CHAPITRE Vm
Des peines el des plaisirs phystqaes considérés comme élémeiii de la puis^juice des io\$.
Si nous observons quelles sont 1^ causes qui détenhinent une partie du genre hnniain à agir sur d'autres parties ^ nous trouverons ^ au nombre des principales j le dësir d'obtenir des jouissances physiques, et le désir d'éviter des peines de même nature ; c'est pour se soustraire aux peines qu'exige le travail , et pour obtenir des subsistances abondantes, des vêtemens agréables et des habitations commodes , que des hommes en possèdent d'autres à titre d'esclaves; c'est pour la même fin que , chez toutes les nations, ime partie de la population domine ou cherche à dominer sur les autres ^ et c'est pour éviter des maux physiques plus ou moins graves^ que les hommes désignés sous le nom de gouvernés^ de sujets ou d'esclaves ^ obéissent ou tendent à se soustraire à Faction exercée sur eux : l'histoire du genre humain ^ en un mot, ne se compose que des luttes auxquelles a donné naissance le désh* d'accaparer les jouissancejs physiques de toutes les
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espèces, et de rejeter sur d'autres toutes les peines du même genre.
Si nous faisions l'analyse de toutes les lois ^ nous trouverions que Taversion pour les douleurs physiques, et le désir des jouissances de inéme nature , sont un des principaux élëmens de puissance dont chacune d'elles se compose* Il n'est pas ici question d'examiner si cette double tendance est un bien ou un mal ; il me sul^t de faire observer qu'elle existe j qu^eïle est dans la nature de l'iiomme, et que , par conséquent ^ il n'est en la puissance de personne de la détruire* -M • • f-"
Les jugemens qu'on a portes sur les jouissan* ces et sur les peines de cette nature j paraissent cependant n'avoir pas toujours été uniformes chez tous les individus. Dans tous les temps, il s'est trouvé des personnes qui se sont fait une gloire de supporter ou même d'affronter un certain genre de douleurs , et de mépriser un certain genre de plaisirs j et ces personnes ont été généralement admirées. On est même allé jusqu*à réduire en système le mépris des sensations physiques, agréables ou douloureuses; il n'est personne qui ne connaisse les maximes des stoïciens et de quelques sectes de dévots , à cet égard. Ces maximes ayant été admirées par un grand nombre de personnes j devons-nous croire que les hommes qui ont fait à leurs semblables un devoir d'éviter les plaisirs j et de s'exercer à la douleur, ont voulu imprimer au genre humain un mou-
58^ TBAItB I^B UlGISLATlOJr.
vemeiit contraire à ml Batiure? eu font-^il considérer comme étant vicieux par hii-mème le penchant qui nous porte à rechercher ce q[ui nous flatte y à éviter œ qui nous bksse?
Lorsqu^un système est adopté par un nombre considérable d'hommes qui nWt entre eux au* cune liaison d'intérêt; lorsque^ parmi eenx qui Font adopte, il s'en trcmve plusieurs qui ne sont pas moins remarquables par leur capacité que par la pureté de leurs mœurs ; lorsque enfin ce système passe d'une génération à une autre ^ et se rencontre chez des peuples qui n'ont entre eux aucune ressemblance y et qui paraissent même né pas avoir la même origine, on peut être assuré que, si l'ensemble n'en est pas vrai , il y a du moins, dans le fond, des vérités importantes qui frappent les esprits, et qui les empé* c^ent d'apCTcevoir les erreurs qui s'y trouvent mélangées : tel est le système qui fait reposer la morale sur le mépris des jouissances et des douleurs physiques, système qui a été adopté par des dévots et par des philosofdies, qui a été admis parmi les peuples de Fantiquité comme parmi les modernes, qui se trouve diesles Asiaftiques et ckes les Européens , et que mmis rencontrons jusque chez les sauvi^fes.
Nous admettons, sur nos théâtres, qu'on nous représente d^ personnages heur^ix par leurs jouissances mmvles : un père qui retrouve des enfttns qu'ils crus perdus, une mère qui jouit du bonhenr de sa fille, un amant qui retrouve
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M maitreaae^ nous inspirent une vive sympathie; nous prenons part à lenr joie^ comme nous avons pris part à )eurs douleurs. Nous ne snp* porterions pas des personnages qui ne seraient heureux que par leurs jouissances physiques ; quelque vif que fut le plaisir qu'éprouvât un héros à faire un bon repas^ à savourer des mets exquis, des vins délicieux, nous ne saurions prendre part à 9e$ jouissances. Le spectacle des plaisirs physiques ne nous semble tolérable que lorsque ces plaisirs sont produits par des causes qui nous paraissent, en quelque sorte, immatérielles ; un air pur, des odeurs suaves, des sons harmonieux. ^
Nous mettons la même différence entre les douleurs phy^ques et les douleurs morales. Nous prenons part aux douleurs d'Ândromaque, au désespoir de Clytemnestre ; mais une héroïne qui se plaindrait de la migraine ou d'un mal de dents, ne sanrait nous toucher, quelque vives que fussent ses souffrances. Nous n'admettons qu'on nous représente des maux physiques, que lorsqu'ils servent à rendre plus graves des peines morales; telles que des blessures qui mettent un homme dans l'impossibilité de porter des secours à son fils ou à son ami, ou de repousser une injure. Nous admettons aussi qu'on nous donne le spectacle des douleurs physiques , pourvu que l'individu qui en est affecté, les méprise et les compte pour rien; le Romain qui place sur un brasier la main qui a manqué l'enr.
