LIVRE V, CHAPITRE XXXII
catéchisme. Ce repas dure trois quarts d'heure. A midi, les cloches annoncent le dîner; les Indiens laissent leur ouvrage , et envoient prendre leur ration dans le même vase que pour le déjeuner. Cette seconde bouillie est un peu plus épaisse que la première; on mêle au blé et au maïs dont elle est composée, des poids et des fèves. Ils retournent au travail à deux heures, et en reviennent à quatre ou cinq pour faire la prière. Quand elle est finie, et qu'ils ont^baisé de nouveau la main du missionnaire, on leur distribue une bouillie semblable à celle du déjeuner. Tous les jours se ressemblent, dit la Pérouse ; et , en traçant l'histoire d'un de ces jours, le lecteur aura celle de toute l'année (1). Il est cependant des jours de fête où l'on distribue de la viande crue. Dans quelques missions , on en donne un peu aux hommes qui travaillent pour la communauté, mais sans s'occuper de leurs familles (2).
Les chefs de la communauté doivent distribuer à chacun des membres , de la toile pour leurs vêtemens. Les réglemens ont déterminé la quantité qui leur en serait donnée par année : les hommes doivent en avoir six varas ( cinq mètres), et les femmes cinq. Quant aux enfans
(1) La Perouse, tome II, eh. xi, p. 298 . 299 et 33o. — Bougainville, première partie , ch. vu, tome I, p. 1.28 et 129,
(2) Azara, tome II, ch. xn, page 218 et 219 — La Pérouse, tome II, ch. xi, p. 3o2.
on a jugé qu'ils n'en avaient pas besoin (i). Les filles, qui sont quelquefois nubiles à huit ans , vont complètement nues jusqu'à neuf, sans que les missionnaires s'en offensent (â). Le vêtement des femmes et celui des hommes consiste en une chemise de toile grossière fabriquée dans le pays, et qui ne les couvre pas mieux que ne le ferait une chemise de gaze (3) ; un caleçon, des souliers et un chapean sont des objets de luxe inconnus parmi eux (Â). Dans quelques missions, les plus riches particuliers possèdent quelquesfois un manteau de peau de loutre qui leur descend jusque au-dessous des aines ; du reste ils sont aussi nus que ceux qui vivent dans les bois (5).
Les membres, de ces communautés ne sont pas mieux logés qu'ils ne sont vêtus. « Leurs cabanes , dit La Pérouse , sont les plus misérables qu'on puisse rencontrer chez aucun peuple ; elles sont rondes, de six pieds de diamètre sur quatre de hauteur ; quelques piquets de la grosseur du bras, fixés en terre, et qui se rapprochent en
(1) Àzara, ch. xn et xin, p. 218 et 25a.
(2) De Humboldt , Voyages aux régions équinoxiales , Hv. ni, ch. ix, tome III, p. 288,289 et 290. — Azara.
(3) Azara, tome II, ch. xin, p. 252.
(4) De Humboldt, voyage aux régions équinoxiales , 1. m, ch. ix, p. 290!
(5) La Pérouse, tome II, ch. xi, p. 3o4- — De Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales, liv, vit. ch.xix , t. VI, page 285.