‹ Traite de législation; ou, Exposition des lois générales suivant lesquelles les peuples prospérent, dépérissent ou restent stationaires (volume 2)Chapitre 30 sur 253 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

De l'influence de l'esclavage domestique sur les mœurs des maîtres et des esclaves dans les colonies anglaises (\).

Les colonies anglaises , dans les îles ou sur le continent d'Amérique , peuvent être divisées en deux classes , selon le plus ou le moins de fertilité du sol. Quelques-unes, n'étant pas assez fertiles pour que le sucre y soit avantageusement cultivé , sont consacrées à la production de denrées destinées à la consommation immédiate des habitans. La principale production des autres, au contraire , consiste en sucre ; et cette denrée est exportée > soit dans la mère-patrie , soit dans d'autres pays.

Le traitement des esclaves est dur dans toutes; mais il Test infiniment plus dans les dernières que dans les premières. Dans celles-ci, ils sont

(1) Quoique depuis la publication de la première édition de cet ouvrage , les anglais aient aboli l'esclavage dans leurs colonies , je ne crois pas devoir supprimer les chapitres qui s'y rapportent. J'ai moins pour objet de constater ici l'état des colonies européennes dans un moment donné, que de déterminer les lois inhérentes àla nature de l'homme.

mieux nourris , moins accablés de travail , et moins châtiés que dans celles-là. Les raisons de cette différence sont les mêmes que celles que j'ai fait observer , dans le chapitre précédent , en parlant du cap de Bonne-Espérance et de Surinam^).

Un grand nombre des propriétaires des colonies anglaises, ceux particulièrement dont les terres sont assez riches pour produire du sucre ou d'autres denrées propres à l'exportation, résident habituellement en Angleterre avec leurs familles , et font diriger leurs plantations par des agens. N'ayant aucun rapport direct avec leurs esclaves , n'exigeant rien d'eux par eux-mêmes [ et ne leur faisant infliger spécialement aucune punition, ils ne peuvent prendre les mœurs qui caractérisent les maîtres. Leurs femmes et leurs enfans ne sont pas moins qu'eux-mêmes à l'abri de l'influence immédiate de l'esclavage ; car ils

(i) The Bahama Islands are the poorest andleast productive of the west Indian colonies. They raise scarcely any exportable produce. Their productions are chiefly confined tp cattle, ïive stock and provisions. Hence the pecuniary ressources of the proprietors are generaly small. In the Bahama Islands, however, the slaves are far better of than they are in any other British colony. They are better treated, more lightly worked, and more abundantly fed. The common allowance of food is from two to three times as great as in the Leeward Islands. Report of the committee of the society for the raitigation and graduai abolition of slavery, etc., p. 34 et 35. London, 182/». — East and west India sugar , etc., p. $6.

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