LES
fre bd id OS ss jt fes
plaisance en vous, lorsque vous viviez sur la terre dans la pratique des plus sublimes vertus, que je désire encore vous trouver sur la terre, sans que vous cessiez d’être dans le Ciel, Reproduisez-vous pour cet effet dans mes élus : que je voie en eux avec complaisance les racines de votre foi invincible, de votre humilité profonde, de votre mortification universelle, de votre oraison sublime, de votre charité ardente, de votre espérance ferme et detoutes vos vertus. Vous êtes toujours mon épouse aussi fidèle, aussi pure et aussi féconde que jamais : que votre foi me donne des fidèles ; que votre pureté me donne des vierges, que votre fécondité me donne des élus et des temples.
Quand Marie a jeté ses racines dans une âme, elle y produit des merveilles de grâce qu’elle seule peut produire, parce qu'elle est seule la Vierge féconde qui n'a jamais eu ni n'aura jamais sa semblable en pureté et en fécondité.
Marie a produit, avec le Saint-Esprit, la plus grande chose qui ait été et sera jamais, qui est un Dieu-Homme, et elle produira conséquemment les plus grandes choses qui seront dans les derniers temps. La formation et l'éducation des grands Saints, qui seront sur Ja fin du monde, lui sont réservées : car iln’y a que cette Vierge excellente et miraculeuse qui puisse produire, en union du Saint-Esprit, les choses grandes et extraordinaires.
+2 Le
Quand le Saint-Esprit son Époux l’a trouvée dans une âme, il y vole, il y entre pleinement, il se communique à cette âme abondamment, et autant qu'elle donne place à son Epouse ; et une des grandes raisons pour lesquelles le Saint-Esprit ne fait pas maintenant des mervoiles éclatantes dans nos âmes, c’est qu'il n'y trouve pas une assez grande union avec sa fidèle et indissoluble Épouse. Je dis indissoluble Epouse, car depuis que cet Amour substantiel du Père et du Fils a épousé Marie pour produire Jésus-Christ, le Chef des élus, et Jésus- Christ dans les élus, il ne l’a jamais répudiée, parce qu’elle a toujours été féconde et fidèle.
On doit conclure évidemment de ce que je viens de dire : 1° que Marie a reçu de Dieu une grande domination dans les âmes des élus : car elle ne peut pas faire en eux sa résidence, comme Dieu le Père le lui a ordonné ; les former en Jésus-Christ et Jésus-Christ en eux :
jeter dans leur cœur les racines de ses vertus, et être la compagne indissoluble du Saint-Espr it pour tous ses ouvrages de grâce ; elle ne peut pas, dis-je, faire toutes ces Choses, qu'elle n'ait droit et domination dans leurs âmes par une grâce singulière du Très-Hant, qui, lui ayant donné puissance sur 80n Fils unique et naturel, lui a donné aussi pouvoir sur ses enfants adoptifs non seulement quant au corps, ce qui serait peu de chose, mais aussi quant à l’âme.
TASESATES NES
Marie est la Reine du ciel et de la terre par grâce, comme Jésus en est le roi par nature et par conquête : or, comme le royaume de J'ésus- Christ consiste principalement dans le cœur et l’intérieur de l’homme, selon cette parole : Le royaume de Dieu est au dedans de vous (1), de même le royaume de Ja très sainte Vierge est principalement dans l'intérieur de l’homme, c’est-à dire dans son âme, et c’est principalement dans les âmes qu'elle est plus glorifiée avec son fils que dans toutes les créatures visibles, et nous pouvons l'appeler avec les Saints, Reine des cœurs.
2° Il faut conclure que la très sainte Vierge étant nécessaire à Dieu, d’une nécessité qu'on appelle hypothétique, en conséquence de sa volonté, elle est bien plus nécessaire aux hommes pour arriver à leur dernière fin. Il ne faut donc pas confondre la dévotion à la très sainte Vierge avec les dévotions aux autres Saints, comme si elle n'était pas plus nécessaire, et comme si elle n’était que de surérogation.
Le docte et pieux Suarez, de la Compagnie de Jésus, le savant et dévot Juste-Lipse, docteur de Louvain, et plusieurs autres, ont prouvé invinciblement, en conséquence des sentiments des Pères, entre autres de saint Augustin, de saint Éphrem, diacre d’Edesse, de saint Cyrille de Jérusalem, de saint Germain de Constanti-
(1) Luc, xvii, 21.
24 Di LA VRAIË DÉVOTION
nople, de saint Jean de Dam: + saint Anselme, de saint Bernard, saint Bernardin, saint Thomas et saint Bonaventure, que la dévotion à la très sainte Vierge est nécessaire au salut ; que c'est une marque infaillible de réprobation, comme l'ont reconnu Æcolampade ct quelques autres hérétiques, de n'avoir pas de l'estime et de l’amour pour la sainte Vierge ; et qu’au contraire c'est une marque infaillible de prédestination de lui être entièrement et véritablement dévoué ou dévot.
