LIVRE \y CHAPITRE X
milles (i )? et pour faire leurs vêtemens avec un peu de toile grossière que les maîtres leur accordent. Quant à leur lit, on ne juge pas qu'ils aient besoin d'autre chose que de la terre et quelquefois d'un peu de feuillage (â).
Les esclaves n'étant excités au travail par aucun intérêt, ne sont stimulés que par les châtimens continuels qu'on leur inflige. Ils sont conduits en troupes dans les champs , par des hommes dont le bras vigoureux est armé d'un long et pesant fouet. Afin qu'ils puissent mieux sentir cet emblème de F autorité des maîtres, comme ceux-ci l'appellent , ils ont les épaules nues pendant le travail (3). On donne à chaque douzaine d'esclaves un conducteur , de sorte que , lorsque la troupe est un peu nombreuse , les claquemens des fouets retentissent incessamment à leurs oreilles (A). Les conducteurs font un si fréquent
(1) Negro Slavery, etc. London, 1824, p. 36 et 57. Quatrième édition.
(2) The slave colonies of Great-Britain, page 16. London i825.
(3) Thomas Cooper's Facts illustrative of the condition of the negro slaves in Jamaïca , pag. 16 et 17. — Negro , Slavery, p. 63, 64.
(4) Whether we considérée frightful sound <which reaches our ears every minute in passing through states,by the crack of the lash ; or the power wilh which drivers are provided to exercise punishement; it wouldbe désirable that such a weapon of arbitrary and injust aulhority were taken from them. Negro Slavery, etc., p. 63 et 64. 4 th. London, 182/,.
usage de cet instrument dont chaque coup déchire ia peau, que les hommes qui ont observé le plus grand nombre d'esclaves , n'en ont pas rencontré un seul dont le corps ne portât des marques de violences (A). Les enfans , dès qu'ils sont capables de faire quelque travail , sont conduits dans les champs par troupes , et traités avec la même cruauté que leurs pères et leurs mères (2).
Les moindres fautes , le moindre relâchement dans le travail sont punis de coups violens ; il n'est pas même permis aux esclaves de rompre le silence. Si une conversation s'établit entre eux, et qu'elle ne cesse pas au premier ordre > le conducteur administre une volée de coups à toute la troupe , en commençant par le premier et finissant par le dernier (3).
Ce n'est pas assez pour les esclaves d'être sévèrement punis pour les fautes les plus légères , il leur est défendu de se montrer sensibles aux châtimens infligés aux personnes qui leur sont les plus chères. Des femmes qui n'auraient pas la force de retenir leurs pleurs et d'étouffer leurs
(1) Thomas Cooper's Facts iilustrative of the condition of the negro slaves in Jamaïca, p. 32. — Negro Slavery, p. 64 et 67.
(2) Roughley's Guide, p. 70, 80. — T. Cooper's Facts iilustrative of the condition of the negro slaves ui Jamaïca, page 49.
(3) Th. Cooper's Facts iilustrative of the condition of the negro slavery in Jamaïca, p. 57.