‹ Traite de législation; ou, Exposition des lois générales suivant lesquelles les peuples prospérent, dépérissent ou restent stationaires (volume 2)Chapitre 92 sur 253 · LIVRE V, CHAPITRE XVI. l · texte numérisé non relu

LIVRE V, CHAPITRE XVI. l

même les pays occupés par les Turcs y il n'existe aucune classe d'hommes aussi avilie et aussi misérable que celle qui est attachée à la culture des terres dans la partie méridionale des Etats-Unis.

J'ai précédemment fait observer que, dans les transactions qui ont lieu entre les hommes possédés et leurs possesseurs, ceux-ci offrent aux premiers, en échange de leur travail, ce qui leur est rigoureusement nécessaire pour vivre; et que la chose offerte ayant une valeur inférieure de beaucoup au travail demandé >, la différence se paie en coups de fouet. Cette dernière espèce de marchandise , qui détermine l'homme possédé à livrer son travail à son possesseur, étant peu coûteuse pour les maîtres , il semble que ces derniers achètent le travail à aussi bas prix qu'il est possible; mais la réalité ne répond point aux apparences : nulle part la main - d'œuvre n'est aussi chère que dans les pays cultivés par des esclaves.

Au cap de Bonne-Espérance , où la viande se vend quatre sous la livre (deux sous anglais), et le pain bis deux sous, un esclave est loué à raison

due alarmante qu'a prise la détresse des planteurs de sucre, et avec quelle rapidité elle s'accroît tous les jours. Les plantations à sucre , depuis peu abandonnées et mises en vente par la justice, se montent à environ un quart de celles qui existent dans la colonie. » East and W est-ïndia sugar , or a réfutation of the claim of the TVest-Iudia colonists, to a protecting duty on East-India Sugar, p. 121, 111 et 128. — James Cropper's Relief for west-indian distress.

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de cinquante sous par jour (deux schellings) et un ouvrier libre six ou sept francs (cinq ou six schellings). Cette cherté dé travail est l'obstacle le plus grand qui s'oppose aux progrès de la colonie. Suivant Barrow, on ne saurait espérer de grandes améliorations , à moins qu'on ne trouve le moyen d'augmenter la quantité du travail, et de diminuer le prix de la main-d'œuvre (4).

Dans Ja partie des Etats-Unis où il existe des esclaves , la main-d'œuvre est plus chère encore qu'elle ne l'est au cap de Bonne-Espérance. A Charleston en Caroline, et à Savannah en Géorgie, un ouvrier blanc de l'état de menuisier, charpentier, maçon, ferblantier, tailleur, cordonnier , gagne deux piastres par jour , et n'en dépense pas tout-à-fait une (2). Ce haut prix de la main-d'œuvre ne permet pas aux habitans de faire abattre et transporter à une distance de six milles, les arbres de leurs forets, dont ils ont besoin pour leur chauffage. Il leur en coûte moins de payer, en Angleterre, les mineurs qui tirent le charbon du sein de la terre, les propriétaires qui le vendent, et les marins qui le transportent (3). C'est également à la cherté de la main-d'œuvre, qu'il faut attribuer le haut prix de la plupart des choses nécessaires à la vie, et la préférence qu'on

(1) Voyage dans la partie méridionale de l'Afrique , t. II , ch. v, p. 192 et 25t.

(2) Michaux , ch. xiv, p. i33 et i34»

(3) Michaux , ch. 1 et ch. vin, p. 10 et 84.

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