nemi de sa patrie^ nous cause de rétonnement et de Tadmirationj si cette main était brûlée en vertu des ordres de Porsenna^ et par les soldats de ce prince^ un tel spectacle ne nous causerait que de Fhorreur. Nous admirons le sauvage qui, au milieu des tourmens, brave son ennemi , et l'excite à la vengeance; mais il nous paraîtrait un monstre, s'il bravait les douleurs morales comme il brave les douleurs physiques ; si , au spectacle du supplice de ses enfens, de sa femme ou de son père, il manifestait les sentimens qu'il témoigne au moment de sa propre destruction (1).
L'admiration que nous cause le mépris des jouissances et des douleurs physiques, ne peut être un effet de l'éducation et des préjugés par-
(i) Si nons n'avons pas la même sympathie pour une personne qui éprouve un plaisir ou une peine physique, que pour celle qui éprouve une jouissance ou une peine morale» il est aisé de voir les motifs de la différence. Un plaisir physique ne peut se répandre hors de l'individu qui réprouve ; on peut jouir de plaisirs de ce genre, non-seulement sans que personne en soit plus heureux, mais en faisant le malheur d'un grand nombre d'individus. Une jouissance morale ne peut, en général , exister qu'autant que plusieurs personnes sont heureuses en même temps; il faut, pour qu'elle soit réelle , qu'elle soit produite par des affections qui engendrent des plaisirs pour d'autres personnes. Les peines et les jouissances morales sont plus sociales , et appartiennent plus spécialement a l'hoinme. Les jouissances physiques ten^ dent plus à l'isolement relies peuvent être le partage des animaux les plus solitaires et les plus grossiers.
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ticulier» à un peuple ou à une époque; car nous la trouvons chez toutes les nations^ à tous, les degrés de civilisation^ et sous toutes les religions. Nous voyons que^ dans tous les pays, le moyen le plus infaillible de gagner la confiance et d^ezci^ l'admiration de la multitude^ a été d'affecter du mépris pour les plaisirs et pour les douleurs physiques^ ou jAéme d'éviter les uns et de courir au-devant des autres. Plusieurs prêtres de l'Inde s'imposent volontairement des privations et se soumettent à des peines qui nous paraissent excéder ce que peut supporter la nature humaine ; et le respect^ la vénération qu'ils inspirent^ sont en raison des jouissances qu'ils se refusent ou des rigueurs auxquelles ils se soumettent.. Dans la religion chrétienne, on n'a mis au nombre des élus que les hommes qui ont renoncé aux plaisirs des sens, et qui ont su braver la dou* leur : jamais l'église de Rome n'eût placé sur le catalogue des saints le nom d'un homme voluptueux, cet homme eût-il été le bienfaiteur du monde. Les stoïciens ont, en général, condamné les jouissances physiques, et recommandé le mépris de la douleur, avec non. moins de zèle que les dévots; et si les philosophes modernes sont, à quelques égards, moins austères , ils ne méprisent pas moins les hommes qui se mon^^ trent passionnés pour les jouissances de ce genre.
Sur quoi ces opinions sont-elles fondées ."^ Les douleurs physiques seraient-elles de leur nature
386< THAITÉ DE LiGISbATUnr. ■
ntiUfii ^Uigenre humain^ et £aôdraif;-*il dire^ avec' quelquai stoïciens^ qu'elles ne âontipoint un mal? Le». plai8ir$:deniém6.68pèce.8eràkait-il9^ poreuxmêmes, péc^Hement funeistes^ et faudrait-il ne pas les éjdnaidwer comme un, J^ien? ;
Nousddvam observer d'abord' quci, quoique' les homËnes^^ en général^ manifeâ|;éftt de l'admis ra'tioB pour ceux de leurs semblabléCqui méprisent les 'douleurs étales jouissances physiques y la tendanoe universelle du genre humàiôisst d'éviter les prennèret^et de rechercher k^ secondes. Par-" tout^ les Jumimes'ta»}<ntàtse garantir du firoid, de le.£sHm ,.- des maladies ; pàrtput ils aspirent à obtexiir dc^ habitations commodes, des alimens saina.et alH>QdaQasv, et des vétem*ens chauds ou légers^ aèlon la saison! ou la^climat. La tendance dea.faonmies qui bonoirent Iç plus le méptia des plàiairs>et des peine$, n'est pas moins forte que ceBe (ite tous, les^ afutres.
