‹ Traite de législation; ou, Exposition des lois générales suivant lesquelles les peuples prospérent, dépérissent ou restent stationaires (volume 2)Chapitre 109 sur 253 · LIVRE V, CHAPITRE XVIII. 2l · texte numérisé non relu

LIVRE V, CHAPITRE XVIII. 2l

le nombre des hommes excède celui des femmes de trois cents , tandis que dans celle des esclaves le nombre des femmes excède celui des hommes de deux mille cent cinquante-trois (i).

Les deux classes de la population ont suivi , dans les colonies françaises, à peu près la même progression dans leur accroissement. En -1700, le nombre de personnes libres d'origine, était, à la Martinique, de six mille cinq cent quatrevingt-dix-sept ; le nombre des esclaves était de quatorze mille cinq cent soixante-six ; le nombre des affranchis et des indigènes s'élevait seulement à cinq cent sept. De A 700 à A 736, le nombre des esclaves s'accrut de cinquante - sept mille quatre cent trente - quatre , et il s'accrut de huit mille de A 736 à ^ 778. Dans un intervalle de soixantedix-huit ans, les esclaves s'accrurent donc de soixante-cinq mille quatre cent trente - quatre , tandis que le nombre de personnes libres d'origine ne s'accrut que de six mille. La même différence d'accroissement, entre les personnes libres et les esclaves , a eu lieu à la Guadeloupe, puisqu'en A 777 on y comptait cent mille esclaves, et seulement douze mille sept cents individus d'origine libre (2).

(1) Second report of the society, etc., p. ï 39, 140.

(2) Raynal, Hist. philosoph., tome VII -, liv. xm, p. g5 , n5et 143. — Le recensement de 1788 portaitîa population de cette île à treize mille quatre cent soixante-six blancs , trois mille quarante-quatre gens de couleur libres, et quatre-vingt-cinq mille quatre cent soixante onze esclaves.

La proportion , entre les personnes libres et les esclaves, était à peu près la même à Saint- Domingue. Dans l'espace d'un siècle et demi, le nombre de personnes libres d'origine s'est élevé à quarante mille , tandis que le nombre de personnes asservies s'est élevé jusqu'à quatre cent cinquante deux mille , et le nombre d'affranchis à vingt-huit mille : tel était l'état de la population en 4 788 (4). Depuis cette époque, les affranchis qui, dans les colonies, forment la classe moyenne , sont sortis de l'avilissement dans lequel ils étaient plongés; les esclaves, qui forment la classe ouvrière, ont acquis leur liberté. Le nombre des uns et des autres s'est élevé jusqu'à neuf cent trente-cinq mille trois cent trente-cinq; mais que sont devenues les familles des maîtres qui formaient l'aristocratie ? Elles ont complètement disparu.

Les Etats-Unis d'Amérique nous présentent un phénomène qui ne mérite pas moins que les précédens de fixer notre attention. Les divers états dont la confédération se compose n'admettent pas tous le système de l'esclavage , tel du moins qu'il est pratiqué dans les îles à sucre. Plusieurs de ces états n'ont jamais eu qu'un trèspetit nombre d'esclaves, et, la plupart d'entre eux

(i) Raynal, Histoire philosoph. des deux Indes. — Maltebrun , Précis de la Géographie universel. — Alex, de Humboldt, Nouvelle-Espagne, tome II, liv. u, ch. vu, p. 5 et 6. — Robin , Voyage à la Louisiane , tome I , ch. xxn , p. et 296.

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