‹ Traite de législation; ou, Exposition des lois générales suivant lesquelles les peuples prospérent, dépérissent ou restent stationaires (volume 2)Chapitre 227 sur 253 · LIVRE V, CHAPITRE XXXII · texte numérisé non relu

LIVRE V, CHAPITRE XXXII

pas Fêtre. Les Frères Moraves, en Amérique, ont également établi la communauté de biens entre eux ; mais il parait que cet établissement a été le résultat de quelques circonstances particulières, bien plus que le produit d'un système arrêté d'avance. À l'époque de la colonisation de l'Amérique septentrionale, des Anglais établirent aussi entre eux une communauté de travaux et de biens; mais les inconvéniens qui en résultèrent, les contraignirent d'y renoncer. Les missionnaires espagnols qui soumirent les peuples du Paraguay, portèrent, dans cette vaste contrée, un semblable système, et ce système paraît y exister encore. Une colonie allemande, composée de sept ou huit cents personnes, a fondé, dans l'Amérique septentrionale , un établissement de ce genre , il n'y a pas encore long-temps. Enfin, en Angleterre, il existe une association nombreuse , sous le nom de Coopérative Society, dont le but est de former ou de provoquer des associations dans lesquelles les biens soient communs, et où chacun travaille au profit de tous (4).

Pour faire connaître la nature et les effets des associations de ce genre , je parlerai seulement des communautés établies par des missionnaires espagnols dans diverses parties de l'Amérique, et de la colonie allemande formée sur le même continent, sous le nom iïHarmony (harmonie).

(i) En France, on a tenté récemment de fonder des associations analogues.

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Je parlerai des premières , parce que nous n'en connaissons point qui aient été aussi nombreuses, et qui aient eu une aussi longue durée; je parlerai de la seconde , parce qu'elle est une des plus récentes et des mieux connues.

En exposant les résultats que produisent naturellement de semblables associations , j'ai moins pour but de détruire des opinions qui me semblent fausses , que de trouver quel est l'état social qui convient le mieux à la nature de l'homme . Il y a deux manières de prouver la vérité d'une proposition : l'une, qu'on nomme directe , consiste à faire voir les conséquences d'un principe reconnu ; l'autre qui est indirecte, consiste à démontrer que toutes suppositions contraires à la proposition donnée, conduisent à l'absurde. J'ai fait voir ce qui arrive lorsque les richesses, créées par les travaux de la partie la plus nombreuse de la population, sont absorbées par une autre partie à mesure qu'elles sont produites : toutes les misères sortent de ce système. Je vais exposer maintenant ce qui arrive lorsque tous les travaux et les produits qui en résultent , sont partagés également entre tous les travailleurs. S'il est démontré que ce dernier mode d'existence ne convient pas mieux que le précédent à la nature de l'homme, il sera facile de voir quel est l'état social le plus favorable au bienêtre des nations.

Lorsque les missionnaires Jésuites s'établirent dans le Paraguay, et prirent les indigènes sous

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