‹ Traite de legislation, ou Exposition des lois generalesChapitre 65 sur 69 · CHAPITRE JXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE JXI

9e raclion de qaelqnes-imes des lois inhérentes à notre nature^ et des conditions de leur efficacité.

FïousL avons divise les habitudes bumaînes ea deux classé» : celles qui sectt fovorables à l'humanitë^ et celle&qui lui sont funestes ; nous avons vu que FaetioB de Fautorité publique peut être appliquée à seconder un^certaânr nombre des premières comme à seconder im certain nombre des secoAdes; enfin ^ nous avons vu. qu'il est des^ ac-r tions utiles au genre humain que Tautorité pu* blique ne peut paaexiger> et des iM^tLons- funestes qu'elle ne peut pas réprimer^ sans produire pW de mal que de bien : ces dernières, se troui^ent en dehors de l'autorité des goq vernemens^ et restent dans le domaine de la. morale.

L'habitude du travail par exemple^ est une des plus utiles au genre humain; elle est une des principales causes de nosprog^èsv L'habitude de l'oisiveté es-t^ au contraire ^ essentiellement funeste; si ceU^-<^ l'emportait sur celle-là^ les nations les pliis florissantes touJ^eraient rapidement dans |a décadence^; Un gpuv^nement ne peut cependfint exercer .aucune, action directe sur les citoyens pour ka obliger à travaiUier.:.

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s'il voulait les y contraindre par des peines y il serait dbligé de les traiter en esclaves; sî'il voulait les y déterminer par des récompenses^ il ne pourrait donner que ce qu'il aurait déjà pris ; le découragement qu'il produirait d'un côté^ serait plus grand que l'encouragement qu'il donnerait de l'autre; il lui serait d'ailleurs impossible d'avoir une mesure exacte d'appréciation y soit pour les récompenses^ soit pour les châtimensi •

Si le mai qui résulte d'une action funeste^ tombait immédiiitement sur la personne qui s^èn r^ml coupable^ et s'3 se cOnê^itrait tout entier sur elie^ <ib aurait peu besoin d^V^n <Mcupér ; il serait sur-le-champ repoussé par le besoin que chacuu éprouve de vcïller à sa propre cêuiBerVation. S serak également inotflede s'occupe^ 4es actions productiques de bieii^ si Teffet suiiviit'imméditftemMt kl ca'tièe^ ^^fpet e^c^ie eonéeutrait entièrement sur l'auteur de l'action. Il n^a pais été plus nécessaire de &ire des lois pour obliger les htmimes à faire usage 'd'alimens agréables et saHis, qu'il n'a été ^nécessaire d'en dEaire pont lès^tnj^chei» de secrever les yeux,

Mais tous les mauv$^ eiffets d'une raanv^se habitude ne se font pës immédiatement sentir ; ils ne tombent pas exclûsiv«ment sur ï^individu qui l'â' contractée. Les actions auxqudiles on donne le nom de vîeieusès> sont au cbn^ltaire gériéràlemetit suivies d^Jn plaisir immédiat pour celui qui s'y lîvre/et te mil éloigné se répand

ii>rv«B II, âHA»iirB£ Kvi. 491

sar<i'autre»ffer8oniae&. De métne^ tous k»'bons effets d'une habitude utiAe n^âmTeii4 pas à V'm^^ tant mème^oîi tm homme s^y livre, et ne sonit pas sentis Hoiqaemdotft par> lui, lies résultats utiles de& actions ou des habitudes 'aa:squ:eiles on dozme Je «om *de vertueuses, sont, au cotttraire, ou iâoagnës y ou éprouves par d'autres que par ceux qui les ont centractëes. > ■ : ,

Qu'un homme possédant en capilel plus, ou moins considérable employé dans uâM entre- ^pme industrielle^ le consomme en folks dépenses; nsur quelles .pcâraonnes tomberont les funostes etinséqiieaces de' ses vices? Elles tonnberont d'aboird sur iui$ elles tomberont, en second lira, sùi:^ f^nmev sur ^es en&ns», sur les divers membres de sa famille ,« et cell^4à serosit en partiel de^hkèmenatute ique celles qu'il éprouvera., lui-même j . elles tomberont , en » rtroisième lieu,^ur les diversesdaisses de la populatign-qui trouvaii^nt^ dans fie «api^ dissipé , le^ moyen d'ex^cec leur indùstirie, et par suite des moyens, d'esiistencè; enfin, dyies >tombeiH)nt sur. toutes lea p^sonn^ qui frou^aient^ dans les produits du mème^ i leapital, ; le . moyim d'échanger : Jeurs propres froduritset^de satisfaire' leurs besoins.

