‹ Traite de legislation, ou Exposition des lois generalesChapitre 10 sur 69 · I.IVBB I, GHAPITEB IV · texte numérisé non relu

I.IVBB I, GHAPITEB IV

de cette açtiou^ de cette habitude ou de cette institution. Le résultat de cette exposition sur les esprits est Jhcile à déterminer. U est clair que si le mal produit excède le bien , l'action^ Tha* bitude ou la loi^ sera généi^alement condamnée, et qu'elle sera^ au contraire^ cqpprouyée^ si c'est le bien qui excède le mal. En considéra&t, en effet;,, une nation dans son ensemble, on ne la voit pas agir différemment des individus ; elle réprouve ce qui la blesse ; elle applaudit à ce qui lui e^t utile^ Mais comme une action , une habitude'^ une loi, produisent en général un mélange de biens et de n^aux ; comme ces biens et ces maux n'arrivent pas simultanément ^ et ne se répartissent pas d'une ;manière égale sur tous les hommes 7 les jugemens que chacun porte de la cause qui les engendra , doivent être divers : or, c'est de ces jugemens qu'il ftait £siire voir l'influence. Prenons poijr exemple l'intqtnpérançe, habitude commune à tous led peuples barbares qui possèdent le moyen de s'y livrer, et que nous voyons disparaître peu à peu de chez toutes les nations de l'Europe.

Cette habitude produit incontestablement im mélange de biens et de maux , ou , si l'on veut , des plaisirs et des peines^ Les effets qui en ré*sultent n'arrivent pas en même temps : les uns sont éprouvés à l'instant même de l'action, tandis que les Qiutres ne se font sentir que plus tard. Ils se répartissent entrç plusieurs personnes ^ mais ne les affectent pas de la même manière. Si

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cette habitude n'est appréciée que par les efifiets immédiats qu'elle produit ; si y .fiiute de jugement ou de prévoyance, les effets ultérieurs û'en sont pas observés ou sont attribués à d'autres causes^ ^lle sera considérée comme bonne ; on sera d^au-^ tant plus disposé à s'y livrer, qu'elle sera Condamnée par un plus petit nombre de' personnes; on la con^dérera comme honorable, et l'on se fera un mérite de pouvoir impunément é'y livrer, si personne ne ladésapprouve.C'èstce que nqjis avons vu , il n'y a pas très-long^temjps , danfe presque tous les états <ie l'Europe , et ce qu'on trouverait peut-être encore dans quelques-uns. Mais si un moraliste , soumettant cette habitude à l'analyse, expose tous les effets', en^bieii et en mal ^ qu'elle produit; si, après avoir dé-^ <rit, d'un côté, les plaisirs qui en résultent pour ceUii qui s'y livre, et pour ceux qui lui vendent les objets de ses consommations, il décrit, d'un autre côté , les maux qui en sont les conséquences ; s'il feît voir comment elle afiEaiblit les facultés intellectuelles et morales de celui qui è'y abandonne; comment elle altéré ses organes pliysiq»es , et le rend incapable dé se livrer à aucun travail soutenu, séit de corjps , soit d'esprit; comment, en même temps qu'elle mifltïplîe ses besoins, elle lui fait prendre les moyens de les satisfaire; comment elle prive sa femme^ ses enfans, ses vieux parens, de leurs moyens d^existence, et de l'appui qu'ils trouvaient en lui; comment 'elle détruit la confiance qu'il leur ins-