Les figures et les paroles de l’Ancien et du Nouveau Testament le prouvent, les sentiments et les exemples des Saints le confirment, la raison et l'expérience l’apprennent ot le démontrent ; les démons même et leurs
süppôts, pressés par la force de la vérité, ont été souvent obligés de l’avouer malgré eux.
De tous les passages des saints Pères et des Docteurs, dont j'ai fait un ample recueil, pour prouver cette vérité, je n'en rapporte qu’un, afin de n'être pas trop long: Tibi devotum esse, est arma quædam salutis quæ Deus dat his quos vult salvos fieri… : “ Vousêtre dévot, * Ô sainte Vierge, dit saint Jean Damascène, ‘est une arme de salut que Dieu donne à ‘ ceux qu'il veut sauver.” Et je pourrais citer ici plusieurs qui prouvent la même chose :
entre autres celle qui est rapportée dans les chroniques de saint Dominique, lorsque quinze
er
[Ce fran net
+R Om a A 12
mille démons, possédant l'âme d'un malheureux hérétique, près de Carcassonne, où ce Saint préchait le Rosaire, furent obligés, à leur confusion, par le commandement que leur en fit la sainte Vierge, d'avouer plusieurs grandes ! consolantes vérités touchant l'amour enver la Reine du Ciel, avec tant de force et E de clarté, qu'on ne peut lire cette histoire authentique et le panégyrique que le diable fit malgré lui de cette dévotion, sans verser des larmes de joie, pour peu qu'on soit dévot à la très sainte Vierge.
Si la dévotion à Marie est nécessaire à tous les hommes pour faire simplement leur salut,
. olle l’est encore beaucoup plus à ceux qui sont
appelés à une perfection particulière ; et je ne crois pas qu'une personne puisse acquérir une union intime avec Notre-Seigneur et une parfaite fidélité au Saint-Esprit, sans une très grande union avec la très sainte Vierge et une grande dépendance de son secours.
C’est Marie seule qui a trouvé grâce devant Dieu, sans aide d'aucune autre pure créature. Ce n'est que par elle que tous ceux qui ont trouvé grâce devant Dieu l'ont trouvée, et ce n’est que par elle que tous ceux qui viendront ciaprès le trouveront. Elle était pleine de grâce quand elle fut saluée par l’archange Gabriel, et elle fut surabondamment remplie de grâce par le Saint-Esprit quand illa couvrit
de son ombre ineffable, et elle a tellement augmenté de jour en jour et de moment en moment cette plénitude double, qu'elle est arrivée à un point de grâce immense et inconcevable : en sorte que le Très-Haut l’a faite l'unique trésorière de ses trésors et l’unique dispensatrice de ses grâces, pour anoblir, élever et enrichir qui elle veut, pour faire entrer LA elle veut dans la voie étroite du Ciel, pour faire passer, malgré tout, qui elle veut par la porte étroite de la vie, et pour donner fe trône, le sceptre et la couronne de Roi à qui elle veut. Jésus
est partout et toujours le fruit et le Fils de Marie ; et Marie est partout l'arbre véritable qui porte le fruit de vie, et la vraie mère qui le produit.
C'est à Marie seule que Dieu a donné les clefs des celliers du divin amour, et le pouvoir d'entrer dans les voies les plus sublimes et les plus secrètes de la perfection, et d'y faire entrer les autres. C'est Marie seule qui donne l'entrée dans le paradis terrestre aux misérables enfants d’Eve l'infidèle >pours s’y promener agréablement avec Dieu, s’y cacher s sûrement contre ses ennemis : pour s’y nourrir délicieusement, sans plus craindre la mort, du fruit des arbres de vie et de science du bien et du mal, et pour y boire à longs traits leseaux célestesde cette belle fontaine qui y rejaiilitavec abondance ; ou plutôt elle est elle-même ce
Dr Les, os
u£en | un en rico chir veut sser', roite pire Jésus ls de table e qui
sûreurrir +, du ien et eaux tavec
e ce
ÈS 5e sac SOS SE SN =
À LA SAINTE VIKRGE. 27
paradis terrestre, ou cette terre vierge et
bénie, dont Adain et Ève les pé icheurs ont été
chassés : elle ne donne entrée chez elle qu'à ceux et celles qu'il lui plaît pour les faire saints,
Tous les riches du peuple, pour me servir de l'expression du Saint-Esprit, selon l'explication de saint Bernard, tous les riches du peuple supplieront votre visage de siècle en siècle, et particulièrement à la fin du monde, < est-à-dire que les plus grands Saints, les âmes les plus riches en grâces et en vertus, seront les plus assidus à prier la très sainte Vierge, à l'avoir toujours présente, comme leur par fait modèle, pour limiter, et leur aide puissante pour les secourir.
J'ai dit que cela arriverait particulièrement à la fin du monde, et bientôt, parce que le Très-Haut avec sa sainte Mère doivent se former de grands Saints qui surpasseront autant en sainteté la plupart des autres Saints, que les cèdres du [iban surpassent les petits arbrisseaux, comme il à été révélé à une sainte âme, dont la vie a été écrite par un grand serviteur de Dieu.
