‹ Traite de législation; ou, Exposition des lois générales suivant lesquelles les peuples prospérent, dépérissent ou restent stationaires (volume 2)Chapitre 232 sur 253 · LIVRE V, CHAPITRE XXXII. /\J · texte numérisé non relu

LIVRE V, CHAPITRE XXXII. /\J

voûte par le haut, en composent la charpente; huit à dix bottes de paille mal arrangées sur ces piquets, garantissent bien ou mal les habitans de la pluie ou du vent, et plus de la moitié de cette cabane reste découverte quand le temps est beau ; la seule précaution est d'avoir chacun deux ou trois bottes de paille en réserve. » Chacune de ces cabanes renferme cependant quatorze ou quinze personnes (\). Les habitations et la population présentent un aspect si misérable que Vancouver a pensé qu'on ne pouvait mettre en parallèle que les habitans de la Terre -de- Feu (2).

Les fautes et les péchés sont punis à coups de fouet ou par le cep. Les fouets sont faits de peau de lamentin , et ressemblent à ceux qu'emploient les planteurs dans les colonies. Le cep se compose de deux poutres entre lesquels on place les jambes du patient. Tout individu, homme ou femme, qui manque à la prière ou qui n'exécute . pas ponctuellement l'ordre qui lui est donné, est puni de vigoureux coups de fouet. La même peine est infligée aux femmes qui sont chargées d'écraser le grain , et qui se rendent coupables de l'infidélité la plus légère. Si le pa-

(1) La Pérouse , tome II, ch. xi, p. 294 et 295.

(2) Vancouver, liv, 111 , ch. 1 , p. 267 t 276 et 277. Azara, tome II, ch x, p. i65. — L'état social de ces peuples a une grande analogie avec celui des Spartiates : le brouet noir n'était pas supérieur à la bouillie, et les vêlemens et les logemens étaient peu différens.

tient, vaincu par la douleur, implore sa grâce r l'exécuteur diminue quelquefois la force des coups j mais il en donne toujours le nombre déterminé. Les hommes reçoivent le fouet en présence de la communauté assemblée ; les femmes, comme les vestales de l'antique Rome, sont fouettées par les prêtres en secret, de peur que leurs cris et leur désespoir n'excitent les hommes à la révolte. Les châtimens ont souvent le même degré de cruauté que ceux qui sont infligés aux escla ves, même pour des fautes peu graves. Quelquefois, au lieu de châtier eux-mêmes les femmes ou les enfans coupables , les chefs font faire les exécutions par les pères ou par les maris, qui s'en acquittent aussi bien que les magistrats peuvent le désirer (A).

Le gouvernement de chacune de ces communautés étant théocratique , les magistrats ont, pour découvrir les délits , un moyen qui leur est particulier, c'est la confession. Les peines infligées aux coupables étant de vigoureux coups de fouet, les pénitens ne se pressent pas de déclarer leurs fautes : on supplée à leur silence, en les obligeant à confesser les péchés d'autrui. Il arrive de là que lorsqu'un pénitent se présente ,

(i) La Pérouse, tome II, p. 296, 297, 3oi et 3oi. — Bougainville, première partie, ch. vu, tomel, p. 126. — De Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales, Hv. vï , ch. xviii, et liv. vu, ch. xix , tome VI, page m38 et 242. — Depons, tome I , ch. iv, p. 3i 1 , 3 12 et 3^2. — Azara , t. IL ch. xiii, p. 256.

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