‹ Traite de législation; ou, Exposition des lois générales suivant lesquelles les peuples prospérent, dépérissent ou restent stationaires (volume 2)Chapitre 110 sur 253 · LIVRE V, CHAPITRE XVI II · texte numérisé non relu

LIVRE V, CHAPITRE XVI II

en ont décrété l'abolition. Il est résulté de là que , dans les parties de l'Union qui ont été exploitées par des hommes libres d'origine européenne , cette partie de la population s'est accrue d'une manière très-rapide. Cependant , en partant d'une époque donnée, on trouve que les individus de la race asservie se sont multipliés dans la même proportion que les individus de race européenne. En 478^4, on comptait aux Etats-Unis deux millions six cent cinquante mille blancs , six cent mille esclaves et cinquante mille affranchis. Depuis cette époque jusqu'en 4790, le nombre des esclaves s'accrut de deux cent quatre-vingt-dix-sept mille sept cent dix-neuf, c'est-à-dire qu'il fut presque doublé dans un espace de six années, tandis que le nombre des hommes libres , en n'y comprenant pas les affranchis, ne s'accrut que d'environ un quart, ou de soixante-deux mille six cent sept. De 1 790 jusqu'à 4800, le nombre des esclaves se multiplia de deux cent mille ; celui des hommes libres, y compris les affranchis, se multiplia d'un million cent soixante-douze mille deux cent dix. De 4800 à \ 80£, le nombre des esclaves s'accrut de quatrevingt-quinze mille cinquante-un; celui des affranchis s'éleva à cent vingt-six mille ; celui des blancs s'accrut d'environ six cent mille. Enfin , en \ 809 , la population des affranchis et des esclaves s'élevait à un million trois cent cinq mille, et celle des individus d'origine européenne à cinq millions huit cent dix mille. iVinsi, la pro-

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portion entre les hommes des deux races était, en \ 809 , la même qu'en \ 784 ; Tune et l'autre s'étaient accrues d'un peu plus que le double (4).

Dans le Brésil, la disproportion, entre les personnes libres et les esclaves, a été moins grande. En \ 798 , sur une population de trois millions trois cent mille individus , on comptait huit cent mille blancs ; le surplus se composait d'un million d'indigènes, d'un million d'esclaves, et de plusieurs individus de races mélangées (2). Diverses causes ont contribué à multiplier le nombre des blancs dans ce pays, plus que dans les colonies françaises et anglaises , et il faut sans doute mettre au nombre des principales, l'existence d'un grand nombre d'indigènes, la différence de culture , la persévérance avec laquelle la mèrepatrie a continué d'envoyer dans ce pays les hommes condamnés par les tribunaux, et particulièrement ceux qui étaient proscrits par l'inquisition, tels que îes Juifs et les hommes suspects d'hérésie ou de philosophie (5).

(1) Voyez les tableaux statistiques insérés dans le Précis de la géographie universelle, tome V, liy cn^ p. 419» 4^o et

(2) Al. de Humboldt, Nouvelle-Espagne, tome V, sup., p. i44-

(3) Raynal, Hist. philosopha, tome V, liv. ix, p. 9, 10 et i3. — Il est presque impossible d'évaluer les effets que l'esclavage produit au Brésil sur l'accroissement ou le décroissement de la population. Cette conlrée est si vaste, et les trois principales races d'hommes qui s'y trouvent, sont si diversement reparties sur le territoire , qu'il faudrait se livrer à un

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