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niers temps : en miséricorde, pour ramener et recevoir amoureusement les pauvres pécheurs et dévoy és qui se convertiront et reviendront à l’Église catholique ; en force contre les ennemis de Dieu, les idolâtres, schismatiques, mahométans, juifs et impies endurcis, qui se révolteront terriblement pour séduire et faire tomber par promesses et menaces, tous ceux qui leur seront contraires ; et enfin elle doit éclater en grâce, pour animer et soutenir les vaillants soldats et fidèles serviteurs de Jésus-Christ qui combattront pour ses intérêts. —o Enfin Marie doit être terrible au démon et à ses suppôts comme une armée rangée en bataille, principalement dans ces derniers temps, parce que Satan, sachant bien qu'il a peu de temps, et moins que jamais, pour perdre les âmes, redoublera tous les jours ses efforts et ses combats : il suscitera bientôt de nouvelles persécutions, et tendra de terribles embûches aux serviteurs fidèles et aux vrais enfants de Marie, qu'il surmonte plus difficilement que les autres.
C'est principalement de ces derniéres et cruelles persécutions du diable qui augmenteront tous les jours jusqu’au règne de l’Antechrist, qu'on doit entendre cette première et célèbre prédiction et malédiction de Dieu, portée dans le paradis terrestre contre le serpent. Ilest à propos de l'expliquer ici pour
la gloire de la très sainte Vierge, le salut de M ses enfants et la confusion du démon. 4 Inimicitias ponam inter te et mulierem, et b:
semen tuum et semen illius ; ipsa conteret caput (4 tuum, et tu insidiaberis calcaneo ejus ((renes. 8 It, 5): “Je mettrai des inimitiés entre toi ‘M et la femme, st ta race et la sienne ; elle- ‘ même t'écrasera la tête, et tu mettras des ‘’embûches à son talon.”
Jamais Dieu n’a fait et formé qu'une inimi- PM tié, mais irréconciliable, qui durera et aug- à mentera même jusqu'à la fin : c’estentre Marie, sa digne Mère, et le démon ; entre les enfants et serviteurs de la sainte Vierge, et les enfants et suppôts de Lucifer, en sorte que la plus terrible des ennemies que Dieu ait faites contre Satan est Marie sa sainte Mère ; il lui amême donné, dès le paradis terrestre, quoiqu'elle ne fat encore que dans son idée, tant de haine contre ce maudit ennemi de Dieu, tant d’industrie pour découvrir la malice de cet ancien serpent, tant de force pour vaincre, terrasser M
/et écraser cet orgueilleux impie, qu'il l’appréhende plus, non seulement qne tous les Anges et les hommes, mais, en un sens, que
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Dieu même : ce n’est pas que l’ire, lahaïine et ES la puissance de Dieu ne soient infiniment plus grandes que celles de la sainte Vierge, puisque les perfections de Marie sont limitées ; mais c'est : 10 parceque Satan, étant orgueil- ER
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leux, souffre infiniment plus d’être vaincu et
puni par une petite et humble servante de Dieu, et son humilité l’humilie plus que le pouvoir divin ; 20 parce que Dieu a donné à Marie un si grand pouvoir contre les diables, qu'ils craignent plus, comme ils ont été souvent obligés de 7 avouer, malgré eux, par la bouche des possédés, un seul de ses soupirs pour quelque âme, que les prières de tous les Saints, et une seule de ces menaces contre eux que tous les autres tourments. |
Ce que Lucifer a perdu par orgueil, Marie l'a gagné par humilité ; ce qu'Eve à damné et perdu par désobéissance, Marie l'a sauvé par obéissance. Eve, en obéissant au serpent, à perdu tous ses enfants avec elle, et les lui a livrés ; Marie, s'étant rendue parfaitement fidèle à Dieu, a sauvé tous ses enfants et serviteurs avec elle, et les à consacrés à sa majesté.
