‹ Traite de législation; ou, Exposition des lois générales suivant lesquelles les peuples prospérent, dépérissent ou restent stationaires (volume 2)Chapitre 68 sur 253 · LIVRE V, CHAPITRE X1£I. l · texte numérisé non relu

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ses, on observe qu'ils ont plus d'intelligence. « La vérité, dit Depons, est que les créoles de la Terre-Ferme ont l'esprit vif, pénétrant, et sont plus susceptibles d'application que les créoles de nos colonies (i). »

Il est une passion particulière aux castes dominantes, qui s'est long -temps conservée chez les H ispano- Américains , et qui probablement ne s'est pas éteinte , quand ils ont conquis leur indépendance. Cette passion est celle des grades et des emplois ; gouverner est le besoin des descendans ou des affiliés de tous les conquérans, même quand , sous d'autres rapports , ils ont pris les mœurs des nations civilisées. Il faut ajouter cependant que cette passion n'est point exclusive des travaux qu'exige la société, et que , par conséquent , elle est moins malfaisante dans ce pays qu'elle ne l'est dans beaucoup d'autres. « On voit quelquefois, dit M. de Humboldt , des officiers de milices en grand uniforme et décorés de l'ordre royal de Charles III , assis gravement dans leurs

(i) Voyage à la partie orientale de la Terre-Ferme , t. I , ch. in, p. 195. — Azara avait déjà fait la même observation, et M. Humboldt l'a confirmée.

Dans le Mexique, le gouvernement espagnol employait les forçats aux travaux des manufactures , et il fallait par conséquent, que les ateliers fussent convertis en prisons: de là résultait un profond mépris pour ce genre d'occupations, et par conséquent les hommes de la classe ouvrière se faisaient mendians. De Humboldt, Essai politique, tom. IV,. iy. v, ch. xii, p. 294, 295 et suivantes.

boutiques , se livrer aux plus petits détails de la vente des marchandises ; mélange d'ostentation et de simplicité de mœurs , qui étonne le voyageur européen (i). »

Aucun des voyageurs qui ont visité ces contrées , ne dit avoir remarqué chez les habitans cette passion des jouissances physiques, que nous avons observée chez les possesseurs d'esclaves , quels que soient d'ailleurs les lieux et les époques dans lesquels ils aient vécu ; on n'a pas non plus observé chez eux cette immoralité dans l'union des sexes que nous avons trouvée chez la plupart des maîtres des colonies. Depons assure , il est vrai, que dans une des villes où il existe le plus d'esclaves, les femmes blanches ont souvent pour rivales les femmes de couleur, et que la discorde se manifeste dans le sein d'un grand nombre de ménages 5 mais il a attribué ce défaut d'harmonie entre les époux , à des causes étrangères à l'esclavage. Il ne dit rien surtout qui puisse faire soupçonner qu'il existe quelque analogie entre les mœurs de ce pays et celles de Surinam , des colonies françaises et de la Jamaïque (â).

Les esclaves étant peu nombreux, n'inspirent aux maîtres aucune crainte. Leurs possesseurs ne se croient donc point intéressés à les abrutir, à les tenir dans un état continuel de terreur et à

(1) Essai politique, tora. V, liv. vi, ch. xiv, p. 59.

(2) Voyage à la partie orientale de la Terre-Ferme , t. I , cli. m, p. 2o5, 206, 207 et 260.

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