LIVRE V, CHAPITRE XIV. l5l
à son maître par la force publique aussitôt qu'il est repris . et il est condamné ? de plus , à servir pendant un nombre de semaines égal au nombre des jours qu'il a fait perdre à son propriétaire. Si le maître ne veut pas le poursuivre, il le vend à celui qui veut l'acheter, et l'acquéreur est substitué à sa place. En vertu de cette loi , si le citoyen d'un état où l'esclavage est proscrit, veut avoir des esclaves , il se rend dans un des états où il est permis d'en acheter. Au lieu de se faire faire un acte de vente , il se fait faire un acte dy apprentissage pour dix ou quinze années (4 ) , et il amène chez lui ses apprentis, dont il use comme de sa propriété. Au terme fixé pour l'apprentissage , il a le choix de les laisser en liberté, ou d'aller les revendre à perpétuité dans le pays où il les a achetés. Celui qui les revend, peut, au moyen du prix qu'il en retire, se procurer de nouveaux apprentis, qu'il ira vendre encore, avant l'expiration du terme de l'apprentissage. Les habitans du sud qui vont dans le nord, peuvent y amener leurs esclaves, et les emmener ensuite , sans que cela paraisse faire la moindre difficulté. Les constitutions des pays ou cela se pratique disent , en termes exprès : Tous les hommes sont nés également libres et indépen* dans (â).
(1) Fearon, 5th, report, p. 264.
(2) Larochefoucauld , Voyage aux États-Unis, quatrième partie, tome VII, p. 294. — Fearon, 2th. report, p. 56, 58 ; Sfli. report, p. 226, 227, 264.
Les mesures prises pour prévenir ou rendre vaine la fuite des esclaves , ont établi un genre de commerce qui ressemble beaucoup à la traite des blancs. Des capitaines américains prennent, en Europe, des hommes qui s'engagent à un certain nombre d'années de service , pour payer leur passage aux Etats-Unis. Ces capitaines, arrivés dans leur pays, font annoncer, par les journaux, qu'ils amènent tel nombre de personnes de tel âge , de tel sexe , de telle profession, et qu'ils en feront la vente publique à tel ou tel jour. Les passagers sont vendus, en effet , au plus offrant, qui peut, à son tour, aller les revendre dans les pays où le prix de la main - d'œuvre est le plus élevé. Des hommes, et même des femmes, peuvent ainsi être vendus et revendus jusqu'à ce que le terme de leur engagement soit expiré. Des Américains peuvent aussi se vendre eux-mêmes ou vendre leurs enfans pour un nombre d'années déterminé (4).
(i) Raynal, Hist. phiios., tome IX, liv. xvm, p. 1 77 et 178. — Weld, Voyage au Canada et aux Etats-unis, tome I, ch. ix, p. 143. — Fearon, Skctches of America.