LIVRE II j CIIAPIT&E YII, S^S
tous, OU que quelque chose existe hors de nous , si aucun objet intérieur ou extérieur ne faisait sur nous aucune impression*
Une impression qui ne produirait en nous^ ni plaisir, ni espérance de plaisir^ ni douleur^ ni crainte de douleur, serait pour nous comme non existante ; elle ne pourrait ni nous faire exécuter une action qui ne nous conviendrait pas, ni nous empêcher d'en exécuter une vers laquelle nous nous sentirions portés ; il faut, pour noua déterminer à agir, que nous soyons affectés ou par des sentimens agréables ou par des sentimens pé^ nibles, ^m
Chacun de ces deux genres de sensations se divise en plusieurs espèces; on peut en faire autant de classes que nous avons compté dans Thomme de parties diverses. L'homme peut être affecté dans ses organes physiques, dans ses sentimens moraux, et dans ses facultés intellectuelles.
On donne le nom de plaisirs ou de peines physiques, aux sensations agréables ou douloureuses produites immédiatement sur quelqu'un de nos organes matériels ^ par le contact d'un objet quelconque, par la jouissance ou par la privation d^une chose nécessaire à notre existence , ou par la lëaion de quelqu'un de nos organes. ^ M
On donne le nom de peines ou de plaisirs moraux y aux sensations douloureuses ou agréables qne nous ressentons en nous - mêmes ^ sans que nous puissions les attribuer à aucun organe particulier ^ et qui sont le résultat de TinïpressiDn
3^4 TBAITB ftB LÉOISLATIOK*
qu'oBtfrkeMr notre inkaginadon les objets exié» lîears^ teb que ks plaifliTS oa les Bouffiramces éprouvés par des êtres pour lesquds nous nous sentons de la sympathie ou de l'antipathie.
Ondonne k nom de plaisirs ou de maux iatdr* lectoels à ceux qui affedent notre intdligence : ainsi , la lecture d'un bon ouirage^ la recfaerdie^ Et surtout k découverte d'ime vérité^ k solution d'un problème diffîcik^ kréfiitattion d'une erreur dangerettse^ sont autant de jouissances qui sont propres à intelligence.
Toutes ks parties de l'homme ne fermant qu'un système^ agissent continuellement les unes sur ks autres; il ^i est de même de ses affections. Une douleur physique produit souvent une dou* leur morale 7 et une douleur morale^ pour peu qu'elle soit forte ou prolongée, ne tarde pas à produire des maux physiques. La douleiur que nous causent la perte d'une personne qui nous est chère, k perte de notre fortune ou de notre réputation , peut (produire en nous des désordres physiques assez graves pour nous donner la mort. J)e même , des douleurs purement physiques peuvent affecter notre caractère moral au point de k rendre méconnaissabk} eUes peuvent détruire nos espérAnceS| nous inspirer des craintes, affîdblir même les sentimens que nous avons pAir nos amis ou pour noa proches.
Si des maux physiques amènent souvent à leur ^uite des peines morales, et se confondent avec