pirait^ détruit lciulr« affectifs ^ et las rend yity tûues de 68 brutalité; comrimnt elle les expo€e à jMérir de mîtére ou à se livrer h des vices honteux; commeoit ^pfifi elle ninit ^ mm^Mnlement à hti et à $a £%millèi| mais à tous ceux qn^il entraîne par son exemple ^ et à ceux auxquels il aurait été utile s'il n'avait pas contracté un semblable vioef^ il est clair <{u-on ae portera pins de cette habitude le même jugement; elle sera, d'abord décidément réprcm vée par tous cois qui , ne trouvant •aocun avantage à-cë qu'elle soit satisâite^ auront à aup^ portei* une partie des mauvais effets qu'elle fnroduit; elle sùra condamnée^ en second lieu^ par oeux mêmea qui croiront nWoir point à en souf* frir^ s'ils n'ont ieMoicun avantage à en espérer^ car^ lorsqu'une babitude ou auie action produisent (les ef&ta BTadenuxieiit funestes^, tous les hommes qui ne peuvent pas prendre part atit plaisirs qui en résiiltent , s'accordent géoéralefiient k la con^ dasnner; enfin ^ cdui-l^ «nème qui l'aura déjà conirae<)ée^! cessera de la eroire bonne ^ quand il verra bien daireioent tôbs tes d^ets qu'elle pro^ duit , eoit sur lui •* même >aoit sur les autres ; il pourra s'y: livFer encore > mais œ-serft en la condamnant y et il empêchera^ a'il se peut ^ sa feisÈme o^ ses. ef&ais de suivt>e son esx^mple. >

Ap|lliquée à une habitude d'un autre genre ^ l'analyse produira das^idlbls analogues. Si^ par^ esmiplè ^ on y soum»}; l%ai>itude de l'économie^ qui .n'est guère moins déoriée chez les peuples à demi barbares, que Fin tempérance n'est approti-

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vée, on aura à décrire deux séries de foits. Dan« la première^ se trouveront les maux qui résultent de certaines privations; dans la seconde^ les avantages qui résultent de la cumulation des ri-^ chasses. Les privations seront ressenties par l'individu même qui aura contracté cette habitude; en partie par les membres de sa famille, et surtout par les personnes qui aurai^oit pu espérer de profiter de sa prodigalité. Les avantages seront également éprouvés par sa famille; ils le seront de plus par tous les hommes dont l'industrie ne peut être mise en œuvre que par la; cumulation des capitaux. Ces avantages seront plus étendus, plus durables , et se répandront sur un plus grand nombre de personnes, que les privations au prix desquelles ils seront achetés . Dans ce cas> comme dans le précédent, l'effet d'une description complète <fe tous les résultats de cette habitude sera de la &ire approuver, en premi^ lieu, de tous ceux pour lesquels elle produira des biens saiis mélange de maux; en second lieu , de tous ceux qui y trouveront plus d'avantages que d'inconvéniens ; et , enfin , de tous ceux qui croiront n'y avoir aucun intérêt,, mais qui, enenéme temps, n'en éprouveront aucun dommage.

Ainsi , le premiar effet de l'analyse appliquée à la morale est de diviser en deux classes les actions ou les habitudes humaines ;"* de mettre d'un côté celles qui produisent pour l'humanité plus de biens que de maux, et de placer de l'autre celles qui produisent plus de maux que de biens.

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Le second effet est de jËaire réprouver les actions malfaiisantes par toutes les personnes à qui elles nuisent^ et même par celles qui n'en souf&ent pas^ mais qui ne peuTont pas en profiter.Tontes les fois, en effet, qu'il devient évident qu'une action ou une habitude produit plus de maux que de biens, le public la classe naturellemept au rang des actions ou des habitudes vicieuses . Ceux qui auparavant s'y livraient publiquement et avec une sorte d'ostentation , en deviennent honteux; s'ils s'y abandonnent encore > c'est en secret; si on leur impute une telle habitude, ila s'en défendent , ou cherchent à s'excuser sur des circonstances particulières ; s'ils ne peuvent pas se corriger , ils font en sorte du moins que leurs en£ans ne les imitent pas. Lorsque, au contraire, l'analyse a pour effet de foire voir qu'une habitude ou une action , auparavant jugée indiffé-rente ou même funeste, produit pour le genre humain plus de biens que de maux, le public la foit passer au rang des actions ou des habitudes vertueuses. Ceux qui ne s'y livraient qu'en secret cessent d'en être honteux ; ceux même qui ne l'ont point se vantent souvent de la mettre en pratique , et font en sorte de la foire contracter à leurs enfons, ou du moins de leur en. donner les apparences. C'est là le troisième résultat de l'emploi de l'analyse.