Les 'bonsi< effets d^une ^habitude vertueuse se ripand^nt sur les membres de la ^odëté^ la même manière ique 1^ mauvais effets d'une habitude .vicieuise. L'hoiimke,^ par ^exemple, qui, par ses travaux et ses économies, parvient à ficMPmer un capital qu'il livre à la production, pro*--

49^ TMAT» »B fcteHBiâTlOlU

duit des effi^ diamécnlement <ypotca à ceux que j'ai lait ohêearYer daaa le cas préoédeBi. STA éprouve d^abord des ipmBÛou» et det fatigues , les bojBS effets qui résultent de sa conduite, aont plu» tard senti» par lui-même^ par les divers ineBilwes de sa femille, par les diverses dasses de la société auxquelles il fournit le moyen d'ex^v cer leur industrie, et par ks personnes anxqadles il livre aes {produits, en échange de ceux qoH reçoit d'dlea.

Nous trouvmons les mêmes résultats si non» fitisions Tanalyse de qudque habitude vertueuse oo vicieuse que ce soit, même de eeUes d<mt les effets paraisseoit le plus se renfermer dams les personnes par lesquelles ces habitude» ont été contractées» Qu'oa komnae, par exemple , consacre la moitié de sa vie à l'étude de» loi» de »on pays, et qu'il devienne un habile juriscon»ulte ou un bon magistrat ; il est évident qu'il ne pourra: être utile à hii-méme et à sa femille^ qu'en raison de l'utilité dont il sera pour le» autres. Il pourra jouir d'une grande considération, et qudquefoi» même acquérir mie fortune conâdérable; mai» H ne les acquerra que paur un échange de service»; qu'en devenant le conseil eu le guide de ceux qui mcuiqueroiiti dé connaissances pour diriger leurs affaire» ; qu'en administrant la justice avec impartialité et promptitude, et en inspirant ainsi la sécurité à une portion plu» ou moins considérable des membres de la société.

Si^ aci lieu <le supposer un homme qûiy par ses travaux et par son intégrité^ est parvenu à se rendre utile k lui-même^ aux membres dé sa famille^ et à un nombre plus ou moins considérable de ses concitoyens^ nous supposons na homme qui, après avoir acquis des connaissances étendues, contracte des habitudes vicieuses , nous arriverons à un résultat opposét Un médecin, par exemple, qui contract^ait l'habitude de l'intempérance ou tel autre vice qui lui ferait per-* dre la confiance* publique, ne nuirait pas seulement à lui-même et aux membres de sa famille; il nuirait aussi à toutes les personnes qui avaient besoin de ses services, et même à tous ceux qui «'intéressaient à ces personnes.

Tous les vices, quelle qu'en soit la nature^ prodaisent pour les personnes qui s'y livrent , un mélange de plaisirs et de peines, quoique la somme des peines soit plus grande que celle des plaisirs; mais ils produisent en même temps ^ pour uu nombre plus ou moins grand de personnes, une quantité considérable de maux qui ne sont compensés par aucune espèce de biens. Une femme qui trahit certains devoirs de son sexe, peut trouver dans quelques plaisirs fugitifs une compensation aux misères auxquelles elle s'expose; la honte et la douleur qu'éprouvent son mari, son père, da mère, «es sœurs et ses frères, et lescraintes qu'un tel événement répand dans les familles, sont des niaux sans aucun mélange de biens.

494 TRAITS BB IiÉGI8«)AV]^Jf.

Toutes les habitudes vertueuses produisent également^ pour cm^ qui les ont oootraciées, ua mélange de biens et de maux ; noiai^ ellea produis sent e^ même tamps^ pour d'autirea personnes ^ une certaine qMantité de biens qu'auclin mélange de ^lal n'altère Une mèire de fiemiille cpii con^crei la plus grande partie de sa TÎe aux soins de so» més^ge et à réducation de ses eoK &na, se- soumet à des peines qui sont beiaucoup pliis que compensées par les jouissances qui en sont la suite. Les conséquences qui résultent de sa conduite pour son mari^ pour ses en&nS;, poup ses parens et pour les personnes à qui sa conduite sert d'exemple^ sont des biens dont ils jouissent sans les payier par aucun sacrifice.

