‹ Traite de législation; ou, Exposition des lois générales suivant lesquelles les peuples prospérent, dépérissent ou restent stationaires (volume 2)Chapitre 71 sur 253 · LIVRE V, CHAPITRE XIII. l£l · texte numérisé non relu

LIVRE V, CHAPITRE XIII. l£l

soumises au joug de l'inquisition ; quoique l'introduction de tout ouvrage qui aurait pu étendre les idées ou réformer les mœurs de la population, y fussent sévèrement interdits; quoique nul étranger ne fût admis à s'y établir, et que les indulgences et les asiles accordés aux criminels tendissent à y multiplier les vices et les crimes, les mœurs de la population, même sous la domination d'Espagne , étaient infiniment supérieures à celles de tous les autres peuples des îles ou du continent d'Amérique, chez lesquels il existe de nombreux esclaves.

Il résulte de là une conséquence qui mérite d'être observée, c'est que ni l'existence des journaux , ni la libre introduction des ouvrages philosophiques , ni les communications avec des étrangers, ni même l'influence de la religion, ne peuvent neutraliser l'influence de l'esclavage; toutes ces causes , si puissantes dans les pays où l'esclavage n'existe plus , ont existé relativement aux colonies anglaises et hollandaises, et elles n'y ont jamais produit aucun effet (4).

(i) Il faut placer, sans doute, parmi les causes les plus puissantes de l'état stationnaire des colonies espagnoles , l'oppression que le gouvernement espagnol faisait peser sur elles, et qui leur inspirait de l'aversion contre les habitans de la mère-patrie , long-temps avant qu'elles eussent tenté de secouer le joug. « Il est clair , dit Azara , que ce sont les villes qui engendrent et qui propagent.. . cette espèce d'éloignement, ou pour mieux dire d'aversion décidée, que les créoles ou enfans d'Espagnols nés en Amérique ont pour

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les Européens et pour le gouvernement espagnol. Cette aversion est telle, que je l'ai souvent vue régnsr entre les enfans et le père , et entre le mari et la femme , lorsque les uns étaient Européens et les autres Américains. »

Voyage dans l'Amérique méridionale, tom. II, ch. xv, p. 279.

[.IVRB T, CHAPITRE XIV.

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