Non seulement Dieu à mis une inimitié, mais des inimitiés, non seulement entre Marie et le démon, mais entre la race de la sainte Vierge et la race du démon : c’est-à-dire que Dieu a mis des inimitiés, des antipathies et haines secrètes entre les vrais enfants et serviteurs de Marie et les enfants et esclaves du diable ; ils ne s'aiment point mutuellement, ils n’ont point de correspondance intérieure les uns avec les autres. Les enfants de Bélial, les esclaves de Satan, les amis du monde (car
c'est la même chose), ont toujours persécuté jusqu'ici et persécuteront plus que jamais ceux et celles qui appartiennent à la très sainte Vierge, comme autrefois Caïn persécuta son frère Abel, et Esaü son frère Jacob, qui sont les figures des réprouvés et des prédestinés. Mais l'humble Marie aura toujours la victoire sur cet orgueilleux, et si grande, qu’elle ira jusqu’à lui écraser la tête, où réside son orgueil ; elle découvrira toujours sa malice de serpent ; elle éventera ses mines infernales, dissiper:
ses conseils diaboliques, et garantira jusqu’à la fin des temps ses fidèles “serviteurs de sa patte cruelle. Mais le pouvoir de Marie sur tous les diables éclatera particulièrement dans les derniers temps, où Satan mettra des embâches à son talon, c’est à-dire à ses humbles esclaves et à ses pauvres enfants, qu’elle suscitera pour lui faire la guerre. Ils seront petits et pauvres selon le monde, et abaissés devant tous comme le talon, foulés et pressés comme le talon l’est à l'égard des autres membres du corps; mais, en échange, ils seront riches en grâces de Dieu, que Marie leur distribuera
abondamment ; grands et relevés en sainteté
devant Dieu, supérieurs à toute créature par leur zèle animé, et si fortement appuyés du secours divin, qu'avec l'humilité de leur talon, en union de Marie, ils écraseront la tête du serpent infernal et feront triompher Jésus-Christ.
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Enfin, Dieu veut que sa sainte Mère soit à
| présent plus connue, plus aimée, plus honorée
que jamais elle n’a été : ce qui arrivera Sans doute, si les prédestinés entrent, avec la grâce
et la lumière du Saint-Esprit, dans la pratique
intérieure et parfaite que je leur découvrirai dans la suite. Pour lors, ils verront clairement, autant que la foi le permet, cette belle étoile de la mer, et ils arriveront à bon port, malgré les tempêtes et les pirates, en suivant sa conduite ; ils connaîtront les grandeurs de cette Souveraine, et ils se consacreront entièrement à son service, comme ses sujets et ses esclaves d'amour ; ils éprouveront ses douceurs et sos bontés maternelles, et ils l'aimeront tendrement commeses enfants bien aimés
ils connaîtront les miséricordes dont elle est pleine, et les besoins où ils sont de son secours, et ils auront recours à clle en toutes choses comme à leur chère avocate et médiatrice auprès de Jésus-Christ ; ils sauront qu’elle est le moyen le.plus assuré, le plus aisé, le plus court et le plus parfait pour aller à J'ésus- Christ, et ils se livreront à elle corps et âme, sans partage, pour être à Jésus-Christ de même.
Mais quels seront ces serviteurs, esclaves et enfants de Marie ? Ce seront un feu brûlant des ministres du Seigneur qui mettront le feu de l'amour divin partout, et sicut sagittæ in
manu potentis, des flèches aiguës dans la main de la puissante Marie pour percer ses ennemis.
Ce seront des enfants de Lévi, bien purifiés par le feu de grandes tribulations, et bien collés à Dieu, qui porteront l'or de l'amour dans le cœur, l’encens de loraison dans l’esprit, et la myrrhe de la mortification dans le corps, et qui seront partout la bonne odeur de Jésus-Christ, aux pauvres et aux petits, tandis qu'ils seront une odeur de mort aux grands, aux riches et aux orgueilleux mondaïins.
Ce seront des nuées tonnantes et volantes par les airs, an moindre souffle du Saint- Esprit, qui, sans s'attacher à rien, ni s'étonner de rien, ni se mettre en peine de rien, répandront la pluie de la parole de Dieu et de la vie éternelle ; ils tonneront contre le péché, ils gronderont contre le monde, ils frapperont le diable et ses suppôts, et ils perceront d’outre en outre, pour la vie ou pour là mort, avec leur glaive à deux tranchants de la parole de Dieu, tous ceux auxquels ils seront envoyés de la part du Très-Haut.