La conduite de chaque personne^ soit boiine^ soit n^auvâisey infkie doRC «n bieD , ou en mal sur le sort d'une n^uitituda d'autres personnes. Nous avons vu cepeadamt que Faction de l'autorité publique, ne peut être utilement employée à réprimer tous les penchans funestes qrui existent daus les honmoes^ ou à rendre leurs penchans utiles toiijours dominaps. U ne reste donc^ pour réprimer les habitudes vicieuses ou pour fortifier les h^tudes vertueuses, que les forces qui sont inhérentes à la nature humaine^ et qui sont des conséquences de notre organisation. Mds en quoi consistent ces forces? Quels sont les moyens qui peuvent les. rendre triomphantes, PU qui tendent à les paralyser ? G'est là une

LIV&B II, CHAFITEB X\l. 49^

des questions lea plus importantas de la légiala-* tion et de la morale .

Un vice, disonsrnoua^ produit des maux pour un grand nombre de personnes ; mais la part la plus considerable.de ces maux tombe presque toujours sur celui qui les a produits; c'est la peine réprimante établie par l'auteur même de notre nature. Une vertu produit des biens pour un nombre plus ou moins considérable de personnes ; mais la part la plus considérable de ces biens est^ en général^ dévolue à celui à qui cette vertu appartient^ ou aux personnes auxquelles il s'intéresse le plus ; c'est la récompense au moyen de laquelle les actions vertueuses sont produites. Nous sommes donc garantis des funestes consé^ queuces des vices d'autrui, non par l'action do l'autorité p«iblique^ mais par les chàtimens que la nature die-mêma prend soin d'infliger aux gens vicieux : une personne ne peut nous nuire au moyen d'une habitude vicieuse^ sans se nuire en même temps h elle-même; c'est là notre uni^ que ppoteptioa. I^ea avantages qui résultent pour nous des bonnes habitudes des autces , ne nous sont pas non plus garantis par la force du gouvernement; ils ne le sont que p^^ les biena qui résultent de ces habitudes pour ceux qui les ont contractées^ et pour les personnes qu'ils a&* fectionnent.

Le» peines que produit un vice pour l'individu qui s'y livre^ et que nous pouvcos assimiler au

49^ VRAITÉ &B Ltel8LATfOir«

clifitiment qu'infligent les tribunaux pour la repression des crimes^ sont de divers genres et varient comme les vices dont elles sont les conséquences^ mais elles affectent toujours Tindividn, ou dans ses organes physiques, t>u dans ses facultés intellectuelles, ou dans ses affections morales. Si un vice produit la misère, comme la passicm du jeu, Fintempérance, la. prodigalité , et souvent même la paresse, il est assez commun que l'individu qui en est atteint soit affecté par les peines qui en sont la suite, dans toutes les parties de son être; qu'il souffre des douleurs physiques, par l'impossibilité de satisfaire ses besoins ou par les maladies qu'il a contractées ; qu'il souffire des douleurs morales, par le spectacle des maux qu'il a attirés sur sa famille, par la décadence où il la voit tomber, par le mépris ou la haine dont il est devenu l'objet; enfin, qu'il soit même atteint dans ses facultés intellectuelles, par le décroissement de son intelligence, ou par l'impossibilité de la cultiver.

Il est des vices qui ne produisent, pour les individus qui s'y livrent, aucun mal physique immédiat : tels sont l'ambition, l'orgueil, la perfidie, la vengeance, la cruauté et quelques autres. Les peines qui résultent de ces vices, pour ceux qui les ont contractés, sont toutes morales; s'ils en produisent de physiques, comme cela arrive souvent, ce n'est jamais d'une manière immédiate : les maux physiques , en pareil cas , ne sont engendrés que par les peines morales.

tlYM II 9 CmAFITBK XYt. 497

]NoQ8: pouvons Mie^ sur les habitudes yer^ laeuaes^ le» mêmes dbservatioiis qm qoos te* bon» de hixe sur ks habiuides videuèes. Il en ^9b plusieurs doat les bons effets a^bteut les persomies qui les ont contraetéce^ dans leurs organes physiques^ dans lenrs affections morales et datis leurs fiicultéskiteUectueUes. De ce nombre sont celles qui multipUent ou consertent pour les hcMnmes dsa moyena df existence ^ telles que le tra¥aily Téconomie^ l'amour de l^ordre , la tempâranoe. H en est d'witres qui ne produisent iaiinediatem«ut pour ceux qui les possèdent que des jouissances morales : telles sont la bienveillancCy la. générosité^ la sincérité et quelques autres.