Nous- devons observer, en S€f6bnd1ien,,que le mépris dés peines. et des pla^irs physiques lie nous, cause ^le l'admiration que lorsque la per»sonne qui l'éprouve, ne l'^l^^d pas aux peines et aux plaisirs physiques àeè autres: L'bommèqùi, après avoir admis en principe que la ddideur n'est point un mal , et que nous devons & mé^ priser, en tirerait la conséquence qu'ilpèut teiastei* mourir de feim ses en&ns ou sa feimnie, ne serait admiré par aucune secte philosophique ou religieuse. On n'admirerait pas davantage celui qui se fonderait sur son mépris des jouis^nces phy-
Hqvxf8jy potir privtep de pltidiriB 4e ce genre- le$ penmmps'Sttr le sort desquetea il aurait quelque iûflneiice. '
Si te peuples in>A'ôYSeiit lèâ kèûiineft qM tnë^ prisent les douleur» physiques y fld hônoréit encore plusiiéuic qui les ^R .délivrent i Vki sâ\ivagé doit 8avôir><}tias9itér dans les tduÉUiénS et nitfilnt^ camm^ud hùmnè\ pouk* être ^dilaiiré niékibé de 9e» cfimeûM '^ ivcMÀ il lei*a bien plus admiré / si > par M T«Ieu»y i[l présert^ dtt>mppilice que^q^'unr de lies coûypagnoïES. (Jn feoti^Àie ^pour obéir aux préceptes de sa reiigioû > doit savoir supporter la faim et^la soif ^ él niéf^èer )èè' sensuîËlités'de tous lies geii|:es i ^ais* ii s^era {brt àpp^outé, même dana » vi^gioû ^ s^it doï$^ & manger à ceux qui ont faôsn V à bsôîre à ceitt qui om iÈtAÎ} * ->
Il n?y "â rien de contradictoire dans ce* deux opinions •? Tunë est y aU: contraire , une coiisé-l quience de-l'aufti^e. iHotis «voulons qiïe nos sëfai-' blables mépri^ieut les doiiiléu)*^ qui nfattèi^ënt qtf'mut) afin qu'ils fo^n^fifènt-fe peine de noué àêlivrer de celle» qui pàivênft toitober sur nous.' Nous Toulons qu'ib mjéprisent'leë jouissances tjpjî ne Mrêieirt sentîtes^' què'^^ar eux ^ ^n que notice part soit un peu ^\iè grande» Nous consentons à leur payer en estime les peines qu'ils prennent §( notre senvide^.ou les plaisirs-atixquels ils renon^ cent pour nous obliger. Il résulte de cette double disposition que y chez aucun peuple y ni dans aucune 9ecte , les peines physiques n'ont été coilsidérées comme désiraUes en elles-mêmes y ni les
S88 TBAITB BB LÉGISLATIOU.
jouissances de même nature comme étant essen^ t\ellaaient funestes. Il ne peut donc être question que de rechercher quelles sont les circonstances qui ont influé ou qui influent encore sur l'appréciation des unes et des autres* On va voir que l'homme qui se trouve ^lans la position Ift plus heureuse 9 est en général^ celui qui peut avec le plus de &cilité remplir tous les devoirs qui lui sont imposés. D'où il suit que lés nations les plus mi^éral>les sont généralement les plus vicieuses^ et qu'un état continud de souffrance est loin d'être favorable aux bonnes moeurs.
Un homme qui serait destitué de toute intdligence et de toute affection^ et qui posséderait une grande force physique ^ n'en retirerait aucun avantage. H ne sufBt pas > en effets pour agir avec utilité, de posséder de la force ; il &ut de plus un désir qui lui imprime le mouvement, et une intelligence qui la dirige. De même , celui qui serait pourvu d'intelligence et qui éprouverait des désirs, ne saurait par lui-mênie exercer aucune action , s'il était dépourvu de forces^ s'il n'avait aucun instrument pour exécuter ce qu'il apurait conçu et désiré. Or, les premiers instrumens de l'honune, ce sont ses membres, ses organes physiques ; et plus ces instrumens ont de force, de souplesse, d'agilité, dé perfetion en un mot , mieux il peut tirer parti de ses &* cultes intellectuelles et morales.