Il ne fout pas s'imaginer cependant que l'expo* silion des effets d'une habitude vicieuse on d'une habitude vertueuse, suffise pour détruire la pre^

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mière ott poor établir la secoude^ si le^ causer qui ofil produit Fttne on qma'opposeixtâFrjétablidsement deFanCre, contirnseat d'exister: L'intentp^ r»Bce et k prodigalité, par ^qinplê^ ne ioât pas produites seùlémeDtpar rigtnoraiice deaeffeta qai earësulteat: elles le sont aussi par leê daiigem cmilliui^ auxquek les profMriétés ott les per^ soouea sont esposées. L^faomnie à qui rien; ne ga^* raotit la jouissance: da frjoîk de s» tm'vaiiiry ce«se de travailler, ou cô&aomme immédiatement ce qu'il a produit : chcK lui, la paresse, l'intempérance et la prodigalité sont de la prévoyance. De même, celai qui se roit exposé saiis ^esae au danger de perdre la vie, est peu touché par la deseription dea maux pbymqt^^SvOu moraux qo^engendreot les maniTaises habitudes : pour ki il n'y a cfesurdanscemonde que le présent. Uyapeu de soldats que la crainl^e de la goutte rende tem* pécans h ^lle d'une ;bataille; et les sauvages ou les esclffvea s^imposent peu de pri vaticms pour enrichir leurs héritiers. U ne suffit donc pas, pour feore £afire des progrès à la morale et à la législation^ d'exposer les conséquence» des mauvaises lois et deâ mauvaises mœurs ; il fout de plUs en indiquer les^ causes^, et montrer comment ces causes pevrvent être détruite». Si Tow se borne à en exposer les efiiet», on tourne contre elles le sentiment qui porte la nature humaine vers sa conservation et sa prospérité; mais, quelle que soit la force de ce sentiment , il ne saurait^détruire ce qui-, de sa nature, est indestructible; et il faut

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co]i8i46rer comme tel tou| effet dont on n'at* taqpe point la cause^ même quand cet effet e^ nn vice (^y

SironfaisaUrhiatoiredes habitudes humaines, en remontant jusqu'à l'état sauyagjs^ et descendant jusqu'aux époques oit la civilisation a fftit le plus de progrès , on trouverait qu'elles ont change de caractère^ à mesure que les effets en. ont été mieux constatés^ et les causes mieux connues. Les premières actions qui ont été mises au rang des actioas criminelles^ sont celles qui ont pu pro-^ duire le moins de bien^ et dont les mauvais effets ont été les plus évidens. Ainsi, le meurtre etVa^ sassinat ont été réprouvés comme funeste», même par les peuples barbares; mais ces faàta n'ont pas

(i) Il est des écrivains qui considèrent les erreurs, les préjugés 9 les vices des peuplei, comme les caiis«A oniques de leurs mauvaises lois, de leurs mauvak gonvernemena et de leur miiire, et qui GouaeiUent en coaséquence à ees peuples d'être éclairés, industrieux et vertueux, s'ils vttotent airoir de boiunes lois , être tûen gouvernés , et mrtt heureu& Ces ma,xime^ soi^ plus faciles à doBnev qu'è pcatiqan: ^ ^&es sont justes, s'U est en la ptuissawre de. tuas leabommead'étM éclairés, et si les TÎces deebaquei indinda sont la caus* pre*mière des vf^^ux qu'il sooffre* Biais si ces vices sont les effete d'un ordre de choses donné , et si Ton n'a pas U puissance de (AuiBgeir cel osdre de eboses, conBunt eihîl poavble de les détruire.?. Qi^'im prédiMit«inr,paseieHiip]«> aîlls direaKx nègres dont les IrnBopéens ont fait des ittatanimens de ouU tare ; « I^'eselavage datis lequel vous êtes nés et qui vous rend si misérables, est l'effet de votre ignorance et de vos mauvaises mœurs ; les vices qiie ^om B€|>ruefa«ii à ^os mafitres sont des résultats de vos piHxpres viiees^ et la josiice veut que

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eu le même caractère qu'il» ont aujourd'hui. Ott les a considères comme n'iutëressant que les parens ou les amis des personnes assassinéeiB; on a pu s'y livrer sans déshonneur, et sans courir d'autre risque que de payer une compensation , ou d'être expose à des représailles. Les atteintes à la propriété n'ont pas été envisagées sons un point de vue différent : voler des marchands allant en foire ^ dévaliser des voyageurs ou rançonner des jui&^ étaient des faits qui ne déshonoraient pas les hommes puissans^ il y a peu de siècles. Sous le règne même de Louis XIV , tromper au jeu n'était pas une action déshonorante dans la bonne société.

