‹ Traite de législation; ou, Exposition des lois générales suivant lesquelles les peuples prospérent, dépérissent ou restent stationaires (volume 2)Chapitre 182 sur 253 · LIVRE V, CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

LIVRE V, CHAPITRE XXVI

mains libres , est venu en Angleterre en concurrence avec celui qu'on fait venir dans les colonies

gers , de qualité un peu supérieure, n'eussent coûté que 38 francs les 5o kilog., ou 76 fr. le quintal métrique.

» 71,600,000 kilogrammes à 107 fr. 3o cent, ont coûté

76,226,800 fr.

» Pareille quantité à 76 fr. eût coûté 5454i6,ooo

Excédant. 21,810,800 » Mais si l'on déduit des quantités entrées à la consommation les quantités réexportées après le raffinage, lesquelles peuvent être évaluées à environ quatre millions de kilogrammes de sucre épuré, qui représentent environ sept millions de kilogrammes de sucre brut (moyenne des exportations des trois dernières années), on trouve ie résultat approximatif suivant :

» 64,600,000 kilog. de sucre ou environ, consommés en France, auront coûté, à 107 francs 3o cent. 69,31 5, 800 fr.

» Pareille quantité, à 76 fr. 5o cent., aurait coûté 49,096,000

» Différence à la charge des consommateurs. 20,219,800 Page 41 et 42 du Rapport.

Cette différence est aujourd'hui plus considérable. Les entrées, qui n'étaient, en 1828, que de 71^,600,000 kilog., ont été, dansles années 1829, 1 83oet i83i, de 77,1 76,347 k., suivant le rapport, fait par M. Ch. Dupin, sur le budget de la marine et des colonies, pour t exercice i833, p. 71. Il est vrai que la culture du sucre, en France, a fait baisser le prix de celui des colonies. Cette cullure produira , dans le régime colonial, une révolution que personne n'avait prévue, et dont je ne pourrais parier qu'en m'écartant de mon sujet.

au moyen du travail des esclaves /il a fallu établir, sur le premier, un droit d'entrée énorme pour protéger la vente du second; cependant, pour transporter des denrées de l'Inde jusqu'en Europe, il en coûte infiniment plus que pour les transporter des îles d'Amérique. Il faut ajouter que les procédés employés par les cultivateurs indiens pour extraire le suc de la canne à sucre, sont grossiers , longs et dispendieux ; ces cultivateurs ne connaissent pas les machines que l'industrie des peuples d'Europe a introduites dans leurs colonies ; il leur faut, pour extraire le sucre , un emploi considérable de main-d'œuvre et de combustible; s'ils faisaient usage de nos procédés, iis pourraient livrer cette denrée à un prix plus bas encore (i).

Suivant le témoignage d'un voyageur recommandable (2), le sucre blanc de première qualité se vend, à la Cochincliine, où les terres ne sont cultivées que par des mains libres , à raison de

(1) East-India sugar, or au Inquiry respecting the means of improving the quality and reducing the cost of sugar raised by free labour in the East-Indies, p. 3, 4 et 5 London, 1824. — On calcule que le prix moyen que coûte la culture nécessaire à la production d'un quintal de sucre, en y comprenant la rente payée au propriétaire de la terre, est de 4 sch. 9 d. 1/2, ou environ 6 francs, {lbid., p. 27.) Le sucre cultivé par des ouvriers libres , pourrait être livré à Calcutta sur le pied de 16 ou 17 francs le quintal, et sur le pied de 2S fr. 80 cent, rendu en Europe, {lbid., p. l'S.) Ce serait un peu plus de 5 ôQUfl la livre.

(2) P. Poivre , p. 1 5G.

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