‹ Traité de la vie éléganteChapitre 12 sur 15 · BALZAC · texte numérisé non relu

BALZAC

Tout en nous participe du mouvement, mais il ne doit prédominer nulle part.

En effet, la nature a construit l'appareil de notre mobilité d'une façon si ingénieuse et si simple, qu'il en résulte, comme en toute ses créations, une admirable harmonie ; et, si vous la dérangez par une habitude quelconque, il y a laideur et ridicule, parce que nous ne nous moquons jamais que des laideurs dont l'homme est coupable : nous sommes impitoyables pour des gestes faux, comme nous le sommes pour l'ignorance ou pour la sottise.

Ainsi, de ceux qui passèrent devant moi et m'apprirent les premiers principes de cet art jusqu'à présent dédaigné, le premier de tous fut un gros monsieur.

Ici, je ferai observer qu'un écrivain éminemment spirituel a favorisé plusieurs erreurs, en les soutenant par son suffrage. Brillât-Savarin a dit qu'il était possible à un homme gros de contenir son ventre au majestueux. Non. Si la majesté ne va pas sans une certaine amplitude de chair, il est impossible de prétendre à une démarche dès que le ventre a rompu l'équilibre entre les parties du corps. La démarche cesse à l'obésité. Un obèse est nécessairement forcé de s 'abandon-

ner au faux mouvement introduit dans son économie par son ventre qui la domine.

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