On trouve^ ilest vraî^ que des peuples barbareai

vous en portiez la peine. Si des années de blancs viennent se placer à côté de yos possesseurs pour rendre leur force in<sarmontablcy c'est encore tous qui avez présidé à la formalion de ces armées ; ce sont vos vices qui leur ont mis les armes à la main et qui les ont appelées. Tous êtes ignorans, parce qa'il ne vous plait pas de vous înstmire; vous êtes paresseux , parce que vous ne comprenez pas les avantages du travail; vous êtes faux et menteurs, parce que vous êtes des lÀches; vous êtes des lâches^ parce que vous ne savez pas être les plus forts; «t vous ne savez pas être lés plu«r forts y parce que vous avez des vices. » Si, dis-je, un mission-' naire tenait ce discours aaxesclaves de nos colonies , pense^ t-on qu'il n'y aurait rien à lui objecter? Pense-t»on que les raisons que les nègres pourraient donner , ne pourraient pas être données par un peuple de blancs? Dans toutes les positions, un homme ou même un peuple ne peut pas être Industrieuxi éclairé et vertueux impunément.

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ont prononcé des chàtimens sévères contre de» actions qu'on punit aujourd'hui moins cruelle*' ment : les Germains punissaient de mort la femme coupable d'adultère^ et dans le moyenâge^ les hommes cpii n'appartenaient pas à la ca^te dom inante n'étaient pas traités moins séyèrraient, pour des £ftits qui n'étaient pas plus graves : mais cette sévérité résultait moins de la haine qu'inspirait le vice^ que du mépris qu'on avait pour les femmes et pour les hommes asservis, mépris qu'on rencontre chez les peuples barbares de tous les pays.

Qadiles sont encore aujourd'hui, parmi nous, les habitudes vicieuses les plus communes? Ce sont celles àon% le3 e£fets bons et mauvais n'ont pas été claireinent etp6sés ou par&itement compris; celles sur lesquelles l'opinion des hommes est indécise, et sujrtouit celles dont les causes n'cmtpas été détruites. Que ces habitudes perdent, par une analyse rigoureuse^ le caractère douteux qu'elles com^ryeiit; que le puUicm voie dairer ment tous les effets, et eUë» rentreront aussitôt dans ^ le ri^og auquel elks appactieiment. Sans doute^ elles ,è3d$ter4n«t.ienco|re chez un grand nqmbr^ d'individus,. si l'on n'eut connaît, pa» les cjKuses., ou si V/PU n% pas. le moyen de les £aire casser ; mm J^ «per^scpt^nes qui «n seront atteintes ser<ûnt. obligées: de se.cs^cher^ ettes peindront F'a|>pui que. leur prêt^ Ifignoriemce publique, «et la nécessité, d,'9^' dws l'isolement leurifera perdre le,moyead'avçâr'descomplpicea. S'il était démon*

66 TmAITÉ DR LÉGISLATIOir.

trë^ parexeiBpfe^ que la corruption d'ijtn électeur eu d'un député par un ministre^ produit^ pour uàenaftiony des effets infintment plud funestes ^ue la corruption tl'Ain magistrat par un homine qui. veiii obtenir de lui un jugement intqiie^ le pnemÂer genre de prévarication serait tenu plus s^ccet ei»GO|« que le second^ et la kkécesiité du secret fuffîralt souvent pour rendre le £dt ittipos^

. Telle jest^ dms fa moifale^ la puilssance^ dWe vérité Snoonleslée y qu'upr individu cfai avoue une action évidemment mauvaise^ sans alléguer au^ cuneexcuse pburfs^ea justifier^ n6ds pare^t^ ou ua insensé^ ou un nar^Dfstré ; et que éelui^i veut comn^ettre iineaetion maUEaîtante^ oy eùtrsiner quelqu'un de sés^ sefibbbtes à' y pftrtitiper^ Ghêrehe toujours il proùvier ^U^ila ^^(cie£c[Ué bonne raison; ii il ne peut devenir un ^imillàiteur qu'en oommeQ^t par être un ^sophiiM;e . ^