Un > homme doué d'une bonne organisation phpique, a sur un homme mal constitué, toute»
LIVftB II, CBAFIT&S tlll. 589
dioses étant d^aiUeurs égales y une multitude d*avantages : quel que aoit le genre d'occupations auquel il s'adonne ^ il peut travailler mieux et plus long -temps ; s^il est ouvrier ou artisan^ il fait plus d'ouvrage , et le £Biit avec plus de perfection; s^l en militaire^ it supporte mieux les fiitigues de la guerre , commande avec plus de jBAcilité , attaque et se défend avec plus d'avantage ; s'il est artiste , ses organes ayant plus de %souplesse^ plus de délicatesse, il a, par cela méme^ plus d'habileté ; s'il est savant ^ magistrat , il est capable d'une attention plus soutenue, et la fSftculté de supporter de plus longues fotigues lui donne le moyen de se livrer à plus de travaux, et de fiiire plus de procès ; enfin , il peut rendre plus de saridces à sa famiUie^ à ses amis , à son parys , et par conséquent à lui-même ; ayant plus de confiance en Im, il en inspire davantage aux autres ; la sécurité dont il jouit se communique à ceux dont l'existence repose sur la sienne:
Ski» une bonne organisation physique ne peut «^aoqiiérir et se conserver par une continuité de iprivations et de souffirances ; elle ne s'acquiert iqU'Cn feisant usage- d-alimens sains et abondans, en i^espirant un air sriubre, en se mettant à Pabri des eabcès de froid et de chaleur , en ae Kvrant à un exercièe^ddérév état jouissant de Ik sécurité ptMir soi-mèm€f et poui" les personnes auxquelles on^â^jnténsMe, en accordant, en un mot ^ à la nature tout ce qu'dle demande pour développer liM 'forcés, ou pour les réparer quand elles s'é«-
puisent*. G'c3t (^^c p^r ui^e çoh\iijm%^ de joiùsrsaojces physiques qi^e l'hoinme d^ve^ppe »9s qrganea., qu'il leur donne la peffçp%if^ïï d<mt Us ^oqt susceptibles, et qu'il met au s^rvicQ de son ÎQtieUigepca et dç ses &eultés.,mos:4c)3 ries 4i^tr mens .qui peuveurf leur dDafierl^-ptit^ d'ui^iité. Pllis )/es ,orgsuies physique d'uUf^jii^îyidu imt reçu de perfeçti^p[> {^^^ les jquàif^pfw q^i nmsh senjt de }a satis£^f;ion. de ses. beB^ips Anjb de vi vft* câtç; et,d'up ffitrçx^qté^plosU^^t^f in dajtfs ses jpuûis^G^s ,.p^îLoQQ|@pVB Jf^ji^çultéde Jljçs renouveler. Il ari^ve ^9^ q[tîe <iel»i dop^t tes prgaues put reçu Ip pljisdA-pjçrJge^i^fi^^trciul les a^ops^vçs le mieux ^t le. pU»^Ip»gr{tW>p^î>:c^ jw^x ,qe|ui€f ui, k\on% ^xm^K^^ ^jfppy^lWiQrtime jla p^us poj>sidéFaJ]ile deJpi|i£ga|^Qeifr,ipi^ysi|^U^/ ^ . Si les cau«e^ qui jjrp^uiftçpt ^ jqui.i^oBSçryeBt .^nëboJpl^e .org^qisaiiQjx^i;sont( fA ^fd^Pf^itemtMS prodiuctiyeis (de jouissan<5Çftf^le« «^seg«qui,paf(^ duisent ui]ie;4roi}j$ti(.iitip^ i^l^p«i')^«QÎe^Qy W!lt HussLprodqçtiy^s.d? doule^rs^ <ïipf hémmiA qui spuffre Jbalfitu^jlenjp^t, d^ lari$pît/^itr)dé Jftj|wm , qufne-fÇi flpufrrîtqMVd-aïWWMfw^l^ïi^ pesjiure un jap^ix^safeferfli.iipiije^^ des «çifçèsdejFrpid j ^jt.^^^^t #f dâ^;Qitt^:de»«h9r j[eurjj,,flfBi 4)9sse ijk^vnjpii^cswi^afc d'sbe. :Qi»^té ^bsglue à; UR u|(,^U:,e^çf^i£<, Ae^^^ie^; qi^av^ir ;ime coii^liitutio^.l^lei etwétrej9m9liiÂda;:oai]^ fluelles,^Ottffrft9cest i|4e»; ,9Jjê8i^. siWÉIr^tli le ipiit soufffTijIerfqnt d^p^ii?y ^t,U')a'f»t»pftf :pl»« ppssible de réparer le dépërisc^pffmt ^ Ifiidmfr
leujr^ <}ue de rwdre Tepet inàèpendam/de'fe '^v^. Ikm liontinuit^dé soi^frànoeg |plvy8iqu68 4)riOduît)doac rafifltibliaBcm^ de nos brganès^^ /cpwmela'c^taiti&uîté'dii' ^M«nt^te\|ea .pro^U'^4^ déiidioppoiBieiUi. A mesure qù'ik* s'at&îl^isseilt ^u; sQ,dégridid/ekit/ la ivwacité des senjsations Vilfûblit V ^ Je Bombce dé ^ety icés que rindmdu fueuf rc^idite doeroît dans k même proportion. Ilrtoit dexlà que plus? ualimmne B'ébé assailli^ fÉindasit le COUPS de sa Tie/jie priratioas -cirxie dfniiileiuis^jsiquiBS^ mjdinsilft'inisètrè'iitiid'à^ses tombl]ible$;râ:.s^cn suiic enpotretqae pinèdes Mdi- Tiditafloaitup pfiiîple9e:€oinpÔ8éderâeniteiiii/!)ûfl^ ;séraUes:/pliis ^ils^ se troyvci^ ûfol^^les * uns des <aûtP€b 7 it > on peut dire* des^ notions cèr^iie }e dis
^Buisquç^Jft^ondnuité d» hien^^étre physique accroît les nioyens-q\ii8possède'unhoiiun;ê d^èlàf^e mtik à^.$easdiliUès> et pi|îsquelàs:douleuri du J¥lébi!p gmré a^fattblissentQesinioyeDff/camtâem ^trril mn^mqfà» les peuples ont hoAoMdiè'iKMII*
]àKMéi\A lîoijtliMiifSAK^aiepiHils pow wAf9ffeXïGti qui fKrûdiii]fr.la'dëgradation et lai de^ •cndeiici^diirgjénrè humain?: ^ ' " ' " > J >:j(%aei7oné il'àB^rd ^piey r>ehez fucunrpeople, 40a^ apeikM xieii;giqn.^i dfm^iaùèiiiièrseite /ôÂ'i^ A^iQill lait.i^ fkyoird'affrMteF toute eipèe« ûe cioulQu'eiiphysiqnes.IJii isidtvkki jqlii éé livlrêkit h Vkïtimpmioet idâq^I'espàir' id^é^ lôupiiieiité de jf fp)Utteiflw:{br;iindpiscip jmiiçsy qui se^^uf-^
5^a ^ TRAITÉ SB LioiSLAnoir.