Ce seront des apôtres véritables des derniers temps, à qui le Seigneur des vertus donnera la parole et la force pour opérer des merveilles et remporter des dépouilles glorieuses sur ses ennemis ; ils dormiront sans or ni argent et, qui plus est, sans soin, au milieu des autres prêtres, ecclésiastiques et clercs, inter medios
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cleros (1), et cependant auront les ailes argentées de la colombe, pour aller, avec la pure intention de la gloire de Dieu et du salut des âmes, où le Saint-Esprit les appellera ; et ils ne laisseront après eux, dans les lieux où ils auront prêché, que l'or de la charité, qui est l’accomplissement de toute la loi, Entin, nous savons que ce seront de vrais disciples do Jésus-Christ, qui, marchant sur les traces de sa pauvreté, humilité, mépris du monde et charité, enseigneront la voie étroite de Dieu dans la pure Vérité, selon le saint Évangile, et non selon Îles maximes du monde, sans se mettre en peine ni faire acception de personne, sans épargner, écouter ni craindre aucun mortel, quelque puissant qu’il soit,
Ils auront dans leur bouche le glaive à eux tranchants de la parole de Dieu ; ils porteront sur leurs épaules l'étendard ensanglanté de la Croix, le Crucifix dans la main droite, le chapelet dans la gauche, les noms sacrés de Jésus it de Marie sur leur cœur, et la modestie et mortification de Jésus-Christ dans toute leur conduite, Voilà de grands hommes qui viendront ; mais Marie sera là par ordre du Très- Haut, pour étendre son empire sur celui des impies, idolâtres et mahométans. Quand et comment cela sera-t-il ?.. Dieu seul le sait
(1) Ps. Lxvir, |.
c’est à nous de nous taire, de prier, de soupirer et d'attendre (1).
Il. Discernement de la vraie dévotion à la sainte Vierge,
Ayant dit jusqu'ici quelque chose de la nécessité que nous avons de la dévotion à la très sainte Vierge, il faut dire maintenant en quoi consiste cette dévotion ; ce que je ferai, Dieu aidant, après que j'aurai présupposé quelques vérités fondamentales, qui donneront jour à cette grande et solide dévotion que je veux découvrir.
Première vérité. Jésus-Christ notre Sauveur, vrai Dieu et vrai homme, doit être Ja fin dernière de toutes nos autres dévotions ; autrement elles seraient fausses et trompeuses,. Jésus-Christ est l'alpha et l’oméya, le commencement et la fin de toutes choses. Nous ne travaillons, comme dit l’Apôtre, que pour rendre tout homme parfait en Jésus-Chr parce que c’est en lui seul qu'habitent toute la plénitude de la Divinité et toutes les autres plénitudes de grâces, de vertus et de perfections ; parce que c'est en lui seul que nous avons été bénis de toute bénédiction spirituelle ; parce qu’il est notre unique Maître qui doit nous enseigner, notre unique Seigneur de qui
(1) Ps. xxxix, |.
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nous devons dépendre, notre unique Chef auquel nous devons être, notre unique Modèle auquel nous devons nous confor mer, notre unique Médecin qui doit nous guérir, notre unique Pasteur qui doit nous nourrir, notre unique Voie qui doit nous conduire notre unique Vérité que nous devons croire, notre unique Vie qui doit nous vivitier, et notre unique Tout en toutes choses qui doit nous suffire. Il n'a point été donné d'autre nom sous le ciel, que le nom de Jésus, par lequel nous devions être sauvés. Dieu ne nous a point mis d'autre fondement de notre salut, de notre perfection et de notre gloire, que Jésus Christ : tout édifice qui n’est pas posé sur cette pierre ferme est fondé sur le sable mouvant, et tombera infailliblement tôt ou tard, "out fidèle qui n’est pas uni à lui comme une branche au cep de la vigne, tombera, sèchera, et ne sera propre qu'à être jeté au feu. Si nous sommes en Jésus-Christ et Jésus-Christ en nous, nous n'aurons point “ damnation à craindre ; ni les Anges des Cieux, niles hommes de la terre, ni les démons des enfers, ni aucune autre créature ne nous peut nuire, parce qu'elle ne nous peut séparer de la charité de Dieu qui est en Jésus-Christ, Par Jésus-Christ, avec J'ésus- Christ, en Jésus-Christ, nous pouvons toutes choses : rendre tout honneur et gloire au Père, en l’unité du Saint-Esprit ; nous rendre par-
faits et être à notre prochain une bonne odeur de vie éternelle.