Lesi effets tinei produit sur ks institutîdiis Tap^ plicalion > de* lai ûbë^dde ^analytiqtsie - WM ûxmi gi^ahdsfctpkisîAcoi^xÂicables^lni^ èflfets

qu'elle prudiiit fqp les nu^Miri'. ïioâr ekposer consf^ètement les>prumi6nr«^de dés>effm^ il fecH drlEik^QÉsieiEd^histaim^dSe iQtvg^ës përfe(^^ mêiis4fùekl]^^Matiebâ':ép#Dttvé^ dâhs tous lès

qiies-uns. 'dm \ gfîttverMWf en^ d^E^vl^pé à ^iSHk disparaîtré<ds' }a»}égtslati0à^yile m 'pëtiile'dè te*rp»y»;>iingl-àiidnômbi(?*/disi^s^ hànoàVds ? Qufest-^ee ^ a feit oesseï* le^s^ccet ^ës

pFOcédurès^ abblir la torture y dimlbn^. Jbes pei^ nes^ établir» k ^liberté delà défiecise? Qtt'4&t-<» quia &ît sortir, dô là dasee de$ crimea^ tdeè &it8 ifluft^airea ^ dieé opimôns ianooente8 y la sorodh lerie «t l'iieFéaie? Qu'est-ce qui a fait cesser les persécutions religi6US6s, abroger les lois «onlne les étrangers^ abolir les confiscations? M'est-^e pÊi3 l'exposUion des effets produits sur la «oeiété par de (mauTaises lois? en d.^autres t^rmes^ a^est^œpas l'application de la mi^hode analytiqneP Jie ne i^oudrais rabaisser l'importance d'au* cunëdisfsussion pcHitique^ offenser Famour-fHl^o* pré d'aiièun-^pard; mais j'avoue que les discus« sions sur TorigiBie des pouvoirs ^ sur le dncdt di^ TÎh ou sur la éouveraineté du peuple^ ne. m'ont jamais paru avoir des effets bien oonsîdërablies sur. ^les institutions ou sur les mceucs^ Jamais BeCcaria n'eÂt produit une rëTJolurtion "dans ik législation criminelle^ si^ au lieu d'expôsar les ^feto^dls qudqueé lois vicieuses, il se fat borivé à nous donner le développement de ses principes sur le droit de punir ; et les discussions auxquelles ont donné lieu , dans le dernier siècle^ quelques procédures célèbres , ont fait faire plus de progrès à la science que le Contrai social.

Ainsi/ la métbode analytique agit dans les sciences morales de la même manière qu'elle agit dans les autres; elle ne donne ni préceptes^ ni conseils; elle ne commande rien 3 elle se borne à exposer les causes , la nature et les conséquences de chaque procédé; elle n'a pas d'autre

68 TBAITÉ BB LÉGISLATlbK.

jforçe que celle qui appartient à la vérité. Mais il faut bien se garder de croire ^ pour cela , qu'elle ^oit impuissante; Fefifet qu'elle produit est, au contraire, d'autant plus irrésistible qu'elle commande la conviction. Lorsque des savans ont eu découvert la puissance de certaines machines , l'efficacité de certains remèdes, il n'a pas été nécessaire, pour les Gaire adopter, de parler de devoirs , pu de hàre usage de la force ; il a suffi I d'en démontrer les effets. De même, en morale '' et en législation, le ineilleur moyen de faire ''adopter un bon procédé , et d'en feire abandonner un mauvais , est de montrer clairement les causes et les effets de l'un et de l'autre. Si nous sommes exempts de certaines habitudes vicieuses, et si nous avons vu disparaître quel*^ ques mauvaises institutions , c'est à l'emploi de ce moyen que nous devons l'attribuer. Les mauvais gouvernemens en connaissent si bien la puissance que tous leurs effets ne tendent qu'à l'empécber.

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