‹ Traite de législation; ou, Exposition des lois générales suivant lesquelles les peuples prospérent, dépérissent ou restent stationaires (volume 2)Chapitre 88 sur 253 · LIVRE V, CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

LIVRE V, CHAPITRE XVI

mais ils sont inefficaces pour former l'intelligence et l'activité nécessaires à un jardinier (4).

Tandis que l'ignorance des propriétaires et l'incapacité des esclaves les mettent dans l'impossibilité de cultiver les plantes qui, parmi nous, sont les plus communes , une succession de récoltes qui ne varient jamais, épuisent la terre et la rendent de moins en moins propre à donner les produits qu'on lui demande. La détérioration du sol, partout où l'esclavage est établi, est un fait si notoire dans les colonies et dans la partie méridionale des Etats-Unis , qu'on ne croit pas nécessaire d'en donner des preuves. Les colons de la Jamaïque en sollicitant des lois qui leur permettent de vendre leurs sucres à un prix trèsélevé, en donnent pour raison qu'ils ne peuvent plus le produire à bas prix , parce que le sol, qui est très-fertile quand il est neuf, est stérile quand il est vieux. Dans les îles de Bahama et dans quelques parties de la Dominique , une étendue considérable de terres jadis fertiles , sont devenues tellement stériles , que les propriétaires ont perdu les moyens d'employer et de nourrir leurs esclaves. Plusieurs pétitions présentées, il y a peu d'années, au parlement anglais, par les colons, établissent les mêmes faits. Enfin , les derniers

(i) Michaux, Voyage à l'ouest des monts Alleghanys , ch. i, p. 9, et ch. xxxr, p. 294 et 295.-— Robin, Voyage dans la Louisiane, tome II, ch. xxxvu, p. 114.

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