Si donc nous établissons la solide dévotion de la très sainte Vierge, ce n’est que pour établir plus parfaitement celle de Jésus-Christ, ce n’est que pour donner un moyen aisé et assuré pour trouver Jésus-Christ. Si lu dévotion à la sainte Vierge éloignait de Jésus- Christ, il faudrait la rejeter comme une illusion du diable ; mais tant s'en faut qu’au contraire, comme j'ai déjà fait voir et ferai voir encore ci-après : cette dévotion ne nous est nécessaire que pour trouver Jésus-Christ parfaitement, l'aimer tendrement, et le servir fidèlement.
Je me tourne ici un moment vers vous, ô mon aimable Jésus, pour me plaindre amoureusement à votre Majesté de ce que la plupart des Chrétiens, même les plus savants, no savent pas la liaison nécessaire qui existe entre vous et votre sainte Mère. Vous êtes, Seigneur, toujours avec Marie, et Marie est toujours avec vous et ne peut être sans vous autrement elle cesserait d'être ce qu'elle est ; elie est tellement transformée en vous par la grâce, qu'elle ne vit plus, qu’elle n’est plus ; c’est vous seul, mon Jésus, qui vivez ct régnez en elle, plus parfaitement qu'en tous les Anges et les Bienheureux. Ah! si l’on connaissait la gloire et l'amour que vous recevez en cette
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admirable créature, on aurait de vous et d'elle bien d’autres sentiments qu'on n’a pas. Marie vous est si intimement unie, qu'on séparerait plutôt la lumière du soleil, la chaleur du feu ; je dis plus, on séparerait plutôt tous les Anges et les Saints de vous, que votre bienheureuse Mère : parce qu’elle vous aime plus ardemment, vous glorifie plus parfaitement que toutes vos autres créatures ensemble.
Après cela, mon aimable Maître, n'est-ce pas une chose étonnante et pitoyable, de voir l'ignorance et les ténèbres de tous les hommes d’ici-bas à l'égard de votre sainte Mère ? Je ne parle pas tant des idolâtres et païens, qui, ne vous connaissant pas, n'ont garde de la connaître ; je ne parle même pas des hérétiques et schismatiques, qui n’ont garde d'être dévots à votre sainte Mère, s'étant séparés de vous et de votre sainte Eglise ; mais je parle des Chrétiens catholiques, et même des Docteurs parmi les catholiques, qui, faisant profession d'enseigner aux autres les vérités, ne vous connaissent pas, ni votre sainte Mère, si ce n'est d’une manière spéculative, sèche, stérile et indifférente. Ces Messieurs ne parlent que rarement de votre sainte Mère et de la dévotion qu'on lui doit avoir, parce qu'ils craignent, disent-ils, qu'on abuse, qu'on ne vous fasse injure en honorant trop votre sainte Mère, S'ils voient ou entendent quelque dévot
à la sainte Vierge parler souvent de la dévotion à cette bonne Mère, d’une manière tendre, forte et persuasive, comme d'un moyen assuré sans illusion, d'un chemin court sans danger, d'une voie immaculée sans imperfection et d'un secret merveilleux pour vous trouver et vous aimer parfaitement, ils se récrient contre lui, et lui donnent mille fausses raisons pour lui prouver qu'il ne faut pas qu'il parle tant de la sainte Vierge, qu'il y a de grands abus en cette dévotion, et qu'il faut travailler à les détruire, et parler de vous plutôt que de porter les peuples à Ja dévotion à Ja sainte Vierge qu'ils aiment déjà assez.