Puisque les peines de divers genres que produit un vice pour la personxieqai s'y li^rr^^ sont la seule garantie que nous ayons contre l'esis^ teace de ce vioe; et puisque les. plaisirs que produit une habitude vertoeuse poqr la personne qui Ta contraclée> sottt<égalemeDt la seule garan* tie que nous ayons de Texiatence et de la durée destbfidÂtudes» de o& genre^ le moyeq le plus sûr^ soit de diminuer le nombre dès actifons vicieu- 8es> soit de multifiAier le nondare desactiocia vertueuses, est de isapas troublei^, par <jles moyens artifieiètb^ Faction dés lois de la nature ; c'est de laisser tomber sur chacun les conséquences bonnes et mauvaises xle sa eoodxxke/

Les peineb et les récompeniaies qui dont la suite naturdk de chacune denos^actions^ ne sont e£f^

498 TaAJTÉ DB LÉGISLATION.

caces qa'autant qu'elles réunissent les eondittons exigées pour Tefficacité des irécompenses et des peines distribuées par l'autorité des gouvememens : il £Biut qu'elles soient publiques^ afin que nul n'agisse ou ne s'abstienne d'agir par ignorance; qu'elles soient certaines, -afin que nul ne se livre à un vice dans l'espérance d'en éviter le châtiment, ou ne s'abstienne d'une action ver^ tueuse dans là crainte de ne point en recudllir les fruits ; enfin, qu'elles . soient proportionnées à la gravité du vice ou à la grandeur de la vertu, afin qu'on ne soit pas entraîné par les jouissances qui accompagnent une liid)iûide vicieuse, et qu'on né soit pas retenu par les peines ou par les sacrifices qu'exige une bonne' action.

Les peines que produit le vice pour celui qui s'y livre, et les avantages qui résultent d'une conduite vertueuse pour celui qui la suit, peuvent être rendues publiques de deux manières. Elles peuvent l'être, d'abord, par l'enseignement de la morale, qui fiait connaître la nature, lescanises et. les conséquence des actions humaines ; c'est, si je puis parler ainsi, la promulgation de la loi. Lorsqu'un tribunal a infligé une peine à un individu coupable d'une mauvaise action, c'est au grand jour et en Sàce du public qu'on exécute la sentence. On cherche à garantir la société de crimes nouveaux, «en retenant par k crainte des chatimens ceux qui seraient tentés de les exécuter. Pour donner aux lois de notre nature la

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même efficacité, il faudrait^ si cela éjait possible, q.ue celui qui les a enfreintes en subît la peine aux yeux de tous ceux qui . pourraient avoir la tentation de suivre son exemple. Lorsqu'un gouvernem^iit veut multiplier un. certain genre d'action»^ c'/est publiquement qu'il les récompense; il Vi^t.que chacun aperçoive^ aussi nettement qu'il. est possible, la liaison, qui existe entre la récompense et l'action au moyen de laquelle on l'a obtenue. C'est de la même manière que les hommes auraient besoin de voir la liaison qui existe entre des habitudes vertueuses et les conséquences dont elles sont suivies, pour les individus qui les pratiquent.

La certitude des peines est une condition non moins nécessaire à leur efficacité que la publicité elle-même; ce qui multiplie, en effet, le nombre des délits, ce n'est pas la faiblesse des peines, c'est l'incertitude de leur application. Dans tous les pays, les hommes craignent presque également la prison, les fers, la mort; mais dans tous , on ne voit pas régner la même certitude sur l'application de ces peines. Le malfaiteur le plus déterminé n'exécuterait pas un vol en présence de témoins, et sous la main de la force publique. Pour se déterminer à porter atteinte à la propriété d'autrui, il a besoin de se persuader ou qu'il ne sera pas découvert, ou qu'il ne pourra pas être convaincu, ou qu'il aura le moyen de se soustraire au châtiment. Les personnes qui blessent les lois delà morale, font les

5oO VEAni DB LÉGlSLATlOIf.

mènm gbIouIs : elles ne les vioknl que parce que les châtmieu atUcbëv à Pisfimetioii ne kur aostf pas oomiitt^ oa kur* sembknt manqtmr de cerlilude. L'igQQraaoc ou riaceithode de» récompenses prodaisent on effet andogM fehfiyeméat a«x habitnides ^rtoeases t oa ne prend pas une peûae dont on n'est pas sur de recueillir k fruii^ soit par scn-méme, soit par les personnes auxquelles osa s'intéresse.

hVfMM u, cmkmaM xyu. 5eii

CHAPÏTÏVE X^II.