chargerait l'estomac pour se procurer les sonffirances d'une indigestion y ne serait un objet de vénération pour personne. De même on estimerait peu une personne^quis'exposeraità une souf- .france physique dont il ne saurait résulter aucun bien pour personne. S'exercer à la douleur dans la viie d'apprendre à résister à des tentations fiKsestes^ ou de s'exposer à un grand danger pom* Fintérèt de nos semblables, est un exercice hoxioralde j mais s'exposer à la douleur pour ellemême y est un acte d'insensé dans tous les pay&.
Les hontes sont particulièrement diisposés à iionorer ceux de leurs semblables qui méprisent lo^douleursphysiques, dans trois eirconstances : dana l'état sauvage^ dan& l'état de servitude do*> mastique, et dans l'état d'asservissement politique.. Lesmêmeà causes produisent/ dah^ cea trois. étata, des e£fets semblables.
Dians l'état sauvage, les hommes ne peuvent se conserver qu'en se soumettant à des peines continuelles et à des travaux exceissife, et en se rendant terribles à leurs ennemi». Pour se procurer leur subsistance par la chasse M la pècbe^ surtout dans la mauvaise saison , il Bsiut qu^il^ se livrent à des fetigues et à.des douleurs sans mesura^! qu!ila. poursuivent le gibier à travers des foitêts impénétrables; qu'ils prennent le poisson dan« des laes. couverts de glace , et quelquefois qu'ils restent, pliisieuus. jours sans subsistance'. G^uiquisuppbrte alors lepliis aisément la lâim et b faitiguj&^ et qui peutpourrarvre m proie
^yee le'plos decoii9fance^ doit être nëeeasirirenient lé plus honoré. On eêtime en lui deb'^^M-lilés qui le préservent de la deM^niction ; eavoir choisir > entre deux tmixi ^ eAm qui e«t k mmrà funeste^ quoiqu'il soit le plus prodiainy est^tiA acte de sagesse. €'est d'âpre» la inémerèg[lê qu'^m estime eëhii qui^ étàait pris parles enheînis^ montre le plus de courage dans les tourmens : sa fei^meté devient la sauvegacdevde ses cômpatriotefl^ en de^eciaiit un; objet deterreur pour ceux qm assistent à son supplice. ' ,
L'esclavage domestique produit^ur les^homfiies qui sont asasrvis y un e£fet analogue à cefaki que produit ^or les sauvages L'état misérable dâ^s lequel ils vivent. Obligés dîexécuter.des' travaux dont ils ne peuvent pas: ewilUr le frujt ^' livrés sans défense à l'arbitraire et aux caprices de leur» maîtres^ il ne leur reste qu'un, moyen de conserver quelque indépendance^ et de goûter quelques plaisirs fugitifs^ au milieu des calamités qui les environnent : c'est de se montrer insensibles à la douleur^ et de mépriser la mort. L'esclave qui voit dans sa propre destruction un moyen de s'a£Eranchir> se sent protégé par l'avidité de son maître ; aussi les noirs , que les chrétiens d'Europe tiennent enchaînés sous les tropiques y montrent-ils y au milieu des supplices, un courage qui excède même la cruauté de leurs bourreaux.
