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encouragemens qu'on; leur eût donnes ? Les membres d'une telle association eussent été c^iy tainement accusés d'être les corrupteurs de. la morale pu))lique^ et condamnés par tout tribunal jaloux de faire respecter les bonnes nMQUi^s* Quelles sont çq[>endant les différence qu'il y aurait entre une société telle qu^ je la suppose , et les établissemens qui existent dans la plupart des villes de l'Europe? une seule : dans le cas que je suppose^ les associés ne donnent de l'encouragement qu'à leurs propres vices et aux vices des personnes qui consentent à devenir leurs complices et à profiter de leurs bienveillantes institutions ; le nombre des femmes qui peuvent être séduites est nécessairement limité par le nombre des hommes qui peuvent les séduire j dans les établissemens qui existent ré<sllemeat^ l'appel fait au vice est universel pour les deux seines ; il est vrai que ces établissemens ont été feits dans de bonnes intentions; mais quelle influence peut avoir^ sur upe institution vicieuse^ l'intention de celui qui l'a fondée?
Si les institutions au moyen desquelles on espère diminuer ppur les personnes vicieuses^ les peines qui tombent uniquement sur elles ^^ et qui sont le seul moyen de répression que oouseon-r naissions^ produisaient les effets qu'on en espère^ elles seraient essentiellemeut mauvaises^ puisqu'elles multiplieraient les vices en les encouragea nt, et que de tous 1^ maux qui en seraient les conséquences^ il a'y aurait dVidoucie que la
5l3 TBAITÉ BB LÉGISLATION.
pwt qiti tomberait sur léâ pea^siiiiiiëê yîétëtrsé^; maïs , ce qirtl y tt d^ temtt^âW*, cWï ^Jè^eBies produkêàt le jf^remi^ de ces deiii ëiïetëy ââns (tt^>d«ir« te second. Elleà n'élit qii'ilû: ràniltat Iriéû 9éê>\sté; c'est de rendi^emc^emmea le^ peineë l'ëpr^ettired des vices; sauS'fyr^tke lëàf liën ei^ lever de leur réalité. Elles agisséût dan» !é même sens que le^ loteries : eBe» donnent des esrpéràûces h tcms cmt qui veiïlem cotirir quelque risque^ iD^s y pom* un individu qu'dlea sauvent d^nne ruine complète , ellies causât h perte d^xtiye mul^ titikte.
Ob a observé que le noilibrè de femmes^ publique* qui existent à Londres excède de beaucoup te nombre de c^e» qui esffstent à Paris ^ même toute proportion de popttflation gardée. Paris est cependftnf te séjour d'une multitude d'^étrangers ewift ; le nondbre de militëires^ qui <Y tronvent^ et parsiéuliètement d'ofikiers^ est très-considérable;, toutes ïe^ grandes écoles f sont étsblîesj enfin/ dan» aucune partie de TEurope^ on ne trouve réuni , sur un espace atiési éCt*oit ^ un nom^ bre aussi considérable de jeunes gens ou de célibataires^ tandis qu'à Londres on ne voit qu'un petit notobre d'étrangers que leurs affiatires y attirent; que fe pe«ît nombre de militaires qui s*y trouvens ^ sont h plupart mariés ^ même les simfdes' sold»fS>; qn'îl tt*y e^ste point d'université; que les parens en lorgnent leurs en&ns le plus qu'ils^ peuvent ; et q»'à Pexception' des spectacles, il n'y a pt^ise point de réunion pubKqtie pour
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les deux sexes. La capitale de la France renferme cependant un nombre assez considérable d'institutions propres à encourager le vice ; mais elle en possède beaucoup moins que la capitale de l'Angleterre , et les maux que le vice engendre pour ceux qui en sont infectés y inspire aux Anglais bien plus de pitié qu'aux Français. En France , une femme publique et ime femme perdue sont deux expressions parfeitement synonymes : aussi , le nombre n'en est-il pas très-grand y comparativeipent à ce qui en existe dans d'autres pays. En Angleterre^ il n'y a point de femmes perdues; et c'est ce qui fait qu'il y a une multitude immense de femmes publiques (i).
Il est plusieurs genres de vices dont le principal effet est de produire la misère pour les individus qui les ont contractés; une institution qui a pour objet de mettre à l'abri de la misère toute sorte de personnes , sans distinction des causes
(i) Paris n'a qu'an hôpital où l'on reçoive les femmes qui ne peuvent ou ne veulent pas faire leurs couches chez elles : Londres en compte onze , et dans ces onze on reçoit annuellement quatre mille personnes, sans compter les secours qu'iU donnent à l'extérieur. Londres compte de plus quatre maisons où sont reçues les femmes que leur mauvaise conduire a jetées hors de la société : Magdalen hospital, London female penUentiary^ihe Asybim^ Refuge for the destitute, sans compter beaucoup d'autres établissemens dont Teffet moral ne vaut pas mieux. Plusieurs dispositions de la législation anglaise, dont j'aurai occasion de parler ailleurs , concourent à rendre encore plus certains les mauvais résultats de ces étabibsemens.
5l4 TRAITÉ DE LÉGI8I.ATION.
qui Tont produite, a donc pour résultat d*encourager tous les vices qui conduisent à la pauvreté. Les tribunaux ne peuvent condamner à l'amende les individus qui sont coupables de paresse, d'intempéraiice , d'imprévoyance ou d'autres vices de ce genre; mais la nature, qui fait à l'homme une loi du travail , de la tempérance , de la modération , de la prévoyance , a pris sur elle d'infliger aux coupables les châtia mens qu'ils encourent. Rendre ces châtimens vains en donnant droit à des secours à ceux qui les ont encourus, c'est, comme dans les cas précédens , laisser au vice tous les attraits qu'il a ; c'est laisser agir, de plus, les maux qu'il produit pour les individus auxquels il est étranger, et affaiblir ou détruire les seules peines qui peuvent le réprimer. Les lois qui établissent en Angleterre un impôt en faveur de tous les pauvres indistinctement; celles qui, dans quelques parties de la Suisse , mettent à la charge des paroisses ou des communes tous les habitans indigens, quelle que soit la cause de leur indigence ; enfin , celles qui, dans les États-Unis , établissent des dispositions semblables, ont donc pour effet démultiplier un grand nombre de vices (i)>
(i) Les consëcpences de ces lois sont si étendues qae je serai obligé d'en parler ailleurs.
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