LIVRE V, CHAPITRE XXVT. Ù'/D
tile d'indiquer, et l'on verra que les bénéfices que fait le commerce français avec quelques milliers de possesseurs d'esclaves , sont loin d'égaler les sommes au prix desquelles ces bénéfices sont achetés.
On vient de voir que la valeur des exportations de la France pour les colonies ne s'est élevée, en \ 832, qu'à un peu plus de 56 millions de francs , et que toutes les valeurs reçues par ces colonies ne se sont élevées qu'un peu au-dessus de kl millions. Dans la même année, les valeurs que la France, a exportées pour les états sardes ont excédé 54 millions , 55 millions pour la Suisse , 50 millions pour la Belgique , 87 millions pour les Etats-Unis, et iOi millions pour la Grande- Bretagne. La valeur totale des exportations de la France s'est élevée à 676,282,152 francs, d'où il suit que les exportations pour les colonies sont à peine entrées pour un dix-neuvième dans cette somme.
Si la France, pour conserver ses relations commerciales avec l'étranger, avait été obligée de faire, pour chacun des états auxquels elle a envoyé une partie de ses productions, des sacrifices proportionnés à ceux qu'exigent ses colon ies, elle aurait été obligée de renoncer aux relations commerciales qu'elle entretient avec eux , elle n'eût pas été assez riche pour acheter leur pratique à un tel prix ; il suit de là qu'elle ne peut continuer le ruineux commerce qu'elle fait avec les possesseurs d'esclaves de ses colonies,
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qu'au moyen des bénéfices qu'elle fait avec des peuples libres qui reçoivent ses productions, sans exiger qu'elle fasse pour eux aucun genre de sacrifices.