{>e queUe manière Fa/stioo (tes lois inbérenles/» notre Dafenre est^ troublée par certaines institutions dites de bienfatsance.

làL {>rop<ntioii établie efMré 1» grttitë det viceis. et les peioes^Q'ib^Dge&drent pour les peivoiities. <{iii les ont eontractés^ ou eiatre k grandeur des irertasctles avante^ «[u'elles {)rodttisent^ il été fixée par la natwe dle-^^mèkiie; mais ^tte |>roportkm est siMmieiit altérée par f Sgnoranoe et par les faux 4sidculs des gouvet^Bem^s ou des peuples. Les peuies que prodtàt un rice pour edm qui s'y livre , et les montages qui récitent d'une bonne habitude pour celui qui la pratique^ ne peuvent ètn feffîcaees ipx'aMiiat que les preinièras essàdent les ^^àisirs piwr ies^pids ^(m s'y eipose^ etqmslesisecoftdes excàdeatles sacrifices au prix des^els on les acbèts^ »Mais^ comme les dfets. féloTi^^ d'ime SHPtîoii ont toujours plus d'iacartitade que oeua qui l'aocompagaent ou la suivent iintnédÛateaient^ ks^peiiies que la nature atdestinéesA réprimer le ^ice, et les réi^ompcâises ail inayanv dcaqàelles éOe produit la vertu ^ ne peuvra^ avoir de i'effîcacité qu'autant qu'elles gagent en iduvée et en inDemsité «e qui peut Idutt maquer du côté 4e la cwtkude .

5o3 TRAITÉ DE LÉGIStATIOlf.

La nature ne laisse aux peu pies que le choix des maux : s'ils veulent se garantir de ceux qui résultent des délits ou des crimes^ il faut qu'ils laissent agir ceux qui constituent la répression ; il feut qu'ils établissent des tribunaux , des procédures, des prisons ; il feut qu'ils donnent à un petit nombre d'hommes le pouvoir de poursuivre , d'arrêter, d'emprisonner les individus qu'ils croient coupables. Il résulte de là beaucoup de souffrances , non-seulement pour leiar crîmiaeisj qui sent poursuivis et convaincus, pour leurs parens et pour leurs amis ^. mais aussi pour ceux qui sont poursuivis où condamnés qnoi(|«fteimioceB8,.et pour ceux qui crament de l'étrev:. Si jamais un peuple voulait «e <lélivrer de tous les matwx de ce genre, il n'aurait pas d'autre moyen que^desQ soumettre à.tou&lës m^ux infiniment plu^^avea qui sont là suite naturelle d'un brigandiaige sans frein;. ^ ' ' .-^ ;.î ^ • : -

Les peuples Bom exaetem^ntdans kumème position, relativement aux habitudes vieieuS€S ; il faut qu'ils choisissent entre deux genres de maux; il faut qu'ils laissent aux peinea physiques, imo^ raies ou intelletttuelles:que la nature â<desliliëés à la répression du vice ^ et qa'«lle::pRit toMber^sur l'individu : vicieux, la pubtid^e, Ift certitude, la ^nraeet Yéner^it quisont prépm&^oèsidivérs genres de peines y ou^qu'ils soufi^ent^la.imiktipli^ cation'des maiïxj que le vice produit pbanjies personnes même qi» en sont înmoceiiteB :; s'ili? ne veulent pas le mal de la* répression j il.faiotqa^ës

6e soumettent an mal de l'impunitë. Une habitude Yicieuse produit^ pour cehii qui l'a contractée , des pia^irs et des peines ; elle produit y pour une janiltitnde d^autres pei^onnes, des peines sans mélange de plaisirs. Supprimez les peines qu'elle engendre pour Ffaomme vicieux , il né restera pour lui que des plaisirs; cet homme n'aura par conséquent plus de frein y et les autres personnes auxquelles 9es vices sont funestes^ se trouveront sans garantie. Elles se trouveront y relativementià lui ^. dans une position plus désa^ vàntageuse encore que ne seraient les membres de là société ^xvers les m^lfoiteifirs pla^>lM>r9 dës,0ttei|ite5 de^la justice; car il n'est pas iA)^ôs^ sible de repousser lés attac|nes dW iila)£ailjeur / mais -oa n'a aucun moyen d'empêcher un individu des'abaaidonner à une habitude malfirisantèj Un vice produis naturellemeiit, pour celui quï l'a contradté, dfverses^ pi^nés physiques^ fellétf qu^ celles qui irésùhent de la misère ; il produit divers gemr€)s de maladies; il pa*odttit«^ «de plus> des peines morales, le* mépris vl'^4>aûdôn, l'anf tipatfaie ,. ie jdia^in de voir oindre ou dédhëir sa race ; àl. firoduit llneâpacité intelleetuelie et lies imaux qui i'ajecompagneni. ôr, «cm« acte pB^ lequel uii parlioiliery nmé soeiété ou un gouvernement, diminuent la puUicité, Fintensitë/ la durée ou la. certitude de qiielqu'unfe tle ces peines, est un^ atteinte aux bonnes m(XMi^. Un' tel acte fL.pour epFet d'affaâblir kseute gai>aiitie que chacun des^ membres d^ la société ' |>d8sèd^

omUieji^viqeAd^wim. Ba(pt^ KlaiiTCBwataux holntftd^ tici6uie9 ^ coamie ajgîniît ^ rebti'yera^it

tmce d'une «oeûétéiqui; fiar iHimaflité^ m ferait wi dovQÛr dialter broer i&i portes des prisons. Quelques ^ss^mflt» rendr«we cette mite plus