Les mêmes dangers et les mêmes besoins dé-^ veloppent des sentimens semblables^ sous touji^
les gou¥6m^Kieii^4^spotiq«e«. Savoir' «cnsd^rir. et iiMwér;> ie^'ia ,(]yEtrmèr(i)y^tii: qui liestti à des ^PWBiç8 atf«e]Erm$; et : adus «pielquf 'locme qpie Jf Ai^TsIige )8Îé^li^ ^ jg^ette: vtrllu se i déyeloppe. l4e&: J¥>jq»liiiG|8.^(»ii]i^Qilent tov jours :Ieu79 ^cnui-
Mvéd^itiàtiier djeicejttèppttticbDLlepaorli lemoi luâiivaU 'pofiflîide. Tantiquç les Aomaixiis; forent l^airâfB^ftlifarea^ hd vekitt;fM(de yâmcrb des fieur fi^/y 'et; d^rid9ir)iari«pulUiqiiB delearé de^ pouilles; quand ils furont'l^ lesdvéfe de leurs ^emperefars^^.ouV pom^'mfétBDdîrty ^deleors aflo^èUt^ âi|u'Us3i6{pùrienA'ë<^pp«iAiix.B^ «q^ie^dbspQtiaiiiSià^^ fint^ebi»!^
ift t.doideuh/fiii démëpmer des. plawrs^ fier H- ^ifaeéàef, qui leut'jé^itBp^^
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i : , : . CHAWTJiÊ IX:
Des doctrines des stoïciens sur les plaisirs et sar les peines. — >')!!<? ^ Smiir ^è'Didsroi et >dj9 Benth&i^i. â èë to^^
iki ai acqiad fes i stôïoienB ide nf avoir ' eofidnmiié lestplaîdirs^ et) jlftinTaYÀiV jiiép pmes qtîe
par^eimfii «: lymiiienit^ dk Diderot l'intoIéliâffiGiB >4es MoitiBm? ^Bela^mâriielscnxrpe )(|[ue>tël}0^c» idéVâte aouEltéa ; lilai 'opD'dâ Ufatipieilr fNip'de' qu'ils
é^v^&k^ïàil'} ia'ibf ^ivûulsfi^nlijs'intérirogëui ideibdhikB ,|(]ri>wjtdbLjifiiQef]u'ils/port€astTà'c^^ pvdfea-- -^^if t(mip>i»0^\itéjKiQiiift awibre^ likîs'àrYqAetiBâeiit
W^ififfr/ennim^y!^. et] qm^ilsbimt -sôntr nquerdit,^ sans ^l^op^Ç'awrffQQOmpwseacqut lesadëddmma^aa'de
tSido|^téf^f pftr jgfii j^yAbt(fikik0iJbe,(^) ^ )îe)ife -puj»
CiàjlcMi'd'illtÂfilie^ m« fibrté'idmfîe' au2rpli|iffitted'(àn^ toio^. j ; jFifj^Qtèt^ ï^Bmx ^ if^bks : Id'iEpa^bsrcHiite^' ^
(i) Diderot, Vie de Sénèque.
(a) JérémieBeqlit)imy^TjDiiltH«^l^g»lMièlb.>/('Mi 'i
396 TRATtÉ ÂB LÉGIBIJlTIOF.
Marc-Aufèle aux jouissances de^ Yîteliîu». Les stoïciens ont mesuré la valeur des peines et des plaisirs physiques exactement sur la même échelle que nous les mesurons nous-mêmes^ et Tordre social dans lequel ils vivaient ^ est plus que suffisant pour rendre raison de leurs doctrines* V .
Quelque sanglantes qu'aie&t été lesréirolutions et les guerres qui ont eu lieu chez les modernes y on se ferait une &usse idée de Tordre social des ;iQaieBS> si Ton jugeait de leur âM par le nôtre. Baqs les. guerres civiles^ la victoire d'unefaotion livrait; le parti vaincu à une destruction; presque xônsiplète : les plus faibles étaient bannis ou mis à' mort par les plu& forts, et leurs biens étaient ^-cbn^aqués; souvent même la veogesnoe^étmidait^rurf la famille entière^^ sur les vieillards, les -en&n^ et les. femmes/ «> Nous avons parmi nous, diffiit^Appîus ClandiusausénatdeRome) <mi parlaiit delà pèpi^ion qui s'était reti^ de k ville; iious.aii^otiSiparmi nous^ des gageSvèfttiappartieniàeaÉf^ux: rebdles, et nous ne pouprioôS ^^ souhaiter de plus précieux. Nous soi|ti)ites maîtres cie ;l£airâ>fniifnés^deleuvs pères pt mères et de toute fleuf )posjtérité; )il n€ ^f ïldra qu'à aqMi d^ lès fé^n^ktA&i- Ifsuo : présesîtey : s'ils obf^ Tateidace d^ 4io!taii2dlisupi€r6jet*âeieuJ['sfoîrè c^Âàitre^qu^ils .diiiiiBnt!s}at|lîid]jdre^i^ à un ^ireil traita
ment (i),))Ce n'étaient pas là de vaines menaces,.
LHTBB II 9 GHArrras ix. 597
c^étaîent les maximes du droit public des peuples d'alors (i).