On les entend quelquefois purler de la dévotion à votre sainte Mère, non pour létablir et la persuader, mais pour détruire les abus qu'on en fait; tandis que ces Massieurs sont suns piété et sans dévotion tendre pour vous, parce qu'ils n'en ont pas pour Marie. Ils regardent le Rosaire, le Scapulaire, le Chapelet, comme des dévotions propres aux esprits faibles et aux ignorants, sans lesquelles on peut se sauver; et s'il tombe en leurs mains quelque dévot à la sainte Vierge, qui récite son Chapelet ou ait quelque autre pratique de dévotion envers elle, ils lui e hangoront bientôt l'esprit et le cœur : au lieu du Chapelet, ils lui conseilleront de dire les sept psaumes; au lieu de la dévotion à la sainte Vierge,
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À LA SAINTÉ VIERGE. 43
un. Jui Conscilleront la dévotion à Jésus- Christ,
O mon aimable Jésus, ces gens ont-ils votre esprit ? Vous font-ils plaisir d'en agir de la sorte ? Est-ce vous plaire que de ne pas faire tous ses efforts pour plaire à votre Mère, de peur de vous déplaire ? La dévotion à votre sainte Mère empêche-telle la vôtre ? Est-ce qu'elle s’attribue l'honneur qu'on lui rend ? Est-ce qu'elle fait bande à part ? Est-elle uno étrangère qui n’a aucune liaison avec vous ?
ist-ce vous déplaire que de vouloir lui plaire ? Est-ce se séparer ou s'éloigner de votre amour, que de se donner à elle et de l'aimer ? Cependant, mon aimable Maître, la plupart des savants n'éloigneraient pas plus de la dévotion à votre sainte Mère, et n’en donneraient pas plus d’indifférence, que si tout ce que je viens de dire était vrai. (rardez-moi, Seigneur, gardez-moi de leurs sentiments et de leurs pratiques, et me donnez quelque part aux sentiments de reconnaissance, d'estime, de respect et d'amour que vous avez à l'égard de votre sainte Mère, afin que je vous aime et glorifie d'autant plus que je vous imiterai et suivrai de plus près.
Comme si, jusqu'ici, je n'avais encore rien dit en l'honneur de votre sainte Mère, faitesmoi la grâce de la louer dignement : Fac me digne tuam Matrem collaudare, malgré tous
ses ennemis, qui sont les vôtres, et que je leur dise hautement avec les Saints : Von præsumat aliquis Deum se habere propitium qui benedictam Matrem offensam habuerit.. ‘ Que “ celui là ne présume pas recevoir la miséri- “ corde de Dieu, qui offense sa sainte Mère.
Pour obtenir de votre miséricorde une véritable dévotion à votre sainte Mère, et pour l'inspirer à toute la terre, faites que je vous aime ardemment, et recevez pour cela Ja prière embrasée que je vous fais avec saint Augustin et vos véritables amis :
«Tu es Christus, pater meus sanctus, Deus mieus plus, rex meus magnus, pastor meus bonus, magister meus unus, adjutor meus optimus, dilectus meus pulcherrimus, panis meus vivus, sacerdos meus in æternum, dux meus ad patriam, lux mea vera, dulcedo mea santa, via mea recta, sapientia mea præclara, simplicitas mea pura, concordia mea pacifica, custodia mea tota, portio mea bona, salus mea sempiterna.
