pour accomplir sa Aolonté, et pour satisfaire à sa justice. Continuez-les et finissezles a\ec la même disposition ; ou du moins renou^elez de temps en temps cette droiture d'intention, et faites sou\ent des élévations de cœur et d'esprit.

Le saint Abbé Isaac conseillait aux anciens solitaires de répéter souvent ce verset d'un psaume : (( ^lon Dieu,Aenez à mon aide ; Sei- « gneur, hàtez-Nousdc me secourir ^ » Et iltrou- \ ait que cette courte aspiration était très propre pour se rappeler la présence de Dieu, et pour l'inAoquer dans ses besoins. Ayez plusieurs autres versets tout préparés, et qui soient conformes aux dispositions de \otre cœur, pour \ous unir tout d'un coiqj à Dieu : suit pour lui demander son amour, ou lui témoigner le votre ; soit pour l'adorer, et Aous abandonner a\ec confiance à sa volonté ; soit pour lui demander pardon de vos péchés, ou le remercier de ses bienfaits ; soit pour

Page 1