Dans une guerre étrangk^^ la défaite feisait des vaincus la propriété des vainqueurs ; elle livrait les villes au pillage et à l'incendie^ les terres ^ient confisquées^ lès femmes^ les enfians^ les vi^ards étaient emmenés en esclavage et vendus comme de vils troupeaux^ sans distinction de rang^ ïii de condition. Le savant n'était pas moins exposé que l'ignorant : Platon pouvait être vendu àcôtéd'unemarchande d'herbes, et Aristote figurer dans l'inventaire avec un marchand de poissons. Les dangers auxquels on se voyait exposé, s'étaient surtout multipliés en Grèce, durant les guerres du Péloponèse, et dans les troubles civils qui les accompagnèrent ou les suivirent. Ce fut dans ces circonstances que naquit la secte des stoïciens.
Les mêmes circonstances qui l'avaient produite
(1) Lorsque le sénat envoya des députés i Marcius pour l'exhorter à ne pas faire la guerre à Rome , ces députés le menacèrent d'égorger à ses yeux sa mère, sa femme et ses deux enfans. « Si vous assiégez nos remparts , lui dirent-ils on n'épargnera personne de votre famille ; il n'y aura point d'opprobre et de supplice par on où ne les fasse passer. » Denys d'fiblicamasse , liv. 8^ $ 28. ^
Lorsque Cassins fut mis à mort conune ayant aspiré i la tyrannie , ses biens Iprent confisqués , sa maison rasée , et il fallut un décret particulier du sénat pour exempter du supplice ses jeunes enfans; jusqu'à cette époque, on avait égorgé les enfans toutes les fois que les pères avaient été trouvés coupables. Denys d'Haliearnasse , liv. 8, $ 80.
5^ XAAITli' J>t' LÉGISLATHMIj
en €rirèoe)!)èn firènf {ùlopte^lniDaKÎiiieftà Rome. Quel est^ en effets l'homme doué de quelque ^revojcâace^ qâi:i]f)Oikvait çraireÀ la< sûreté de^fôrtute^ àe: «ar&n^iUey.de sa Mki^ içu Sfsulemenide sa réputation; ijpirèskâ ^rosoipiipnsdeiHarius'y d« Sy|l9^4éftlviiiiJivm!^et'ajpm ^eft»yèg)BesideTibèr& et de Néron;! ^Tous les; géniM de maiil étbyt' de^ vcbiusiiraisemblables, ilâdlfit^ préparer à totts^ pour n'étire .ni jéuDprisy maccabliv iLfsUàk firé^ ydbriWI; la;ecNnfiqcadiony laperte dé ssi £aa^A)le et ^pmacnfistion>ëo»c^letôa prévoit les ëttéiie-^ mens l6S)]^bs(SmifdeBj'dansileebu][ts> oriclinaît^ delà vie, «d Si' j'aime mon'cofpsy'^si je suis attaché k mon bieni^ disaitXpictètè, ilû^vèilà esclave^ j^ai (aitGomie&tMpttrotti]ej{miséf)^ )^LesSfoî-'.
ciens ekhùrtaieiit les sujets des di^spotes à ne pas' être ^rayéâ dés msoix qui les4tkénaçaient;'m»is ils ne disaient pas aux tyrans que l'exil ni la proseripdon n'étffient pas un mal.
Les religions qui font un précepte du nlépris de la douleur, et qui enseignent à Thomme à supporter les calamités qui se multiplient sous les mauvais gbuverneinens, se sont également formées dans des circonstances ou J^es peuples avaient à lutter contre des calamités tqu'iln'étail pas en leur puissajtice de surmonter/ Il y a , entre un grand nombre des maximes du christianisme et les principes des stoïciens, une identité parfaite, et il faudrait nous étonner qu'il en fut autrement^ puisque ces principes et ces
inaxinieB i rât pris naissai^ce à Isù mèmei ép9qae> et ont é» adressés aux tbèmesihombcs. i
Le mépris ' êm dotilepré ' pàysî(|iit9s n'A donb jamads tétë unimotCf d'èstiixiev <|ae pwpe qiief lèer hommes* oàt tmpavs eii poifri la douteur ime avet^ion nxviiieib^. Toutes les fois qo'qn hoenmcf s'estwtrounré pbçé enlve deux^ soiimiés ide mmà paiement ii^itafales^ et quHl a éotmé h:pté^ féirence à la sbmine la plus petite y' quâ^ué'là phis prûdmine^ }1 à été hoiioré par ses; semlùla-i blesvOna égalepienthbtiotié' celui qui, fie^pou^ vaht déKwer ses semblables de certaine cah-fmitéé, leur a enseigné le ml>yeii de les adotidrl mais lé principe de (et hoiibeiir a été, non fâ^ meut» de la Couleur , mais l'aversion qu'on a eue pour elle. '
ï^a même eapise qui rond eétU^ablies 1^ liotnmes qui inéprisent les ddblèùrs physiques, fstU honorer ceux qui méprisent les plaisirs de même genre^ Ce mépris peut avoir élé porté jus(](u'à l'excès ; oni peut en avoir mal eitposé la cause:,' maïs il a en un fondement plus solide que Fehvi<4 ou la jaioûsk, auxIqueUes On Paâttribuéi >
Nod orgamesne peuvent se développer, ae-^ quérir et conserver le degré de pei^fcction' d<mi ils sont susceptibles, qu'autant qtie nous sâtis^ disons les. besoins qui sont (feus notice propre nature. Nous ne pouvons nous abstenir de satisfaire ces besoins , scÊfis quHl en résulte dies souf-* £ram:es; et il nous est inrpossible de les satisfeire
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sans que la aatisfiaction produise des jouissances. Tant qu'un homme se borne à des jouissances de celle nature^ tant qu'il ne se donne que les plaisirs qui sont nécessaires à son développe* ment ou à sa conservation, ou qui du moins ne peuvent pas y nuire, il n'est point un objet de blâme, si d'ailleurs il ne nuit à personne. L'antipathie commence lorsqu'il veut renouveler ses jouissances sans attendre que les besoins se renouvellent , et réunir, dans le phis court espace de temps possible, les plaisirs que la nature n'a voulu nous donnar que par intervalles et en les répandant sur le cours entier de la vie. On le méprise ou on le hait , non parce qu'on lui porte envie, mais par la raison qu'on le considère comme un insensé qui se détruit et se rend inutile à ses semblables , ou parce que les plaisirs qu'il se donne sont achetés par le malheur d'atttrui.
