‹ Traite de législation; ou, Exposition des lois générales suivant lesquelles les peuples prospérent, dépérissent ou restent stationaires (volume 2)Chapitre 185 sur 253 · LIVRE V, CUAPITRE XXVI. 36g · texte numérisé non relu

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çans nationaux se font concurrence mutuellement, et chacun d'eux est obligé de se contenter du plus petit bénéfice possible. Quels peuvent être les profits qu'ils font dans leur commerce avec les colonies? je ne sais ; mais je crois les estimer très-haut en les portant à vingt pour cent. Ce sera donc deux millions de francs de bénéfice que laissera , toutes les années, le commerce auquel donneront lieu les besoins de la population esclave.

La classe des possesseurs d'esclaves et celle des affranchis ont des besoins plus nombreux que la population asservie, en même temps qu'elles ont plus de moyens de les satisfaire ; mais aussi le nombre des individus dont elles se composent est moins considérable. Cette partie de la population s'élevait, en -1851, à 80,433. Dans ce nombre, il y a beaucoup d'affranchis dont quelques-uns ont de l'aisance, dont plusieurs ne possèdent presque rien ; il y a aussi beaucoup de possesseurs de terres qui sont accablés de dettes, et qui par conséquent sont obligés de réduire leurs dépendances autant qu'il leur est possible. C'est cependant avec les hommes de cette classe qu'il faut que les négocians français fassent un commerce assez étendu pour recouvrer les sommes énormes que nous coûtent les colonies. En portant encore ici les bénéfices à vingt-cinq pour cent, il faudra qu'il y ait pour environ deux cent trente-cinq millions d'affaires toutes les années. Lorsqu'on aura fait des ventes 4. 34

TJiAITÉ DE LÉGISLATION.

pour une telle somme, on aura recouvré les dépenses que les colonies nous coûtent; mais on n'aura pas encore fait un centime de bénéfice; les profits ne commenceront que quand toutes les dépenses seront couvertes (4).

La population de la Martinique de la Guadeloupe et de Bourbon n'est pas beaucoup plus considérable aujourd'hui qu'en \ 775 ; l'agriculture n'a fait que peii de progrès ; et les terres, loin d'y être plus fertiles, le sont probablement moins, puisqu'elles sont plus épuisées. Cependant, quelles étaient à cette époque les valeurs exportées de ces deux îles? La première exportait des denrées pour près de dix-neuf millions de livres tournois ; la seconde en exportait pour un peu moins de treize millions (2). La valeur

(1) Suivant l'état des valeurs des différentes branches de commerce des colonies françaises, de 1822 à i832, constatées à l'entrée et à la sortie des ports des colonies, publié en i835 par le ministie du commerce , les importations de la métropole ont été, dans la dernière année, savoir:

Pour la Martinique , 14,175,000

Pour la Guadeloupe , 14,^79,842

Pour la Guyane, 1,072,544

Pour Bourbon, 3, 109,1 53

Pour le Sénégal , 3,098,921

36,o35,46o fr.

La valeur de la totalité des importations de toute sorte et de tout pays, ne s'est élevée qu'à 47,092,1 16 fr.

(2) Raynal, Histoire philosoph. , tome VII, liv. xiii, p. il 6, 117 et 146. — Cet historien porte les valeurs expor-

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