LIVRE V, CHAPITRE XVÎÏÏ. 2l
s'est accru de trois mille cent, celui des esclaves de soixante-dix-huit mille cinq cent quarante-six; de 4 734 à 4 7A6 , le nombre des personnes libres s'est accru de deux mille trois cent cinquante-six, celui des esclaves de vingt-cinq mille huit cent quatre-vingt-deux; de MIS à 4 768, le nombre des personnes libres s'est accru de sept mille neuf cent quarante-sept, celui des esclaves de cinquante-quatre mille quatre cent quatre-vingt-six; de -1768 à/1775, les personnes libres ne se sont accrues que de cinq cent cinquante-trois, les esclaves ont augmentédevingt-quatre mille, auxquels il faut ajouter trois mille sept cents affranchis (4); enfin, de 4 775 à 4847, le nombre des esclaves s'est accru de cent cinquante-cinq mille; tandis que le nombre des maîtres paraît s'être accru d'une manière plus lente encore que dans les années précédentes (4).
(1) Raynal, Hisl. philosoph. des deux Indes, tome VII, liv. xiv, p. 43o et 43 1. — En i658, le nombre des esclaves de la Jamaïque n'était que de mille quatre cents, tandis que celui des hommes libres était de quatre mille cinq cents; il y avait donc trois personnes libres pour un esclave. En 1817 , il y avait trois cent quarante-six mille cent cinquante esclaves , et environ dix-sept mille personnes libres ; c'est-àdire environ vingt esclaves pour une personne libre.
(1) Second report of the committee of the society for tbe mitigation and graduai abolition of slavery, p. 149, i5o. — Les états présentés au parlement d'Angleterre portent le nombre d'esclaves de la Jamaïque, en 1817, à trois cent quarante-six mille cent cinquante. — Un des phénomènes les plus intéressans à observer est la proportion dans laquelle
2l4 TRAITÉ DE LÉGISLATION.
Dans File d'Antigoa, nous observons un phénomène plus curieux encore que le précédent , mais qui n'est cependant que le résultat des mêmes causes. En \lk\ > le nombre des personnes de la classe des maîtres s'élevait à trois mille cinq cent trente-huit, tandis que le nombre des esclaves s'élevait à vingt-sept mille quatre cent dixhuit y il existait donc près de neuf esclaves pour une personne libre. À partir de cette époque, le nombre des individus libres commença à décroître, et cependant celui des esclaves continua de s'augmenter (4). Enfin, en avril 48%i , le nombre des premiers était tombé de trois mille cinq cent trente-huit, à dix-neuf cent quatre-vingts; et le nombre des seconds s'était élevé de vingtsept mille quatre cent dix-huit, à trente-deux mille deux cent cinquante-neuf, plus quatre mille cent quatre-vingt-deux affranchis (2). Ainsi, dans un espace de quatre-vingts ans , près de la moitié de la classe aristocratique s'est éteinte, tandis que la classe ouvrière s'est accrue de près d'un tiers . Le décaissement de la première et l'accroissement de la seconde ne doivent pas même s'arrêter là ; car dans la classe des personnes libres,
les diverses classes de la société se multiplient, surtout si l'on déterminait en même temps la source où chacune d'elles puise ses revenus ; ce serait peut-être un des moyens les plus sûrs de prévenir le sort des générations à venir, et de les garantir des calamités qui peuvent les menacer,
(1) Raynal , Hist. philosopha tome VII, liv. xiv , p. 385.
(2) Second report of the society, etc., p. i3o,, 240.