' jR. ia'^sti awim i^ane de idce qui sait pkis iHuestepfwr «ae ferame^ «t plus bumitiaiit pcmp §2^ /£pu»iUa>cqw oelui qui k emidoit à la prosti>- WiûViyi i^'irice produit «peur la fiènnne qui «a ^4nrâi(^.>;un:e€rtaîn2iOHib^ maôs

ilffVtodiiîfi^liuasliui^raad atmlire de peines, r^a^Wi^tioii débouta a£^^ pure, la

c€90Mt4u mépris «de r ^exptt]sio^

dft tpujte 8P0l4té, qui se raspeote , ;la difficulté et pv«sqiM);1^4mfloasibillta d'éWer hn enhm^ ia jffiFMÎW des.^epQiJur» «t de l^ppui de leur père , h^îmèmi^k» spufifranfcas inaepar^ables à'mx tel §t^tr>4&s mépris »t lesmanTais trtdtemeiia dea 3.0^1^. i$fdiridus.ayêc ^Imnvttk dk ^puissç ^voir q))§lqu^>^ftp^ro^i '^^n^ialadles funestes ; qui sfluKobt ^iisÉmfij;^ïmttéieêiy la ;)iers|f>eràTBide >f 9i^ïi@i) ;fliftRftdaiia kiflua Xaa ëciie]^ 9Qf^}al.v»^ti.uiie.if4tiUe8Mi^ue|^i»ppas qu^on y amy0/;ter»m6a]dans kpliis B£Grèase(|aiiaèn^ et ^iJli|rffty«iâ ftiyerldsjpj^ Tihjnéti^^ ,) . T^je^iileJpkdf niisèare:aitae]iëJ ce genre de \1qp ft^m.h pôraeiimatqui)Si^lisvey ilpt tarès^€o^^ éâénMe -4n iuè-mâjtKn^iOiaÎB.qui a'^usiI; f>as plus g^i^d^.^u'il:ua.£mt<pottr(kffapra«Eon dn irtce ^^

ment d^^$ kqu^ %^ {ic^^f^li;^ W p^jl^^»^ frt p^r çppjiçqwnt 4'ittcei7jiUï4€^ «çw^ piwrmliîy Mw «tt»*^

JUlojL de pelles qui tomb^ «w 1*? *i«W paréos est moins considérable; mais aussi >oe^ofl[t dçg.msH^^qpi ai;r|v^pt ^w^pédiatement, etauxquçl^ apPHÎI gpQçe/dçi b^i i>e se mêle ; la bpote^ V,abw4oft^>de4^péraiMjfa^^t IJ^uç partie

de.çesfll^^x:«^ wp»»d:W* J^ im^9 Wfiçeiws, f;t su^r d'^^tPI^ fp^epalkfm dçJ^ |Ewilfe;/el^ piiiRtt luême Mtçijndi^ d€^|m^lles.^apgères , pair l'in^ fiuenfe ou a^en^fiisit fi^r laiÇi^inte de F^œ^i^fk» Je mp^le^pasides divers .^^lam^ de vm^ q««e pei|t,çpu$er 4f Wf ew^^t, pir ^ liaîsftp^ A^aWfr' vi4i|i 4ifl^4^J^5JSj^/5^€alti^ pew>pfles qu'a pe»t ç^ti:^^,d^i^ç]a ii)^^ vo^tfi par s^ oofi^eija pu par ses séductipns.

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P^P.|jç#fiwr, mnmm d'we bq^we édufîiH t^>fl^ lU^itq4e,4q 1^^ et qwi f'eit

çQ|]jpiflcij^)dç j[!4j9PHiaw«cer des Ipjf penaloa»

TOpy^s .qi|i dpi>vm'^;pi^9i^t9r iiittgrcàlem^^ ^,^«9p..f fPKÎjuMJ jpt^^ ^Bfft.q^ed^tw : Twi de di^miimer py ^ème de détFUM;e> ^s'il ^itpps^iblei 1^ icivMi)??çi?es, atMi^ à ç0fvieft; i'wstei, de I^QPPCiir aux patinas qi|i ep. ^m\ h opnsépwe^

5o6 TKAITÉ DÉ LÉGISLATION.

nàtui^lte pour Tindividu vicieux, tout le degré de publicité/ de proximité, de certitude et de durée dont elles sont susceptibles. Le premier moyénn'étant point j^raticable, il ne reste que le second; mais comiAént le mettre en usage? en ne troublant pas l'otdre de la nature; en abandonnant à elles-mêmes les personnes vicieuses^ , et en feisant voir aux autres ce que celles-là sont devenues.

