‹ Traite de législation; ou, Exposition des lois générales suivant lesquelles les peuples prospérent, dépérissent ou restent stationaires (volume 2)Chapitre 27 sur 253 · LIVRE V, CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE V, CHAPITRE IX

Les fautes légères des esclaves étant punies par les châtimens les plus graves, et la vie étant dépouillée de tout ce qui peut la rendre chère, les fautes graves ou les délits ne peuvent être punis que par de grands supplices. Un esclave que l'excès du malheur porte à se détruire, doit prendre garde de ne pas survivre à la tentative qu'il fait; car, s'il en échappe, il expie dans de longs tourmens l'atteinte qu'il a voulu porter, dans sa propre personne, à la propriété de son possesseur. On le déchire à coups de fouet, en prenant garde toutefois de n'offenser aucune partie essentielle à la vie; ou bien on le soumet au supplice du spanso-bocho , qui est plus cruel encore (4).

Les membres de l'aristocratie s'adressent quel quefois aux magistrats pour faire punir leurs esclaves : ils ont cette précaution dans les cas où ils craignent d'encourir une amende en les faites plus sévères. Ce sont des propriétés sans valeur, qui finissent même par devenir à charge; aussitôt qu'elles sont devenues improductives , l'intérêt des maître est d'en accélérer la destruction, et c'est en effet ce qu'ils font. (Stedman, t. II, ch. xiv, p. 45 et 46. ) Les colons font le même raisonnement que Caton le censeur.

(1) Le châtiment nommé spanso-bocko est infligé delà manière suivante. On lie les mains au condamné et on lui fait passer les genoux entre les bras; on le couche ensuite de côté et on le tient ainsi retroussé comme un poulet au moyen d'un pieu auquel on l'attache, et qu'on enfonce en terre. Dans cette situation il ne peut pas plus remuer que s'il était mort. Alors ûn nègre armé d'une poignée de bran-

sant expirer par. la rigueur des châtimens. Un maître qui prend un esclave fugitif, peut requérir la cour de justice de lui faire couper une jambe, pour prévenir le même délit. Stedman, pendant son séjour à Paramaribo, vit neuf exécutions de ce genre ; ordonnées par les magistrats, et faites par le chirurgien de l'hôpital. Quatre des patiens moururent immédiatement après l'opération, et un cinquième se fit mourir lui-même en arrachant ses bandages pendant la nuit (4).

Les crimes plus graves que la fuite, tels que la résistance ou la révolteront punis des tourmens les plus longs et les plus cruels que l'imagination des maîtres puisse inventer. Etre brûlé à petit feu y rompu vif, ou écartelé par quatre chevaux, sont des supplices qu'on fait subir indistinctement à des vieillards y à des femmes et même à des enfans, ces supplices ne sont pas rares. Si l'on veut prolonger les tourmens du patient, on le suspend par les côtes à un crochet de fer, et il reste là vivant quelquefois pendant trois jours ,

ches noueuses de tamarin, le frappe jusqu'à ce qu'il lui ait enlevé la peau ; il le tourne ensuite de l'autre côté, le frappe de même, et le sang trempe la terre à la place de l'exécution. Lorsqu'elle est achevée, pour empêcher la mortification des chairs, on lave le malheureux avec du jus de citron, dans lequel on a fait fondre de la poudre à canon. Cette opération terminée, on le renvoie dans sa case, se guérir s'il le peut. Stedman, tome III, chap. xxvn, p. 122 et 12^, et tome II, t li. xiii, p. 24 et 25.

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