‘ Christe Jesu, amabilis Domine, cur amawvi, quare concupivi omni vita mea quidquam præter et Jesum Deum meum ? Ubi eram quando tecum mente non eram ? Jam ex hoc nunc, omnia desideria mea, incalescite et effluite in Dominum Jesum ; currite, satis hactenus tardastis ; properate quo pergistis ; ; quærite quem quæritis, Jesu, qui non amat te,
e leur DT ÆSUm qui ‘“ Que niséri- Mère.” e vérit pour 6e vous cela Ja c saint
s, Deus y IneUus
meus s, panis in, dux do met æclaru, )ACIfICA, us mea
amavi, dquam bi eram ex hoc ite et tis hac- S ; quænat te,
anathema sit ; qui te non amat, amaritudinibus repleatur... O dulcis Jesu, te amet, in te delectetur, te admiretur omnis sensus bonus tuæ conveniens laudi. Deus cordis mi et pars mea, Christe Jesu, deficiat cor meum spiritu suo, et vivas tu in me, et concalescat spiritu meo vivus Carbo amoris tui, et excrescat in ignem perfectum ; ardeat jugiter in ara cordis mei, ferveat in medullis meis, flagret in absconditis animæ meæ ; in die consummationis meæ consummatus inveniar apud te...Amen.” J'ai voulu mettre en latin cette admirable oraison de saint Augustin, afin que les personnes qui entendent le latin la disent tous les jours pour demander l'amour de Jésus, que nous cherchons par la divine Marie (1).
Seconde vérité. Il faut conclure de ce que Jésus-Christ est à notre égard, que nous ne
1. On a cru prévenir le désir des fidèles qui ne comprennent pas le latin, en donnant ici une traduction de cette prière :
«“ Vous êtes, à Jésus, le Christ du Seigneur, mon père saint, mon Dieu plein de miséricorde, mon roi infiniment grand ; vous êtes mon pasteur charitable, mon unique maitre, mon aide plein de bonté, mon bien-aimé d'une beauté ravissante, mon pain de vie, mon prêtre éternel ; vous êtes mon guide vers la patrie, ma vraie lumière, ma douceur toute sainte, ma voix droite et sans détour ; vous êtes ma sagesse brillante par son éclat, ma simplicité pure et sans tache, ma paix et ma douceur; vous êtes enfin toute ma sauvegarde, mon héritage précieux, mon salut éternel,
Sd
sommes point à nous, comme dit l’Apôtre, mais tout entiers à lui, comme ses membres et ses esclaves qu'il a achetés infiniment cher,
par le prix de tout son sang. Avant le Bap- {, tême nous étions au démon comme ses escla- fe ves ; et le Baptême nous a rendus les vérita- hu bles esclaves de Jésus-Christ, qui ne doivent ‘hi
vivre, travailler et mourir que pour fructifier par ce Dieu-Homme, le glorifier en notre corps et le faire régner en notre âme, parce que
Vi VE
‘“ O Jésus-Christ, aimable Maitre, pourquoi, dans ‘.
toute ma vie, ai-je aimé, pourquoi ai-je désiré autre 1 ;
chose que vous? Jésus mon Dieu, où étais-je, quand 2
je ne pensais pas à vous? Ah! du moins, à partir de {| À
ce moment, que mon cœur n'ait de désirs ‘et d’ ardeurs Hi. | que pour le Seigneur Jésus ; qu'il se dilate pour n'ai- # ; mer que lui seul. Désirs de mon âme, courez désor. 08 4
mais, c’est assez de retard ; hâtez-vous d'atteindre le but auquel vous aspirez: cherchez en vérité celui que 4 vous cherchez. O Jésus, anathème à qui ne vous #8 aime pas ! que celui qui ne vous aime pas soit rempli d'amertume! O doux Jésus, soyez l'amour, les délices #5 et l'admiration de tout cœur dignement consacré à kl à votre gloire, Dieu de mon cœur et mon partage, divin Jésus, que mon cœur tombe dans une sainte défaillance, et soyez vous-même ma vie; que dans mon âme s'allume un charbon brûlant de votre amour, et qu'il y soit le principe d’un incendietout divin; ! qu'il brûle sans cesse sur l'autel de mon cœur, qu'il Æ# c embrase le plus intime de mon être; qu'il consume À
le fond de mon âme ; qu'enfin au jour de ma mort, je paraisse devant vous tout consommé dans votre amour, Ainsi soit-il,”?
Dôtre, res et cher, Bapesclavéritaoivent ctifier > COYPS ce que
oi, dans ré autre , quand artir de l'ardeurs our n'aiez dèsoreindre le ‘elui que ne vous it rempli es délices nsacré à partage, 1e sainte que dans re amour, it divin; Ur ; qu'il consume a mort, je ans votre