Mais s'il se forme, au sein dé la population , uïie société qui tende à diminuer lé nombre des^ maux, que ce vice etigendre pour ceux qui en sont atteinte ou^pourîeur postérité; et qui établisse èi ses dépens de^ maitoiïs ôîi elle! promet de recevoir gratuitement toutes' les femmes qui vôlrf^bnt y faire 'leurs couches, elle rend, par Cîela même, lai carrî^e du vice plus ai^ée; elle en diminue les peines, m>n pour les personnes- qui en iîont innocentes, mais «eulement pdur Ifeé jper-* éônne^Videuses, sans diminuer eh rîëii lés 'attraits que le vice a pour elles. • ^ î-"* "î «i

' ^S*Ti 0e préseiite enàuité une autre sëcîét^ qui se charge' de recevoir, de 'nourrir, ^HTêntretériir h ées frais, tons le^ ehfen^ ôéé -hors nistt'î&^è,^ dont le^ nièr^ pourraient être embarrassées^, etdoîft les pk^s ne Voudraient pas jpréndre soînf, la cafrtèfeidu vice sera »plué^^isfe encore. /UBs peines qiie eë Vice produit poUrlékjfièrtonneè qui iie Font pafs coiitj[*sl£fté, ^e^tet^btit les mêmes ; les jouissances rôsiSeiyint aussi lés riiêmes pour les petsonneè vicieu^ ; mais p6tfr celles-ci lés maux* décroît

UYRE II, CRAPITRB XVii. 607

tront dans une proportion immense; Lés soins^ les embaorras^ et quelquefois les maladies inséparables de la maternité^ si pénibles même dans les femilleis qui ne manquent pas de moyens d'existence , lui seront ôtés ; elle n'aura nul besoin de suspendre le cours de ses mauvaises habitudes. |e ne parle pas du sort dè^ enfans; on verra ailleurs combien petk est le bien qu'on obtient à cet égard^ en comparaison des . maux au pcis desquels on l'achète.

S'il se présente une troisième société qui éfâblisse une maison pour recevoir et traitet-à ses dépens celles de ces personnes qui^ en se Uvi^anf à leur» habitudes vicieu$esi, ont contracté des ma-* ktdîesdaûgâieoses^ là peineldii vice est encore ëf^ £aiblie^ non- potir^ les personnes^^ qui en souffréBt saris en étve^atteMtes^ mais pOKirta personne qtît ena seule >éprouvéles^j0ui8san(iî0é^ les plaisirs qtû entraÎBent vers le vioe conservent toute leur pui^«4 sancej les seules peines qui peuvent ïe téptiihéî^ perdent de la leur. i . kI

Enfin^ s'il se forme une quatrièBdie;s<)ci(?(!é ijtft ait pour but^de mettÈ^î 1^ personnes' «;ui se sent aitiai^eiigagéôS'dafns ùilé ca'i^rière ticièt^; à l'abrî des»ffm»tes^ conséquences '<^u'ëMrainéht4 lèilkif «ïtè te'béj|ï]^i«iel^lr'dbàttd«h-*iiûf tin àsîlê

aiis^préemùées sous le nom dte'rèpentàntes; ^idi leur fournisse des alimens, des. vêtemens. quand

es p^enn^t.en deg^ut.le^ur fJfe^tapç^^I^e,tleç,^^l^ qui^cherqhe à leur rendre l'estime. qM'eJAofkwjQOit perdue et à les faire. rmCner^ilails. la ^«dbiéoé d'où

5o8 nuuTi ^ htQtSLArwon.

elles 4ynt été.eMclueêy Je» iseméqjakmceê fouettes du vice restent toujours les oieiDes pow les persaUBes 4{tti en bçm, imidceAtes^ atiais elles aensnblÊBt ^'évanouir p4Mir celles qui ^i sout coupables; et coHune l'afEsiblissemeiU des pâaes ne prodwtaucaone diminution dans les jouissanoes^ il^'y a presque plus de raison pour (pie, dans certaines daûes, le vice ne se mulliplie pas à rinfini<^>

