‹ Traite de legislation, ou Exposition des lois generalesChapitre 49 sur 69 · CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU

Des dÎTers élémens de fruisëance qui cmiMilueiU les lais«

UifK grande partie des forces qui composent la puissance des lots ^ sont dans la nature même de l'homme ; et cependant c'est principalement sur les hommes que Faction de cette puifïsaQee se manifeste ; si elle agît sur les choses ^ ce n'est que dans les rapports qu'elles ont avec nous.

Pour connaître la manière dont les lois agissent^ les ëlémens de force dont elles se composent ^ et les conséquences qui résultent de leur action ^ il faut donc considérer les hommes, tour à tour, comme a gens et comme sujets* Il faut exa* miner, d'une part ^ quelles sont les causes qui les déterminent à agir sur eux - mêmes vu sur leurs semblables ; et , d'un autre côté , quelles sont les causes qui les obligent à céder à l'action qui est exercée sur eux.

On a déjà fait observer que les divisions et les classiBcatîons ne sont que des méthodes propres à fiiciliter les opérations de notre esprit; je reproduis ici cette observation ^ afin qu*on ne s'imagine pas qu'en considérant l'homme sous des points de vue divers , je suppose qu'il y a en lui

autant d'être» distiiiGts qu'il y a de points 80U$ lesquels on peut Tenyisager.

Afin de mettre de Fordre dass mes idées ^ je eonsidérereâ ks iMmaiessous trois points de vue différena : dans leurs organes physiques^ dansr leurs facultés intelkctuelles^ et éas» kurs facultés momies ou dana kuwaffections. Ces^ diverse» parties d'eux-mêmes ne sont pas séparées dans la nature comme elles k sont dans notre esprit. On peut ipème secUviser snrle nom qu'il convient de doniKr à chacune d'eika; mais, pour me faiM aatendre, je n'ai pas besoin ici d'une plus grande préciatom.

ChacoB Gomptend fort Inen ce qqe je désigne par les mots organes physiques z ce sont les par-^ tîes matérieUes de ncftre être, internes ou extcr^ »ea , tels sont les organes du tact , de la vue, de l'ouïe , du goût^ et autres.

Par nos focukés morales^ j'entenda ks affectiona ou ks sentimens inhërens à notre nature: Tamour, la haine, la irengeance, Fespérance, la craiate, tsx un mot4oute6 nos passions quelles qu'elles soient.

J'entends par noe facultés inteUeduelles les <£veraea opérations de l'esprit, que nous désignons sous les noms de perception , de comparaiaon y de raisomiement , d'imagination et antres, et lea organes dans lesquels ou au moyen desquels cea opérations s'exécutent»

Comprenant dans ces trois parties l'homme tout entier, il nous est impossibk de trouver k

5^2 T&AITé DB LBGISLATIOK*

cau8e de Faction qa'une partie do genre humain exerce sur une autre , à moins de la chercher dans des besoins physiques y dans des passicms^ dans des idées ou des jugemens. Il faut que nous trooyions "Sgalement y dans une d^ ces parties de l'homme^ les causes qui le déterminent à céder à Faction qui est exercée sur lui par ses semblables.

Je ne me propose pas , dans ce moment y d'exposer les causes diverses sous l'influence des^ quelles les organes physiques et les &cultés intellectuelles de Fhomme se développent^ ou restent sans développement. Je ne veux pas exposer non plus les circonstances sous lesquelles certaines affections se manifestent de préférence à d'autres; ce sont des sujets que je traiterai dans les livres suivans. Le seul objet que je me propose ici, est de feire voir quelles sont les causes générales qui déterminent une partie du genre humain à agir sur une autre, et les causes qui obligent celle-ci à obéir ou à se dérober à Faction de celle-là. Ce n'est <ju*en nous feisant de justes idées de ces causes, que nous saurons quels sont les divers élémens dont se composent ces puissances auxquelles nous donnons le nom de lois.

Nous n'avons la conscience de notre existence et des divers objets qui nous environnent , que par ce qui se passe en nous , ou par les impressions que les objets extérieurs ont feites sur nos organes. Nous ne pourrions savoir que nous exisr

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