Ces grandes âmes, pleines de grâce et de zèle, seront choisies pour s'opposer aux ennemis de Dieu, qui frémiront de tous côtés, et elles seront singulièrement dévotes à la très sainte Vierge, éclairées par sa lumière, nour-
28 Di LA VRAIE DÉVOTION
ries de son lait, conduites par son esprit, soutenues par son bras et gardées sous sa protection, en sorte qu'eiles combattront d'une main et édifieront de l'autre. D’une main, elles combattront, renverseront, écraseront les hérétiques avec les hérésies, les schismatiques avec leurs schismes, les idolâtres avec leurs idolâtries, et les pécheurs avec leurs impiétés ; et, de l’autre main, elles édifieront le temple du vrai Salomon et la mystique cité de Dieu, c'est-à-dire la très sainte Vierge, appelée par les saints Pères le temple de Salomon et la cité de Dieu. Ils porteront tout le monde, par leurs paroles et leurs exemples, à sa véritable dévotion, ce qui leur attirera beaucoup d’ennemis, mais aussi beaucoup de victoires et de gloire pour Dieu seul. C'est ce que Dieu a révélé à saint Vincent Ferrier, grand apôtre de son siècle, comme il l’a suffisamment marqué dans un de ses ouvrages.
Le Saint-Esprit semble avoir prédit luimême cette vérité dans le Psaume 1 virr', dont voici les paroles : Æt scient quia Deus dominabitur Jacob et finium terræ ; convertentur ad vesperam, et famem patientur ut canes, et circuibunt civitatem.. ‘‘ Le Seignour règnera ‘dans Jacob et dans toute la terre ; ils se ‘“ convertiront sur le soir, et ils souffriront la ‘‘ faim comme des chiens dévorants, et ils ‘iront autour de la ville pour trouver de quoi
PR
A LA SAINTE VIKRGE 29
it, ‘ manger.” Cette ville que les hommes trou-
veront à A fin du monde pour se convertir, et
ne pour rassasier la faim qu'ils auront de la in, justice, est la très sainte Vierge, qui est appelée ont par le Saint-Esprit ville et cité de Dieu. mA- (! farie à lo «:
“6e est par Marie que le salut du monde a TS commencé, et c'est par Marie qu'il doit être son consommé. Marie n'a presque point paru cité dans le premier avènement de Jésus-Christ, rge, afin que les hommes, encore peu instruits et alo- éclairés sur la personne de son Fils, ne s'éloiit le gnassent pas de lui, en s attachant trop forte- Los, à ment et trop grossièrement d elle, ce qui appat paremment serait arrivé si elle avait été —. à connue, à Cause des charmes admirables que il | le Très-Haut avait mis même en son extérieur. rrier, . Ceci est si vrai que saint Denys ] Aréopagite cuf- nous a laissé par écrit que, quand il la vit, il l'aurait prise pour une divinité, à cause de ses ee. , charmes secrets et de sa beauté incomparable, t lui- + si la foi, dans laquelle il était bien confirmé, dont + ne lui avait appris le contraire. Mais, dans le mina- * second avènement de Jésus-Christ, Marie doit ur ad « Ôtre connue et révélée par le Saint-Esprit, xt CiT- ï . de faire par elle connaître, aimer et servir pera À Jésus-Christ. Les raisons qui ont porté le ils 8e # Saint- ïsprit à cacher son Épouse pendant sa ont la | vie, et a ne la révéler que bien peu depuis la et ils | prédication de l'É vangile, ne subsistent plus. e quoi Dieu veut donc révéler et découvrir Marie,
le chef-d'œuvre de ses mains, dans ces derniers temps : 10 Parce qu'elle s’est cachée dans ce }
monde et s’est mise plus bas que la poussière : par sa profonde humilité, ayant obtenu de 4 Dieu, de ses Apôtres et de ses Évangélistes, il de n'être point manifestée.—20 Parce qu’étant :
le chef-d'œuvre des mains de Dieu, aussi bien ici-bas par la grâce que dans le ciel par la gloire, il veut en être glorifié et loué sur la terre par les vivants.—30 Comme elle est l’aurore qui précède et découvre le Soleil de justice, qui est Jésus-Christ, elle doit être reconnue et aperçue, afin que Jésus-Christ le soit. —40 Etant la voie par laquelle Jésus-Christ est venu à nous la première fois, elle le sera | encore lorsqu'il viendra Ja seconde, quoique 1. non pas de la même manière.—50 Étant le ‘à moyen sûr et la voie droite etimmaculée pour #4 aller à Jésus-Christ et le trouver parfaitement, c'est par elle que les âmes qui doivent éclater en sainteté doivent le trouver. Celui qui trouvera Marie trouvera la vie, c'est-à-dire Jésus- Christ, qui est la voie, la vérité et la vie ; mais on ne peut la chercher qu'on ne la connaisse : car on ne cherche ni on ne désire un objet
inconnu ; il faut donc que Marie soit plus connue que jamais, à la plus grande connaissance et gloire de Ja très sainte Trinité.— 6o Marie doit éclater, plus que jamais, en miséricorde, en force et en grâce, dans ces der-
RTS
De
FH