L'homme est un être borné dans les douleurs qu'il peut supporter , et dans lés plaisirs dont il peut jouir : lorsque les souffrances arrivent à un certain degré, il meurt ou devient insensible. Les jouissances produisent sur lui un effet semblable : lorsqu'elles ont un degré d'intensité ou de durée que ne comporte point sa nature , elles le rendent insensible ou le détruisent. En réduisant à un espace 'de temps très-court, toutes les peines qu'un homme est destiné à éprouver dans le cours d'une longue vie , on lui donnerait probablement la mort. Un homme ne ruinerait pas
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moins sa constitution > s'il voulait, concentrer dans un espace de quelques jours ^ ou même d'un petit nombre d'années, toutes les jouissances qu'on peut se procurer dans le cours d'une longue vie. L'art de distribuer les plaisir^ et les peines, de manière que celles-ci nous a£fectent le moins, que ceux-là se prolongent le plus, n'est au fond que l'art de la morale.
Lorsque des jouissances trop vives et trop souvent répétées ont usé les organes , on ne peut leur rendre la sensibilité que par des moyenis artificiels et toujours nouveaux; alors, les besoins n'ont plus de bornes, et les plaisirs d'un individu peuvent œiger le sacrifice du bien-être d'une nation. Un homme que les jouissances physiques ont usé , n'éprouve plus de plaisir à satisfedre les besoins les plus naturels ; il ne peut plus être ému que par les moyens les plus énergiques : pour éprouver quelques sensations, Tibère a besoin des débauches de Caprée, et Néron, de l'incendie de Rome.
Cinq cûxonstances peuvent concourir à déterminer les hommes à concentrer, dans l'espace de temps, le plus court, le plus de jouissances possible: i^ l'oisiveté d'esprit et de corps, qui fait un besoin continuel de sensations physiques 3 â** le défaut de développement intellectuel, qui ne permet pas de voir les conséquences éloig^ée$ des actions auxquelles on se liyïie;. 3*^.. l'absence d'affections bienveilligal;es,,qi^i empêche de,s:'imposer aucune privajtion dans l'intérêt de ses sem- 1. 76
blables; i" des richesses ou une puissance qui donnent le moyen de se livrer à toutes ses passions^ en même temps qu'elles dispensent de toute occupation; ïfi enfin, le danger continuel de perdre la vie ou la fortune, danger qui peut ne pas laisser le temps de profiter des privations auxquelles on se soumet.
Presque toutes ces circonstances se sont rencontrées, lorsque des doctrines des stoïcien^ et celles de certaines sectes religieuses se sont répandues. La multiplication des esclaves avait rendu odieux et vils aux yeux des hommes libres, tous les travaux qui n'avaient pas la domination pour but ou pour résultat : le travail de l'homme sur la nature était exclusivement abandonné à la population asservie. Lorsque les Romains n'eurent plus de nations à combattre, et que la république eut été renversée, il ne reéta pour la classe des maîtres, aucun sujet d'exercice phy-* 9ique ou intellectuel. Les hommes de cette classe ne purent plus sentir leur existence que par une continuité de jouissances physiques.
Il ne feut pas juger de l'intelligence des peuples anciens par celle d'un petit nombre d'hommes extraordinaires qui parurent à certaines épo* ques , dans un temps surtout où l'imprimerie ne donnait point aux uatic»» les moyens de s'instruire. Si l'on excepte les connaissances relatives à l'art de la guerre, il ne pouvait exister une nation plus ignorante nî plus superstitieuse que la population romaine, mên!fe dans lies temps les