Vers la fin de Tannée 48S4, U s'établit, daaa une ville d'Ai^^t^nre^ une société d'environ trente 4>a quarante individus, «yiust pour <d)jet de payer^ ^n comauin, h» d^iense&^îUe diacun des jQ»caiibresi»ioouffrait pcnir reatretktn des en* fims bâtards 4loitt k Juatice faiianait atUribué k paternité. Cette socnété» qui^vait son présidait, son trésorier^ «kha secrétaire, lut dénoneée à To* pûiion publique par les joumaux, eoBame ayant pour o^tévid^t r^ncouragement du vice. Q» lamcoaça de publier le nom de chacun des meno^ bres dont elle était composée, si elle lâe a&dis*- 9Qlv«it,pas (^«

Uest impossiUede ne pusteeowiailtfe^ en effet^, qu'ime telle société étaûi^ «m isneoiiragement pour le vicej mais^omoieut cok? en ce.^'eUe avait pour efiet de réfiuire.en petitas^finactiom^ une.d^ peiniSfr q»e les lai&coneeiartrtiBtswJ«

(i) tlne loi de ïusdiiieii Tonlait qa'une femme de mau-. WBé Tte f&t eônsîdérée cotanm ii^ayant jamais failli, âjK tBdttieiit*^*Mlè retenait à la vertci. Cod, 13>. 5 /lit. 4^ 1. ^j»

(t) SOtf nn€Éf Bt ^ead>», iSi4-

«eul individu^ qir| est coupable. Si la dédaratîbii de patensitéy pur exemple, eêt sume de FoUigaticn de paifsp antivfêlleineitt tme domme de trois eents francs, Pas^oeiatton, en ne la supposant eomposée que de «rente perscuine», réduit cette Mimne ponr l'indivîda conpable, S ttne somme de dix franco. La crainte d^Stre obKgé de payer teinte» les annëea one somme de trois centr fr . , aurait pn mettre on frein^ à ses passions; la craînte de pay^ dix franc» sera anr Im sans influence. It 6it Trai que, si la trentièmfe partie seulement de kt peine encoiœue, tombe sur lui, il supportera la trentième partie de la> peme encourue par chacun de ses associes. S^it a à payer dix fitmcs pour som .compte, il aura à payer deux cent qvatre-yiiig^dix francs pour le compte d'àutruf ; mai» cette dernière par^ de la peine, quoique la {due considérable, sopa san9 inSuenee sur sa conduite, pavée qu'elle n^en sera pas unecon-séquence.

Cette société, évidemment immorale, puisqu'elle rëobofisait il un trentième, pour'PbidiWdu coupable, une des principales' peinea qui tendent à réprimer ses vices, et qu'elle frdsart retomber gm d^arqtre^ individus^ lés* vingt^neuf trentièmes qm restaient, était cdpefidànt moia» immorsfe dans sea e£feta, que les associations dont fài pré<cédemm^it pàrM, et qui e^iatent, sous des noms dînera, dans toutea les grandes villea de FEh^ rope> et particulièrement en Angleterre* Supposons, e» effet, que les membres de cette société;,

5 10 TEAITÉ DB LÉQISIfATIQir*

après avoir convenu qu^ils supporteraient ensemble les copdamnations encourues par chacun d'eux individuellement V eussent ajouté qu'ils fourniraient également en commun aux femmes séduites par (pielq[u'un d'entre eux,. les moyens de faire leurs couches dans une maison commode^ leur association n'eut-elle pas été un nouvel encouragement au vice? Cet câoicouragement ne serait' il pas devenu plus grand encore^ s'ils eussent ajouté qu'ils feraient traiter à leurs frais^ et dans des maisons, à eux, toujtes les maladies qui seraient le produit du vice; qu'ils délivreraient les m^s de tous les soins de la maternité, et qu'ils en supporteraient Jes frais en commun? La séduction ne serait-elle pas devenue plus puis-^. sante^ s'ils avaient ajouté qu'un asile serait ouvert à leurs frais aux femmes qui^ après avoir mené avec dux.uae vie licencieuse, voudraient renti^er dans le sein de la société, et qu'on ne négligerait aucun moyen pour leur procurer une existence honorable?

Mais que n'aurait-on pas dit si, après avoir formé nue semblable, association, on l'avait annoncée publiquequent et avec ostantation; si l'on. avait sollicité des. souscripteurs d'y prendire. part; si l'on s^était adressé aux 4mes bienveillant Ufs et charitables; si l'on avait ouvert de vastes établissemens pour mettre à exécution de si magnifiques projets,, et. que toutes les femmes de toutes les -classes , de toutes les conditions ,. eujssent. été appelée^ à lire , sur le frpntispîce, les

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