LIVRE I9 CHAPITRE Xlt. 3I
les détails de la vie privée et des mœurs domes^ tiques (i).
En résumant les observations que j'ai &ites sur le système de Rousseau , je vais tâcher de les réduire à Fexpresision la plus simple. Est-il vrai, en &Hy que les actes ou- les puissances auxquels on donné le nom de lois/sôieiit Feicj^ession de la volonté générale? Noû/ cela li^estvrai' dans aucim pays'^anous ne cotisations fiucuii peuple chez lequel les lois aient jamais été Pexpiféssion dWe telle volonté. Est-il possible que 1^ lois soient Texpression de la vblonté généraJe? Ceci est une question toute difléi^cnte ; car il est des choses qui n'existent pas^ etqu*on pourrait cependant établir. Pour résoudre cette question^ il faudrait examiner chacun des élémens dont se compose cette puissance à laquelle nous domions le nom deloi^ et voir s'il est au poqvoir -d'un particuliearou d^une nation de créer ou de détruire chacun de cesélénjens : or je démontinsrai, daais le Kvre suivant^ que la plupart de ces ëlémens se trouvent dans la itature de l'homme , et que nous ne pouvons changer la nature de rien* Seràit-il bbq que toutes les lois^ fussent l'expres"^ sion de Itf vd^^té générale ? €4^ est encore une question ^iSSérente : il est <ks gens qui peuvent désirer et qui désirent même queiquefiois des cho*
(1) On verra plus loîn ce qui arrive locsqQe le législateur s'avise de déterminer tôus^ les devoirs des membres dé la société et d'en exiger Taccompl^sement.
se$ impos»ïble$i mak examiner^ quaacil on s'oc* cupe d'une science, s'il serait bon que l'impoigsîÛese rédiâaty est \hm yéritable puérilité. Enfin, lorsque l'autorité pulilique réside, soit dans le corps des citoyen^^ soit dtns dft» assettihlées de reppései»t»ns> soit dabs le 4powi^ à'un prinoè, peut^a {gendre de^ délibérations autretti^nt qu'à là majppité ?.Ilne frariait pa^qu'il y aitd'au* Ug otnoyea que td^îrikii c!est dcwî pour la mioojRÎté uiieî»^e^té4eft$ (SQuirtettre ; c'est une force à l4q»tlte m cbéit.r Cptt«[ forpe ^-Helle toujours éclairée 7 juste, bi^niiit^tioQnée? A-|rr0lle ton* jolirifioUr objet eitpK^tir résultait i^iûWèt géiibéral? S'il en était aimi, jamais Un'eutii^xi^té.d^ mati- Vaise^lpis.
£a ëoumeittant àJ'exaiEién les systèmes de Rousseau ^ j'ai démontré qu'à Taide de ces systèmeé., 'ôB pouvait arriver à établir h |)lU3 viotent airbitifaire , et à justifier les aotiQ}i$. les.pjkl$ iniiBOjfaleSi. Cet écrivain cependant était mji ,ardm(^ aiij^i de la liberté, et q^and» datw sw é^^its,, il attaquait Las mauvi^e^ mceuri d<9 s^^cpnteiiiiçoT raifts, ce n'était i^ointpat* bypowisjieK Comn^ent estnU^. ddne posëble.de tirer de «^ priddip^B des conséquances ôpp^éé^à. iies swÂinv^iM?. p^utîe qufen éçriipant sur lAie^ienœqu'ïîiiignpmit^ il misonna-sut^ des &its imaginaires:^ ^: lieud'ob: server ceux qu'il avait sous les yeux. Il n'y a point de sciences dans lesquelles un feux principe ne conduise à de funestes conséquences : en partant d'une feusse supppsitîon , un médecin , s'il n'est
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point inconséquent^ conduira son malade an tombeau ; de mémts , Fëcmain moraliste qui fera reposer sa science sur une fiction ou sur un mensonge^ entraînera ses erëdules sectateurs dans le vice ou dans le crime ^ à moins qu'ik ne cesseitit de bien raisonner.
Il est nne erreur très-grave contre laquelle il est essentiel de se mettre en garde ; c'est de s'imaginer qu'avec du talent , on peut se passer de Fobservatîon des foîts. On peut, sans doute, à l'aide d'une imagination forte et d'uù style éloquent, éblouir pendant quelque temps le vulgaire des lecteurs ; mais les illusions se dissipent à mesure que les esprits s'éclairent , et lorsqu'elles ont complètement disparu , le dédain prend la place de l'admiration. Il n'y a de véritable éloquence que dans l'exposition de ce qui est vrai ; le style le plus soigné , le plus flatteur à l'oreille, n'inspire que du dégoût, aussitôt qu'on s'aperçoit qu'il n'a point de sens , ou qu'il n'exprime que des pensées fausses.
Avant que d'exposer l'influence qu'exercent les faux systèmes sur les lois et sur les mœurs, j'ai fait observer qu'il y avait trois manières principales de faire un feux système ; qu'on pouvait décrire d'une manière fausse ou inexacte le phénomène principal sur lequel on voulait fixer l'attention du public ; qu'on pouvait attribuer ce phénomène à des causes autres que celles qui l'avaient produit; enfin, qu'on pouvait lui attribuer des effets qu'il n'était pas susceptible de produire,
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OU dissimuler des couséqueaces qui devaient naturellement en résuber. Si Ton juge les systèmes de Rottsyeau^ soit sur les conventions primitives^ soit sur la nature des lois y on trouvera que cet écrivain fait usage de ces trois manières de mal raisonner : il décrit des phénomènes qui n'ont aucune existence réelle ; il attribue ces phénomènes à des causes dont l'existence n'a jamais été ni constatée^ ni convenue^ enfin^ il attribue aux fausses suppositions qu'il fait des effets heureux qu'elles ne peuvent pas produire^ et ne voit pas les mauvaises conséquences qu'on peut en tirer.
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