LIVRE V, CHAPITRE XVI
calculer à quel prix revient le travail (4). La cherté de la main- d'œuvreoblige les possesseurs de terres à négliger les détails de l'économie agricole , et à renoncer à la multiplication des denrées (2). De là, la rareté des légumes dans les marchés, et le prix excessif auquel ils se vendent. La viande de boucherie qu'on obtient sans travail, parce que les animaux se multiplient sans qu'on en prenne soin, est beaucoup moins chère (5).
Mississipi, la journée est de 3 liv. io sous à 4 fr.; en France, on peut l'évaluer de 3o à 4° sous, et au Bengale, d'après M. Fitzing, à 6 sous. Aussi, malgré l'énorme différence du fret, le sucre des Grandes-Indes est à meilleur marché à Philadelphie que celui de la Jamaïque. Il résulte de ces données , qu'actuellement le prix de la journée, au Mexique, est au prix de la journée
en France, : : io : 12, aux Etats-Unis, : : 10 : 23, au Bengale, : : 10 : a.
(Humboldt, Nouv.-Esp., tome III, liv. iv, ch. ix, p. io3 et 104. Pour terminer le parallèle, il faut ajouter que le prix de la journée de l'homme libre de la Louisiane est le double de ce qu'elle est au nord des États-Unis, c'est-à-dire comme 10 : 46.
(1) Larochefoucauld , troisième part., tome VI, p, 60, 61 et 79.
(2) Robin, tome I, ch. vi, p. 92, et tome II, p. xxxvn , p. 114 et n5.
(3) Ibid., tome II, ch. xxxvn, p. 44. — - Il semble qu'un maître qui tire de la journée d'un bon esclave vingt ou trente piastres par mois, doit faire des bénéfices considérables; mais, pour connaître ces bénéfices, il est une mul-
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Dans l'Ile Bourbon, la main-d'œuvre est à peu près au même prix que dans la Louisiane. On ne peut p3S avoir un bon ouvrier d'Europe a moins de six mille francs par an, ce qui fait environ vingt francs chaque jour de travail (i).
La différence entre le prix de la main-d'œuvre dans les états libres, et le prix de la main-d'œuvre dans les états où les travaux sont exécutés par des esclaves, se manifeste à l'aspect seul du pays; dans les états du nord où des hommes libres cultivent la terre , les forêts disparaissent avec rapidité, et les campagnes se couvrent de cultivateurs ; dans les états du sud où presque tous les travaux sont faits par des esclaves, les défrichemens, au contraire^ se font avec une telle lenteur qu'il n'est pas possible de prévoir l'époque à laquelle le pays tout entier sera mis en état de
titude de circonstances qu'il faudrait prendre en considération : je me bornerai à en indiquer une seule. « Ici comme ailleurs, dit M. de Larochefoucaulden parlant du Maryland, quand on examine de près l'utilité dont sont les nègres esclaves aux intérêts du maître, comparée à l'emploi de toute autre espèce de moyen de travail, on trouve qu'elle n'a aucune réalité. Il faut nourrir, habiller les vieux, les enfans, les femmes grosses, les soigner dans leurs maladies. Rien n'est plus commun que de voir le propriétaire de quatrevingts esclaves n'en pas pouvoir mettre trente au travail des champs. Dix ouvriers loués à Tannée feraient au moins autant de travail que les trente esclaves. » Troisième partie , tome VI, p. 85.
(i) Enquête sur les sucres, faite devant le ministre du commerce, en 1879, p. 41.